Démarrer jeune

Je vais vous parler de souvenirs assez personnels : mes tous débuts avec l’informatique. Et je vais essayer de le faire sans trop passer pour un vieux schnock, ce qui ne sera pas simple 🙂

J’ai du mal à me dire que j’ai démarré ma carrière d’informaticien au moment de mon premier job salarié, ni même au moment de mes études d’informatique, tellement “l’avant” avait été riche pour moi.

Noël 1984, j’avais 11 ans. Sous le sapin, un drôle de jouet : un Oric Atmos, ordinateur préhistorique de l’époque des micro-ordinateurs 8 bits qui fleurissaient à l’époque. Je bidouille quelques trucs, intrigués par le manuel qui parle de langues étrangères inconnues : le Basic, l’Assembleur.

Printemps 1986, son successeur, l’Oric Téléstrat, mise tout sur le Minitel, en vogue à l’époque. Et moi aussi. Je passe l’été à lire tout ce qui passe sur le sujet, revues, livres. Et je me lance, très exactement le 28 août, avec mon premier “micro-serveur”. Une sorte d’ancêtre du blog, mais hébergé chez soi, et avec une seule personne à la fois pouvant consulter le site, en passant par ma propre ligne téléphonique. C’était plus que rudimentaire, mais cette expérience m’a marqué à vie : même seul, même pré-ado un peu timide isolé dans sa chambre, on pouvait imaginer un truc dans sa tête, le créer, le publier, le mettre à disposition du “monde” (enfin… des quelques dizaines de visiteurs que j’ai pu avoir).

RIP le minitel (et mes cheveux)

Tout s’est très vite enchainé par la suite : j’ai commencé à 13 ans à donner quelques cours de programmation, je me suis investi dans un club informatique comme en trouvait à l’époque (salut aux anciens de Micro$ Data !). Puis d’autres programmes, d’autres projets… Tout s’est passé finalement vite. Et j’aime me dire que plus de 30 ans plus tard, je continue à me lever le matin avec l’envie d’apprendre des trucs nouveaux, et d’expérimenter de nouvelles idées.

Pourquoi je vous raconte tout cela ? Parce que cette première expérience a marqué toute la suite de ma vie, attisant mon esprit d’entrepreneur bien avant que je sache que le mot existait.

Depuis ce temps là, j’ai un infini respect et une grande curiosité à observer des jeunes, voire des très jeunes, se lancer dans leur passion. Parce que je sais qu’avec la fougue et la naïveté qu’on a à cet âge là, on peut soulever des montagnes, et explorer des terrains qu’un adulte un peu trop formaté par la vie ne pourrait même pas imaginer.

J’ai la chance d’avoir des enfants qui ont eux aussi cet esprit là. Et j’ai pris un grand plaisir à faire cette vidéo avec eux, où l’on parle de cette thématique de la jeunesse. N’hésitez pas à partager vous aussi vos expériences, et à nous suivre pour continuer à découvrir nos aventures !

Ces petits riens

En écho à l’excellent essai des nouveaux MacBook Pro de Numerama (et aussi plus modestement à mon article), j’ai réalisé que ce qui manque aujourd’hui le plus aux nouveaux MacBook, ce sont toute une série de petits détails, souvent presque insignifiants, qui faisaient que l’expérience d’utilisation du Mac était unique. En vrac :

  • Le carton “Designed by Apple in California” qu’il fallait soulever avant de découvrir son nouveau joujou en ouvrant l’emballage de mon premier Powerbook
  • La petite lumière qui pulsait en suivant les rythmes cardiaques sur le rebord lorsque mon Mac était en mode sommeil
  • L’enrouleur autour du bloc d’alimentation
  • L’aimant qui simplifiait le branchement de son MacBook
  • Le même aimant qui a sauvé la vie de tant de maladroits
  • Le “dong” qui personnalisait tant le Mac au démarrage
  • La pomme illuminée à l’arrière de l’écran qui rendait un Mac visible à l’autre bout d’une boite de nuit lorsqu’un DJ mixait
  • La petite vidéo de bienvenue à l’installation d’OSX
  • La Pomme sur le clavier
  • On n’avait pas de Wi-Fi pourri puisqu’on avait un AirPort super performant
  • L’idée que l’objet était passé mille fois entre les mains d’un Steve Jobs exigeant

Tous ces petits détails ont disparu un à un… et font qu’aujourd’hui les Mac sont des machines magnifiques techniquement, mais d’une froideur qui fait peur. Dommage.

Coup de gueule d’un Macophile perdu

Mon premier Mac était un Powerbook 12 pouces. Je ne suis donc pas un macophile de la première heure, mais ça fait maintenant 12 ans que j’ai abandonné, sans aucun regret, l’univers des PC.

Pour moi, la découverte du Mac, avec à l’époque OSX 10.3, c’était un cocktail unique entre simplicité d’usage, stabilité, accès aux applications les plus courantes, et univers Unix. Pour le Linuxien que j’étais, c’était le parfait compromis entre robustesse et simplicité : je trouvais enfin mon outil de travail qui me permettait de travailler au quotidien sans avoir à me soucier de la moindre bidouille, tout en profitant d’un environnement bien plus cohérent que ce qu’offraient les PC de l’époque.

L’aspect matériel n’est pas pour rien dans le plaisir d’utiliser un Mac : finition parfaite, puissance matérielle, et parfaite cohérence software/hardware. Bref, quelque chose d’équilibré, de pensé pour l’utilisateur.

Pour la première fois, à l’issue de la keynote d’hier présentant la nouvelle génération de MacBook Pro, mon premier réflexe n’a pas été d’étudier le détail des fonctionnalités de la bête, mais.. d’aller voir l’offre concurrente. Asus, HP, et il faut bien admettre que la comparaison est cruelle.

Un catalogue incohérent

Certes, le prix excessif des Mac n’est pas une nouveauté : ça fait longtemps qu’on sait qu’ils sont vendus à prix d’or, que l’utilisation quasi systématique d’adaptateurs est agaçante, et que les performances ont été plus d’une fois sacrifiées sur l’autel du design, avec la course au plus châssis le plus fin. Mais on a atteint là des sommets d’incohérence et d’offre en décalage avec les besoins.

Si on regarde le catalogue actuel des Mac portable, voici ce qu’on a :

  • une entrée de gamme portable constituée d’une machine de 2013, le MacBook Air 13 pouces, largement au dessus de 1000 euros (1 099), et doté d’un écran inacceptable au vu du prix (sans parler du stockage minimaliste…)
  • une “vraie” entrée de gamme, le MacBook, au prix inaccessible pour un usage “d’entrée de gamme” (1 449 euros), et aux performances anémiques. L’utilisation d’un CPU m3 est un scandale au vu du prix. J’imagine que le futur de cette entrée de gamme passera par un CPU ARM/Apple, en attendant, ça reste une machine bancale, qui montre le futur sans doute, mais sans permettre de l’atteindre
  • un MacBook Pro tellement cher qu’il est proposé en trois points d’entrées : l’ancien MacBook Pro, qui serait une bonne affaire si son prix avait un peu baissé (ce n’est pas le cas) ; le nouveau MacBook Pro mais sans TouchBar, à l’intérêt très limité d’autant plus que son électronique est au rabais. le “vrai” nouveau MacBook Pro qui est diablement séduisant, mais avec un ticket d’entrée délirant.
  • Le MacBook Pro 15″ est finalement le plus cohérent, avec des tarifs élitistes, mais destiné à une clientèle élitiste.

Bref, la gamme est illisible, avec d’anciens modèles indécents dont la présence n’est liée qu’au prix, et d’autres modèles qui sentent fort la phase de transition.

Et je ne parlerai pas de la gamme “bureau” des Mac, qui est aujourd’hui complètement scandaleuse et inadaptée : qui va acheter aujourd’hui un Mac Mini pas mis à jour depuis plus de deux ans ? Un MacPro inchangé depuis plus de trois ans ? et même un iMac qui, bien qu’un peu plus récent, mériterait sans doute un upgrade…

Un nouveau modèle contestable

Quant au nouveau MacBook Pro.. il est “parfait” au sens de la finition, de la conception, comme d’hab j’allais dire. Mais de là à dire qu’il est irrésistiblement attirant…

J’ai le temps de changer d’avis, mais la Touch Bar me semble un gadget plus qu’autre chose : tout utilisateur d’ordinateur travaille à savoir taper au clavier sans avoir à le regarder. Quelle est la logique ergonomique de faire un retour en arrière sur ce point ? Et le caractère éphémère, en perpétuel changement, de son interface, risque de pas mal perturber. Ne pas avoir la certitude d’avoir à portée de main les touches de réglage du son, par exemple, me contrarie, personnellement. De plus, la plupart du temps, les raccourcis proposés sont les mêmes que ceux disponibles à un clic de souris. Bref, ça risque d’être une solution un peu bâtarde :

  • pour les fans du clavier, on perd le côté “usage sans regarder le clavier”, et la certitude de pouvoir utiliser ses raccourcis habituels
  • pour les afficionados de la souris ou du trackpad, l’intérêt de jongler entre souris et clavier laisse dubitatif
  • pour tous ceux qui vont utiliser un clavier/écran déporté une fois au bureau (soit, par exemple, 99% des postes faisant de l’édition vidéo), cette solution apparait complètement inutile

Cette Touch Bar est clairement une réponse compatible avec le “dogme” qui prédomine chez Apple depuis Steve Jobs : un écran d’ordinateur ne doit pas être tactile. Le récent Surface Studio de Microsoft, qui pourrait être un lointain successeur du génial iMac G4, montre qu’il est possible, d’un point de vue matériel du moins, de bénéficier des deux mondes, avec une réelle envie d’innovation, de prise de risque.

La disparition du MagSafe me contrarie beaucoup : je ne compte pas le nombre de fois où j’ai sauvé mon Mac d’une mort certaine grâce à cet astucieux connecteur. Et puis, dans les multiples petits détails qui faisaient (quelle tristesse de devoir parler à l’imparfait) la différence : il n’y aura plus désormais de petite LED sur le connecteur pour signaler s’il est bien enclenché, si l’ordi est en charge… Seule consolation : on va pouvoir rapidement pouvoir alimenter son Mac avec des chargeurs qui seront probablement moins onéreux, et plus solides, que ceux fournis d’origine.

Mais ce n’est pas la seule frustration ; plusieurs détails montrent l’incohérence totale de la politique d’Apple concernant les connecteurs :

  • impossible de recharger une Magic Mouse sans adaptateur, puisque le câble fourni avec la souris est en USB
  • impossible d’utiliser des écouteurs Lightning pourtant sortis il y a moins d’un mois, puisqu’aucun port Lightning n’est présent

Alors, bien évidemment, la politique d’Apple de forcer à un nouveau standard, et c’est sans doute leur rôle, au vu de leur puissance. Mais forcer DEUX standards simultanément, incompatibles entre eux, est complètement aberrant.

Des performances déjà dépassées

Mais le plus gênant est de devoir se coltiner des performances d’arrière garde :

  • DDR3 pour la RAM,
  • CPU avec une génération de retard,
  • GPU disponible uniquement sur la version 15 pouces, avec des performances déjà contestées,
  • caméra frontale en 720p, alors que même un “simple” iPhone 7 propose du 1080p

“frustration” est un mot faible lorsqu’on se retrouve à acheter une machine hors de prix, qui vient de sortir, tout en sachant qu’elle a déjà un train de retard. Finalement, seuls les connecteurs, en Thunderbolt 3, sont pleinement d’actualité. Mais quel intérêt de proposer une machine avec 4 ports Thunderbolt-3 si c’est pour ne pas pouvoir exploiter les capacités, par exemple, de deux écrans 5K connectés simultanément, faute de puissance suffisante ou de GPU absent ou anémique ?

Un modèle classique de chez HP propose aujourd’hui, à tarif équivalent, des performances et un équipement autrement plus complet et à la pointe des technologies disponibles actuellement.

Même le design n’est pas spécialement enthousiasmant : certes, on reprend ce qui était déjà un progrès du côté du MacBook (le clavier “papillon” en tête), certes le trackpad agrandi sera confortable, mais les bords noirs autour de l’écran, pour ne reprendre que cet exemple, sont toujours aussi épais, là où d’autres constructeurs arrivent à des miracles. On aurait pu rêver d’un 14 ou 15 pouces dans le châssis du 13… ça ne sera pas pour cette fois.

Et maintenant ?

Bref… je ne me reconnais pas dans ces nouveaux produits. Jusqu’à présent, les Mac étaient des merveilles technologiques, des outils très pragmatiques pour l’informaticien que je suis, tout en apportant un gros plus en terme de design qui était appréciable. Ce que Steve Jobs avait décrit dans une keynote par “The power AND the sex”. On le sentait depuis un moment, tout ceci n’est plus désormais qu’une affaire de design. Sans même parler de la fermeture totale du matériel, n’importe quel argument rationnel pousse à abandonner le Mac. N’importe quel argument, sauf bien sûr MacOS, que je ne peux pas m’imaginer quitter.

Qu’espérer pour la suite ? Je me prends à espérer que le MacBook d’entrée de gamme soit rapidement boosté par un processeur ARM. Il y perdra en versatilité, mais au moins il pourra bénéficier de la puissance qui est disponible dans les iPhone et iPad. Et peut-être cela sera-t’il le premier pas vers des appareils hybrides pouvant faire fonctionner des apps Mac ET iOS dans un même environnement.

Mais plus ça va, plus je finis par me dire que la vraie réponse, pertinente, innovante, ne pourra pas venir d’Apple, ou du moins de l’Apple d’aujourd’hui, complètement orienté design et marketing, avec plus personne pour être la “conscience client”, rôle que jouait Jobs à merveille dans l’entreprise. Un article récent affirmait que Tim Cook était le Steve Ballmer d’Apple : un gestionnaire capable de faire exploser le chiffre d’affaires, mais sans aucune vision produit, laissant la porte ouverte à des initiatives internes nombreuses mais incohérentes et au final ne menant pas à grand chose. Je déteste glisser dans le “c’était mieux avec Steve”, mais il est aujourd’hui difficile de ne pas faire ce constat…

 

Comparaison MacBook Retina / HP Envy

Je n’ai pas pour le moment très envie de commenter la sortie des nouveaux MacBook Pro, je trouve juste l’évolution d’Apple décevante, et les tarifs invraisemblables. Je pardonnerais beaucoup si ils permettaient de s’offrir le hi-tech de la technologie, mais là, la comparaison entre le nouveau MacBook Pro 13″ dans sa version “d’entrée de gamme” (sans le TouchBar) avec un “simple” HP Envy récent, à tarif égal, est particulièrement cruelle :

MarqueHP Envy MacBook Pro 13"
Prix1 699 euros 1 699 euros
CPUi7 Kaby Lake 2.7Ghzi5 Sky Lake 2.0Ghz
GPUIntel HD 620Intel 540
Résolution3200×18002560×1600
Mémoire16Go8Go
Disque durSSD 1ToSSD 256Go
Poids1.3Kg1.37Kg
ConnectiqueHDMI+2USB+1USB-c2USB-c
Autonomie14h10h

Sans commentaire… Malheureusement.

La version “avec TouchBar” est plus difficile à comparer, puisqu’aucun concurrent sur le marché n’en dispose.

Encore une fois, j’ai longtemps été prêt à dépenser plus pour avoir une machine parfaite, puissante. Qu’elle ne soit plus évolutive me chagrinait, mais c’est une couleuvre que j’ai accepté d’avaler. L’abandon de tout un tas de connecteurs en a été une autre. Avec ces nouveautés, on a un portable certes superbe, bien fini, mais avec des défaillances techniques inquiétantes : comment accepter une génération de retard sur les CPU ? L’abandon du Magsafe ? L’absence totale d’adaptateurs ? Un écran n’évoluant quasiment pas ?

Et surtout une telle envolée des prix… On est loin de l’époque où un portable Apple d’entrée de gamme se trouvait à 1000 euros, un milieu de gamme à 1500, et un haut de gamme à 2200-2400 euros.

Je ne me fais pas (trop) de souci, l’attractivité d’Apple reste là. Et le TouchBar est une nouveauté que j’ai hâte d’essayer. Et surtout, macOS reste encore un incontournable que plein de gens, moi le premier, ne sont pas prêts d’abandonner…

Comment Twitter pourrait devenir un bien commun

Les commentateurs n’en finissent pas d’étudier le déclin de Twitter. Non pas que le service en lui-même décline, il n’a jamais été autant populaire. Mais d’un point de vue financier, il pose clairement de plus en plus de problèmes. Les deux griefs les plus relevés sont :

  • l’absence de croissance exponentielle. Le service croît, mais sans une poussée stratosphérique comme on pourrait en rêver pour une startup
  • la difficulté de trouver un modèle économique. Chaque rajout fait prendre le risque de perdre le socle d’utilisateurs, qui sont très attachés à la simplicité de l’outil.

Mon propos est dévoilé dès le titre de cet article, je rentre donc dans le vif du sujet : à mon sens, Twitter devrait rendre son socle de base public, le confier à la communauté, pour se recentrer sur ses activités à valeur ajoutée.

Absurde ? Irréaliste ? Peut-être. Mais si on regarde les données du problème, on s’aperçoit qu’au final, la position dans laquelle se trouve actuellement ce réseau social est encore plus absurde.

Un modèle économique délicat à trouver

Tous les spécialistes le savent : Twitter se cherche depuis des années une stratégie d’évolution. Là où Facebook crée de zéro un univers qui lui est propre, ce qui lui permet une créativité sans limite, Twitter a fait de la simplicité extrême de son service sa marque de fabrique. Ainsi, c’est pour bonne part par la capacité à ses utilisateurs de s’approprier l’outil en en inventant les règles que Twitter a eu du succès. Et cela n’a été possible que par la simplicité extrême de l’outil. Les retweets, la plupart des hashtags ont été inventés par les utilisateurs eux-même.

Ainsi, chaque modification du cahier des charges peut prendre des proportions démesurées (on se souvient par exemple des multiples rumeurs sur l’extension de la taille maximale d’un tweet).

C’est ainsi qu’il est devenu, au fil des ans et des habitudes des utilisateurs, de plus en plus délicat d’introduire un modèle économique, des fonctions rémunératrices, pour l’opérateur.

Twitter exige une infrastructure très importante pour pouvoir fonctionner : certes les messages sont courts, mais le temps réel impose un fonctionnement délicat à maintenir, et d’autant plus avec une charge utilisateur importante. D’où l’importance de pouvoir faire rentrer beaucoup d’argent, sans même parler de rémunérer les actionnaires, mais simplement de faire vivre le service.

Après de nombreuses tentatives avortées, Twitter n’a jamais vraiment trouvé d’autre modèle économique que l’ultra classique « tweet sponsorisé ». Mais même ce modèle là est difficile à mettre en place, ne serait ce que par le modèle « timeline » de Twitter : un tweet n’a pas vocation à rester sous le nez de l’utilisateur, mais va s’évaporer très rapidement derrière d’autres tweets plus récents. Pas l’idéal pour vendre un support pub !

Une stratégie castratrice pour l’écosystème

Et pourtant, Twitter avait la possibilité d’ouvrir largement plus la créativité et les modèles de rémunération, en ouvrant sa plateforme à d’autres acteurs. Malheureusement, ce modèle a très rapidement dû être freiné : Twitter devant assumer la charge de sa plateforme, s’ouvrir à d’autres s’avérait un vrai-faux ami. C’est ainsi que dès 2010, les règles du jeu évoluèrent en défaveur des acteurs gravitant autour de Twitter, brisant de nombreux modèles économiques et bridant Twitter en le recentrant sur sa maison mère.

Cette situation assez paradoxale, où Twitter s’est mis à appuyer fortement sur le frein de l’évolution de son écosystème, ne s’explique que par la nécessité de maintenir son infrastructure, et la peur de partager un monopole, tout en amenant le paradoxe de fortement freiner la popularité et l’engouement vers le service.

Un fonctionnement opaque dangereux pour la liberté d’expression

Une chose est sûre, et fait l’importance de Twitter : le réseau social est devenu un canal incontournable de diffusion de l’information. On ne présente plus le rôle qu’à pu jouer cet outil dans les révolutions arabes du début des années 2010, ou dans la façon de communiquer des politiques, officiels comme dissidents, d’aujourd’hui.

Néanmoins, la question se pose de plus en plus : est-il vraiment raisonnable de confier un canal crucial dans la communication internationale à une entreprise privée entièrement contrôlée par ses actionnaires, sans aucun système de contrôle de ses règles internes ? Ainsi, les polémiques se multiplient sur des censures arbitraires de tweets ou de comptes utilisateurs qui se retrouvent fermés pour des raisons parfois obscures.

Un modèle existe : Usenet

Cet article, comme vous l’avez compris, pose la question d’une hypothèse où Twitter migrerait sur une plateforme ouverte, et gérée collectivement par la communauté. Ce scénario, peut être un peu irréaliste, aurait pourtant de nombreux avantages :

  • plus de coût d’hébergement
  • plus de centralisation des données
  • des fonctions de base gérées par la communauté, selon des règles et une gouvernance transparente
  • la société Twitter se reconcentrerait sur les services à valeur ajoutée, en ouvrant complètement l’écosystème, en s’exposant certes à la concurrence, mais en se libérant de contraintes arbitraires qui n’étaient dictées que par la nécessité de maintenir l’infrastructure de base du service.

Reste, dans ce scénario utopique, la question du « comment ». Les plus anciens s’en souviennent peut-être : avant même l’apparition du web, et encore plus des forums de discussion, les échanges sur Internet se faisaient via des newsgroups. Techniquement, on parlait de Usenet, standard conçu collectivement, et qui fonctionnait par un système totalement décentralisé, avec un mécanisme de réplication des données assez sophistiqué pour l’époque.

Pour dire l’importance de Usenet, le projet de World Wide Web conçu par Tim Berners Lee a été annoncé sur Usenet ! Idem pour Linux, et pour de nombreuses autres annonces très structurantes pour ce qu’est devenu Internet aujourd’hui.

Malheureusement, Usenet est devenu assez rapidement désuet, son usage étant bien plus complexe que ne peut l’être le web.

Néanmoins, Usenet est la preuve qu’une infrastructure d’échange de messages peut être maintenue de manière décentralisée, collective…et bénévole. Là où Twitter coûte un argent phénoménale en frais d’infrastructure.

Délirant ? Pas tant que cela

L’idée de proposer à une structure commerciale, cotée en bourse, tenue par ses investisseurs, de basculer le coeur de son activité dans le domaine du bien commun peut apparaître au mieux comme une douce utopie, au pire comme une stupidité sans nom. Et pourtant…

La seule issue proposée à Twitter aujourd’hui est celle du rachat. Est-ce moins dangereux ? Certes, pour les actionnaires, c’est le moyen de s’en sortir avec une plus value correcte, à défaut d’être le truc extraordinaire auquel ils étaient en droit d’attendre en misant sur un des trois réseaux sociaux les plus connus sur la planète.

Mais on sait d’avance que, suivant le nom du racheteur, le destin de Twitter peut prendre une tournure très différente, et pour le moins hasardeuse. Un Facebook aurait tout intérêt à diluer la masse d’utilisateur dans son propre écosystème. Un Google serait sans doute moins intéressé par la pérennité financière de l’outil, mais beaucoup plus par l’exploitation des données qui pourrait en être fait.

A l’inverse, rendre le socle de Twitter commun aurait un certain nombre d’avantages : il permettrait d’ouvrir sans frein stratégique la créativité, l’inventivité, la richesse des écosystèmes qui viendraient s’y greffer. Comme on l’a vu, Twitter a été très rapidement contraint, pour des raisons purement stratégiques, de fermer ce robinet là, pour favoriser sa propre valorisation. Avec un tel renversement de la logique, il aurait tout intérêt au contraire de se lancer dans la bataille de surcouches à ce Twitter minimaliste, pour y rajouter toute la valeur ajoutée qu’ils ont en projet.

Est-ce pour autant possible ? Probablement non. Jamais un board d’investisseurs n’a accepté la logique d’ouvrir intégralement sa base d’utilisateurs, pour se recentrer sur la valeur ajoutée qu’il pourrait tirer de l’exploitation de cette base. Et pourtant, à l’heure où le risque de perdre Twitter, de perdre, ou de voir complètement dévoyé, ce canal de communication aujourd’hui indispensable à beaucoup, peut-être est il question de se poser toutes les questions, tous les scénarios possibles.

Et quand bien même. A défaut de rêver à voix haute d’un Twitter communautaire, on pourrait peut être en tirer des leçons pour les projets qui restent à lancer dans les années à venir…

Retour sur la présentation de l’iPhone 7

Comme parfois, voici mes quelques réflexions suite à cette Keynote pas vraiment passionnante :

  • On était largement préparé psychologiquement suite aux “fuites” plus ou moins organisées sur le look du nouvel iPhone, mais l’absence de vrai nouveau design reste une déception. Ive perfectionne ce qui a fait le succès de l’iPhone 6, avec quelques détails qui font converger le téléphone vers quelque chose d’idéal d’un point de vue esthétique (les “lignes” à l’arrière des antennes se voient moins, le bas du téléphone est parfaitement symétrique, les boutons de volume sont mieux intégrés…), mais on ne peut s’empêcher d’être déçu du manque d’ambition. La rumeur dit qu’un changement radical était prévu (écran sur toute la surface du téléphone) mais que la prouesse technique nécessite un an supplémentaire de développement… wait and see !
  • Les deux nouvelles “couleurs” (dont un noir brillant qui personnellement me rappelle les pires heures de l’iPhone 3G et son arrière en plastique) font parler les puristes, mais j’avoue avoir du mal à accrocher à ces discussions, étant donné que 99% des utilisateurs vont ensuite camoufler leur téléphone derrière une coque…
  • L’absence de prise jack fait jaser mais n’est finalement que dans la suite de ce que fait Apple depuis toujours (disparition des disquettes sur l’iMac, du lecteur de CD sur le MacBook Air…), et ne gênera au final pas grand monde (d’autant plus que l’adaptateur jack-Lightning est étonnamment bon marché – 9 euros. En revanche, l’enfermement dans l’écosystème Apple est rageant (impossible d’utiliser un casque en USB-C, impossibilité d’utiliser un AirPod Lightning ou des EarPods sur autre chose que du matériel Apple…)
  • Finalement, le seul “use case” où l’absence de jack est handicapante est l’impossibilité (hors Bluetooth) de charger son téléphone tout en utilisant un casque. Une solution élégante aurait été d’implémenter une recharge sans connecteur, comme cela existe sur la Watch ou sur d’autres téléphones. Ca ne sera pas pour cette fois…
  • Cet iPhone risque d’être en revanche en gros progrès du côté de la fiabilité. En le rendant étanche et en supprimant le bouton “Home”, Apple supprime ainsi les deux plus gros facteurs de panne.
  • L’upgrade de mémoire, avec 32Go minimum, et une version à 256Go, était impératif, c’est maintenant fait, ouf. Mais les écarts de prix entre les différents modèles restent honteux
  • Les AirPods sont hors de prix (179 euros !), semblent bluffants techniquement (la promesse de ne plus avoir à appairer les écouteurs à chaque bascule de matériel, plus la “propagation” de la reconnaissance du matériel via iCloud est géniale), mais 5h d’autonomie est bien trop court pour en faire un produit acceptable. En tant qu’utilisateur d’écouteurs Bluetooth, j’accepte de les recharger une fois par semaine, au delà, ça devient contraignant. Comme souvent, il faudra savoir attendre des versions ultérieures du produit.. En tout cas, c’est clairement le deuxième produit “wearable”, après la Watch, d’Apple. Sans doute pas le dernier…
  • L’Apple Watch series 2 est tout simplement ce qu’aurait dû être la première Watch : GPS, étanchéité, CPU plus rapide, c’est tout ce qu’on attendait. Ah oui, et aussi une meilleure autonomie, mais ça ne sera à priori pas pour cette fois… Dommage aussi que les prix aient augmentés pour l’Europe ! (419 euros contre 399 euros pour la précédente version). La première version reste au catalogue, à 319 euros.
  • Petit coup de coeur pour la version “Nike+” de la montre : avec des bracelets sport sympa, et du software fait sur mesure pour Nike, elle risque d’attirer pas mal de sportifs
  • D’une manière générale, Apple semble “caricaturer” ses produits pour mieux les vendre : ils ne communiquent quasiment qu’autour du fitness pour la Watch, et qu’autour de la photo (et un peu les jeux) pour l’iPhone
  • Une petite remarque sur le calendrier : les iPad ayant été révisés en prix, et macOS Sierra annoncé pour le 20 septembre, les chances d’une seconde keynote en octobre pour présenter de nouveaux iPad, et surtout de nouveaux Mac, s’amenuisent…
  • Dernière remarque sur les iPad : l’iPad Air 2 est aujourd’hui exactement au même prix que l’iPad mini 4, à CPU et mémoire équivalents. Apple voudrait tuer l’iPad mini qu’il ne s’y prendrait pas autrement…

Molotov TV : perfectible

J’attendais avec impatience l’arrivée du projet Molotov.TV, qui fait parler de lui depuis déjà plus d’un an : on savait que la gestation était longue, en particulier à cause des négociations juridiques avec les ayants-droits.

Les forces en présence sont impressionnante : Jean-David Blanc (un jour, les Jean-David domineront le monde…), l’ancien fondateur d’AlloCiné, Pierre Lescure, qu’on n’a plus besoin de présenter. L’association entre un entrepreneur solide et un carnet d’adresses indépassable. Sans doute la meilleure recette pour tenter de changer la donne dans le domaine complexe de la diffusion TV.

Ca fait en effet plusieurs années que tous ceux qui ont tenté d’aborder le sujet des flux TV se sont cassés les dents ; toutes les réussites l’ont été dans des domaines de création de nouveaux supports, YouTube en tête. Mais à aucun moment le domaine de la diffusion classique n’a été vraiment impacté, et ce pour une raison majeure : les droits de diffusion, et la capacité des acteurs en place de tout faire pour maintenir leur positionnement, en ne l’ajustant qu’à la marge.

Il y a toutefois une évolution importante qui existe depuis quelques années : le catchup TV, cette fonction qui permet de revoir, pendant une courte période, une émission de TV. Bien que populaire, cette fonction n’a pas vraiment évoluée depuis ses débuts (hormis pour l’insert de pubs de plus en plus lourdes…), et surtout n’a en rien impacté le fonctionnement habituel d’une télévision “broadcastée” : un flux continu d’images, structuré autour d’une grille de programmes indémontable. Si on veut se tenir informé, il faut être devant son poste à 20h00.

Molotov.TV s’est fixé comme mission de casser ce moule et de déstructurer, délinéariser ce flux TV. On reprend les contenus, mais on les extrait de leur grille de programme et on donne un accès libre et naturel qui mime ce qu’on connaît sur les médias “alternatifs” que sont Youtube ou Netflix : on peut rechercher par catégorie, par mots-clés, commencer un programme, le reprendre plus tard, etc…

Après près d’un an de beta-tests, l’application est de sortie, et est (ou sera au cours des prochaines semaines) disponible sur de nombreuses plateformes : Mac et PC, mais aussi iPad, AppleTV, Android, iPhone, Samsung SmartTV… Pour être clair, j’attendais la sortie de ce service depuis longtemps, et je suis un peu déçu par ce que je découvre. Mais le plus désappointant est que j’ai très peu de choses à reprocher à Molotov.

Un challenge très complexe : les droits d’accès

Pour “délinéariser” les contenus TV, le challenge de Molotov était de mettre à disposition de manière interactive trois types de contenus amenant chacun leur lot de complexité :

  • les contenus du passé, pour faire un ‘replay’ comme le font les applis et sites actuels de Catchup TV
  • les contenus en direct, tels qu’ils sont broadcastés par les chaines de TV
  • les contenus du futur, qui sont annoncés dans les grilles de programmes

MolotovTV propose une application unique rassemblant ces trois cas dans une interface plutôt très bien foutue, intuitive, fluide et élégante. On se promène dans une base de données unique regroupant les programmes passés, présents, et futurs, et, suivant le contexte, on y accède simplement. L’app est fluide, l’image de relative bonne qualité, et le mode premium permet d’accéder à du contenu en haute-définition. La montée en charge semble gérée correctement, les ingés en charge du projet ont bien bossé.

Malheureusement, tout ceci est (pour le moment ?) fortement contraint par les restrictions imposées par les diffuseurs de contenu. Les équipes autour de Pierre Lescure ont réussi presque l’impossible : réunir tous les acteurs français (à l’exception du groupe Canal+) pour mêler les contenus de TF1, France Télévisions, M6… dans une même interface. Rien que ça est un exploit louable. Malheureusement, tout est dans le mot “presque” : chacun des acteurs est venu en apportant de nouvelles restrictions, rendant au final l’expérience utilisateur plutôt décevante.

Du live réussi

Les contenus ‘en live’ sont plutôt bien intégrés : on passe de manière fluide d’une chaîne à l’autre, un écran présente de manière élégante la mosaïque des programmes. Il manque encore une intégration plus poussée des programmes (quel est le programme suivant par exemple), et des bonus techniques qu’on a appris à apprécier sur d’autres supports, tels que le “picture-in-picture” permettant de surveiller un programme pendant qu’on en regarde un autre.

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Les programmes en “live” sont présentés d’une manière agréable et inédite pour un consommateur de contenus en France

La fonction “magnétoscope” n’est pas encore disponible, mais on peut imaginer que tout ceci va évoluer dans les semaines à venir. Pour un peu, on parviendrait à en oublier complètement le broadcast habituel (je continue à regarder chez moi la TV via la TNT classique) pour passer sur ce mode de visualisation un peu plus interactif. Bien entendu, les contenus français ne sont disponibles qu’en France.. mais on finit par avoir l’habitude de ce genre de restriction.

Un replay quasi-inexistant

Les contenus “passés” sont en revanche ceux qui souffrent le plus des contraintes des diffuseurs. La promesse était la suivante : on se balade dans l’ensemble des programmes TV de toutes les chaînes, et on s’affranchit de la contrainte du direct pour pouvoir consulter un programme même si on l’a loupé.

La réalité est malheureusement beaucoup plus contrainte :

  • déjà, TF1 et M6 ont refusé d’intégrer leur replay à Molotov. Rien n’est disponible donc pour ces chaînes, ainsi que pour les chaînes de ces groupes (et ça commence à faire : W9, 6Ter, TMC, HD1…). En gros, on n’a accès au replay que pour les chaînes de France Télévisions. Aouch !
  • De plus, le replay de ces dernières chaînes reste limité par diverses contraintes de droit. Ne comptez pas par exemple visualiser un film en replay.
  • Enfin, le replay n’est disponible que pour une très courte période (7 jours la plupart du temps). Mais on retrouve là la contrainte classique des systèmes de catchupTV.

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Sur les programmes de France TV, on a sur le même écran les programmes passés et futurs. Il semble possible de bookmarker (et donc enregistrer) certains programmes passés, mais ça reste encore flou

Concrètement, pour regarder l’Amour est dans le Pré (oui, je regarde l’Amour est dans le Pré, je fais ce que je veux !), j’ai dû ressortir l’app 6Play (sur mon iPad bien sûr, elle n’est pas dispo sur l’AppleTV). En gros, si vous n’anticipez pas (via la fonction bookmark que je décris dans le paragraphe suivant), vous avez de fortes chances de louper votre programme. Difficile de ne pas être déçu.

On peut imaginer que la situation évolue si le service prend du poids. On peut également espérer que d’autres fonctions de location (payante) de contenu arrivent à terme sur le service. Mais là aussi, les acteurs déjà en place n’accepteront probablement de partager une partie de ces activités que si Molotov devient un poids lourd du secteur.

Un futur encore incertain

L’autre promesse de Molotov (et aussi un des leviers forts de son modèle financier), c’est la possibilité d’enregistrer les programmes de son choix : l’app joue alors le rôle d’une sorte de magnétoscope programmable, on “bookmarke” le programme à venir de son choix, et, après sa diffusion, il est disponible dans son espace personnel.

La fonction est prometteuse… mais n’est pas encore active. Elle est en effet liée à la parution d’une loi sur la création qui a été, comme par hasard, conçue pour s’adapter parfaitement à cette activité de Molotov (merci le lobbying). Cette loi a été votée, est parue au journal officiel, mais Molotov semble dire qu’il soit nécessaire d’attendre pour activer cette fonctionnalité. L’argument semble un peu capillotracté, mais soit.

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L’enregistrement, c’est (pas) maintenant

Cette fonction semble bien intégrée techniquement, et sera plutôt pratique quand elle fonctionnera. Bien entendu, cela implique d’anticiper les choses et de bookmarker le programme avant qu’il soit diffusé ! Ce qui est une contrainte finalement stupide techniquement, puisqu’on se doute que les programmes seront tous pré-enregistrés par Molotov indépendamment des demandes individuelles. Là encore, la contrainte juridico-contractuelle fait sa loi. Néanmoins, l’interface du service semble laisser la possibilité d’enregistrer certains programmes passés (selon quels critères ?). Tant que la fonction n’est pas pleinement opérationnelle, difficile de savoir précisément ce qu’il en est.

Un choc : des contenus affligeants

Je terminerai par une remarque subjective : Molotov a un vrai talent pour mettre en avant et présenter les contenus d’une manière inédite dans le domaine de la télévision. On prend un vrai plaisir à naviguer dans les programmes. Malheureusement, le second effet kiss-kool, pour moi du moins, a été de constater à quel point les programmes “intéressants” (avec mes critères hein, ça reste du subjectif) deviennent rarissimes sur la télévision française. En tout cas, la comparaison avec la richesse foisonnante de ce qui se passe du côté de Youtube est cruelle.

Finalement, on en vient à se dire que regarder la TV de manière ultra-passive, en subissant le flux et en n’interagissant qu’avec un zapping stérile, c’est aussi un moyen de déconnecter son cerveau et de ne pas avoir le recul permettant de réaliser à quel point le contenu est médiocre.

La révolution de la TV est en marche, mais il reste du chemin

Jamais une startup n’est allée aussi loin dans la réappropriation des contenus TV, et la couverture médiatique autour de Molotov est justifiée. Malgré la déception à court terme, je vais rester très attentif sur la capacité de cette structure à améliorer et faire évoluer son modèle, pour arriver à devenir ce dont elle a l’ambition : le point d’entrée principal du consommateur d’images. Elle a beaucoup d’atouts pour y parvenir, et sa plateforme technique qui est une réussite n’en est pas le moindre.

Une de mes interrogations, maintenant que j’ai le produit entre les mains, est la pertinence d’isoler le contenu TV du reste du web. Bien sûr, il serait illusoire d’avoir tout dans une seule app. Mais j’avoue qu’à l’usage, j’ai bien plus souvent envie de cliquer sur “Netflix”, sur “iTunes Store” ou sur “Youtube” que sur Molotov, si je souhaite avoir un programme de qualité. Peut-être que des contenus plus hybrides feront leur apparition sur le service à terme (on pourrait imaginer l’intégration par exemple de créateurs de contenus indépendants, comme Arrêt sur Images, ou de Youtubeurs structurés), l’idée ne serait pas forcément déconnante. A suivre en tout cas !

Retour aux flux RSS… et à la productivité

Comme beaucoup de gens, l’abandon de Google Reader, et surtout l’arrivée des réseaux sociaux, m’ont fait abandonner mon lecteur de flux RSS au profit d’autres modes d’accès aux actualités. Le raisonnement à l’époque était assez simple et de bon sens : Puisque tous les sites, toutes les marques, sont désormais présentes sur les réseaux sociaux, à quoi bon les suivre en double sur un autre outil, qui plus est vieillissants ?

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FBI, Apple, et chiffrement

La polémique du moment, c’est la lettre ouverte de Tim Cook, CEO d’Apple, face à une demande du FBI concernant l’accès à des données stockées dans l’iPhone d’un terroriste.

Je ne vais pas reprendre la base du débat, d’autres l’ont déjà fait bien mieux que je ne saurai le faire.

En revanche, certains aspects de la discussion me posent problème, en particulier sur la position d’Apple qui se pose ainsi en défenseur des libertés individuelles.

Sur la rétention et la protection des données, le discours de Cook me semble relativement ambigu : en creusant un peu et en lisant entre les lignes, on peut ainsi comprendre que cette protection est à géométrie variable, puisqu’Apple accepte régulièrement de fournir le contenu des comptes iCloud de ses utilisateurs, sur demande de la justice. Or, ces comptes intègrent déjà une bonne partie des données de l’utilisateur, comme le précise un article fort bien documenté de MacGénération. Ces données s’additionnent à celles stockées par les opérateurs téléphoniques (SMS, coups de fils passés, localisation géographique), et qui elles aussi sont déjà fournies aux autorités.

Ce à quoi s’oppose Apple, ce n’est donc pas d’ouvrir la boite de Pandore de l’accès aux données par les autorités, comme le craignent certains, puisqu’ils le font déjà !

Non, ce qui pose problème à Cook, c’est d’étendre cette action au contenu du téléphone lui-même, qui est réputé, à juste titre apparemment, comme étant sur-sécurisé, en particulier avec les fonctions récentes de lectures d’empreintes digitales qui permettent de stocker le contenu le plus crucial dans une “enclave” uniquement accessible par l’utilisateur. On parle là des bases de mots de passe, des coordonnées bancaires, etc…

Ce que demande le FBI, c’est la conception d’une version modifiée du système d’exploitation de l’iPhone, qui permettrait d’effectuer des opérations telles que la découverte du mot de passe en mode “Brutal force”, c’est à dire en tentant toutes les combinaisons possibles. C’est impossible en standard (le mécanisme se bloque au bout de quelques essais), mais ça pourrait l’être si le système d’exploitation ne gérait plus ce verrou. Et c’est ce que demande le FBI.

Apple argumente qu’un tel système d’exploitation diffusé “dans la nature” serait terrible, ce qui est vrai. Mais je me demandais pourquoi un compromis n’était pas possible faisant en sorte qu’Apple ne diffuse jamais ce système d’exploitation, mais fasse lui même sauter les verrous qu’on lui demanderait de faire sauter, ce qu’ils font déjà, rappelons le encore une fois, pour iCloud.

En lisant divers avis, j’en viens à la conclusion que la préoccupation de Cook n’est pas tant la protection des libertés, mais la défense de l’image extrêmement sécurisée de son produit phare, l’iPhone. Dire qu’un iPhone modifié pourrait devenir une passoire serait terriblement préjudiciable pour l’image de marque d’Apple, qui fait beaucoup d’efforts, réels, pour sécuriser au mieux son téléphone.

Après, que le débat permette à Cook de se présenter en défenseur des libertés est toujours bon à prendre pour lui. Mais la réalité, comme le prouvent ces accès à iCloud, est malheureusement différente.

Peu m’importe ici de dire qu’Apple joue à un jeu de dupes. Mais il me semble en revanche important de réaliser que cette lutte n’est pas, ou plus, pour lutter pour une préservation totale des libertés individuelles et de la vie privée : cette confidentialité est déjà mise à mal depuis déjà bien longtemps, et Apple n’est qu’un acteur parmi tous les autres qui s’alignent déjà sur ce positionnement. Et le discours angélique de Cook ne doit pas laisser croire que la situation est parfaitement clean, puisqu’elle ne l’est pas.

Toutefois, même biaisé, ce débat n’est sans doute pas inutile, et qu’un acteur majeur comme Apple se positionne aujourd’hui comme défenseur des données privées est un acte important. Cela permet au moins de remettre sur la table la question centrale de tout cela, à savoir : doit on sacrifier de sa liberté pour sa sécurité.

J’en peux plus des startups

Bon, pour lever toute ambiguïté, je préfère commencer par ça : l’entreprenariat est une discipline qui m’a toujours passionné. J’ai pu monter un certain nombre de projets dans mon parcours professionnel, et j’ai bien l’intention d’en monter d’autres dans l’avenir. Pour être tout à fait complet, j’ai travaillé à plusieurs reprises dans le passé dans ce qu’on pourrait qualifier de “startups”.

Ca fait des années que j’attendais que tout ce qu’on peut appeler numérique, ou digital, ou ce que vous voulez comme terme, prenne le devant de la scène et ne soit pas qu’un domaine réservé à quelques avant-gardistes un peu geeks. Mais je ne pensais pas que ça prendrait de telles proportions, et surtout, une telle tournure complètement en dehors de tout sens commun.

C’est quoi une startup ?

Si on commençait par tenter une définition de ce qu’est une “startup” ? De plus en plus de définitions apparaissent, je ne donnerai donc que la mienne, mais qui ne me semble pas trop éloignée de ce que c’est vraiment, ou plutôt de ce que ça devrait être :

  • un projet exceptionnel qui n’aurait aucune chance d’être conçu sans un mode de financement très particulier
  • un projet innovant mais dont la faisabilité est incertaine tant qu’on n’a pas pu le concrétiser
  • assumer de ne faire quasi aucun profit à court terme, puisqu’on est en train de concevoir le produit
  • une rentabilité exponentielle à moyen/long terme si le projet de départ se valide concrètement.

L’exemple-type d’une startup, ça peut être une société qui se lance dans des recherches autour de la mise au point d’un médicament : il faut beaucoup d’argent pour le mettre au point, ça n’est pas sûr du tout qu’on parvienne à aboutir à un produit viable, mais, si c’est le cas, la cession de la licence pour commercialiser le médicament assurera un retour sur investissement largement plus important que la mise de départ.

Pour ces raisons, les investissements sont considérés comme du “capital-risque” : la réussite du projet est loin d’être certaine, et une réponse concrète ne pourra être apportée qu’après avoir mis l’argent sur la table “pour voir”. Ces investisseurs répartissent de l’argent entre plusieurs projets, et, même si un projet sur 10 aboutit, dès lors que le retour sur investissement est supérieur à 10 fois la mise de départ, ils seront gagnants au final. Une sorte de poker permettant de financer l’innovation.

Si on résume :

  • projet innovant, au point d’amener une rupture suffisante pour générer potentiellement un revenu énorme
  • nécessité de financer la concrétisation du projet
  • réussite complètement incertaine, puisque lié à la réussite de l’innovation
  • en cas de réussite, la startup n’a plus lieu d’être en tant que telle, puisqu’elle devient une entreprise au service de l’exploitation du produit ainsi financé

Tout ça implique pas mal de choses :

  • déjà, il s’agit d’une structure de projet très particulière, qui n’a pas grand chose à voir avec la plupart des projets d’entreprenariat.
  • le modèle économique, s’il est incertain, doit être connu et valide : du point de vue de l’investisseur, l’opération n’est pas du tout du mécénat, mais un calcul, comme on calculerait un risque au poker. C’est le montage même du projet qui doit être l’enjeu du “coup de poker”, pas sa commercialisation !
  • l’innovation doit être réelle et massive, pour pouvoir permettre une rentabilité exponentielle en cas de succès. Si ce n’est pas le cas, le projet reste peut être tout à fait honorable et viable… mais ça n’est pas une startup ! Et donc n’est pas lié aux méthodes de financement de ces dernières.

Et c’est précisément ce dernier point qui pose aujourd’hui une certaine ambiguïté : la puissance d’Internet, sa capacité à amener un potentiel quasi illimité d’utilisateurs, amène la possibilité de retrouver cette rentabilité exponentielle sans avoir pour autant une innovation quelconque. C’est ainsi qu’on a vu naître de nombreux projets dont l’innovation n’est “que” commerciale : en amenant sur Internet une offre inédite ou tout simplement bien conçue, certaines entreprises ont pu conquérir rapidement un marché énorme, et ainsi dégager de forts revenus.

Pour prendre un exemple local, le site “Le Bon Coin”, avec une offre qui n’a absolument rien d’innovant (des petites annonces…), et un site minimaliste, a su dégager un volume d’affaires impressionnant, tout simplement parce qu’ils sont désormais ultra-dominants sur le marché français, en devenant le “frigidaire” de la petite annonce (et en générant un trafic monstrueux sur leur site).

Car voilà le truc : la position dominante. Il faut à tout prix prendre le marché tant qu’il est balbutiant. Et c’est ce que cherche à financer un AirB’nB, ou un Blablacar, en faisant rentrer de nouveaux fonds : certainement pas de l’innovation, mais de la place de marché. Etre leader, à tout prix, même si ça implique de dépenser des sommes monstrueuses en communication, ou en vendant à perte à court terme.

Loin de moi l’idée de dénigrer “l’innovation commerciale”. Mais il ne faut pas en arriver à l’extrême où, à vouloir absolument conquérir des parts de marché, on en vient à en oublier de venir avec un modèle économique dans son package (“on verra plus tard quand on aura une communauté”), ou, pire, à oublier de réfléchir à de vraies qualités au projet lui même, ou s’il répond à un réel besoin monétisable.

Et c’est là où ça devient n’importe quoi

Je ne cherche pas ici à me faire le gardien d’une pseudo-vraie définition du mot startup. Ni à nier un phénomène bien réel, celui de l’explosion du numérique partout dans nos vies et dans nos modèles commerciaux.

En revanche, je suis très inquiet du grand gloubli-boulga que je vois aujourd’hui, où toutes les notions sont mélangées jusqu’à aboutir à un grand n’importe quoi. Impossible aujourd’hui d’ouvrir un journal sans y lire une glorification du phénomène des startups, ou une mise en avant de projets qui sont, malheureusement, opportunistes, souvent bricolés avec 3 bouts de ficelles et dont l’avenir est souvent aussi mince que la qualité de ses innovations.

De la même manière, le côté “on assume de ne pas générer de business à court terme puisqu’on est en train d’innover sur la conception produit, et ça prend du temps” qui est un des fondamentaux d’une startup est en train de devenir une sorte de “pas grave si on ne gagne aucun argent, on verra le modèle économique plus tard”. WTF !

C’est cette confusion des genres qui me pose problème : là où l’argent était censé, dans l’idée de départ de ce que devrait être une startup, servir à créer la valeur du projet (l’innovation dont je parlais au début), il devient ici uniquement l’accélérateur d’un projet dont on maîtrise de moins en moins la qualité ou la puissance : il suffit de sortir un truc sur Internet, qui va “uberiser” ou “blablacariser”, et hop on lui colle le terme de startup. Peu importe le projet, on financera (un peu) sa conception, (beaucoup) sa diffusion sur le net, et “ça ne peut que marcher”.

Et ça me semble inquiétant pour l’ensemble des acteurs :

Pour les porteurs de projets, c’est une forme de “starification” qui me semble mortifère : n’importe quelle vague idée est reprise par les médias, les institutionnels, et portée aux nues, sans plus chercher à avoir un quelconque esprit critique. Même l’erreur est aujourd’hui présentée comme une valeur positive, un atout, avec le fameux “pivot” des méthodes lean qui devient employé à tort et à travers (j’ai entendu plusieurs fois ces derniers temps la légende urbaine consistant à dire qu’aux Etats Unis, il était impossible de trouver des financements si on n’avait pas à son actif plusieurs dépôts de bilan au préalable). Toutes ces notions “d’entreprenariat” sont entourées de phrases bien bisounours de pseudo-développement personnel qui, je crois, cachent la dure réalité de l’épreuve du chef d’entreprise. L’image idyllique du “tous entrepreneurs” me semble, au vu des difficultés de tenir une boite dans la durée, au mieux une pure bêtise, au pire un levier bien cynique pour redresser artificiellement une courbe du chômage, et qui risque de se transformer en méchant boomerang à long terme.

Pour les institutionnels qui tentent d’orchestrer tout ça, c’est une possibilité de sortir d’un cercle vicieux “crise économique – France en retard” en se refaisant une image basée sur des concepts dans l’air du temps. Après avoir longtemps dédaigné le secteur du numérique, les fonds publics abondent aujourd’hui pour financer tout et (surtout) n’importe quoi. Mais le font-ils en ayant conscience du coup de poker qu’est un modèle économique de startup ? En ayant une vraie lucidité et connaissance accrue des terrains explorés, ou du moins une vision suffisamment claire pour savoir quoi financer ? Que se passera t’il lorsqu’une bonne partie de ces projets se casseront la figure ? (et, encore une fois, ce n’est pas une vision pessimiste : la chute d’une majorité des projets fait partie du concept même de startup !)

Pour les financeurs, sous des prétextes de moins en moins réfléchis de “faut en être”, c’est aller sur des projets de plus en plus vide de sens, et ainsi entretenir un phénomène qui, j’en ai peur, ressemble pas mal à la bulle Internet qu’on a pu connaitre en 1999-2001. Quand un projet est valorisé à plusieurs millards sans générer le moindre revenu, et sans aucune perspective, sauf invention marketing miracle de dernière minute, d’en générer (coucou Snapchat… et bien d’autres), ça fait très peur.

(petite parenthèse sur le phénomène de valorisation : estimer la valeur d’une société uniquement en fonction du ratio capital/pourcentage qu’accepte d’apporter un financeur à un instant donné me semble certes juste comptablement mais assez casse-gueule stratégiquement. Dire “Microsoft apporte dix millions pour obtenir 1%, donc ma boite vaut un milliard” m’a toujours semblé une interprétation des plus simplistes. On peut vouloir à tout prix rentrer dans le capital d’une entreprise pour des raisons qui n’ont pas grand chose à voir avec un simple calcul financier : pour l’image de marque, pour répondre à une certaine stratégie bien plus globale, ou tout simplement parce qu’un million chez Microsoft ne “vaut” pas la même chose en terme d’importance qu’un million en provenance d’un investisseur privé qui y laisse toutes ses économies. Fin de la parenthèse, je suis tout sauf financier, et certaines données m’échappent sans doute).

Enfin, et il ne faut pas les oublier, pour les entrepreneurs “classiques”, c’est une position extrêmement frustrante : à siphonner les fonds d’investissements et de subvention dans cette mode de la startup à tout prix, on risque d’en venir à oublier les projets plus “traditionnels”, moins risqués peut-être, moins sexy sans doute, mais qui n’en restent pas concrets et souvent bien plus viables à long terme, même sans promesse de chiffre d’affaires exponentiel.

Vive les vrais projets !

Même si ce portrait semble bien pessimiste, je ne veux certainement pas dénigrer un phénomène que j’ai attendu pendant des années, et qui m’émerveille chaque jour : Internet amène au quotidien son lot de projets incroyables. Certains très innovants, certains moins, peu importe après tout. Le but n’est pas d’être Steve Jobs, mais d’apporter sa pierre, et de créer ce que sera l’Internet de demain, et tous les services qui émergeront dans les prochaines années.

J’ai très envie de voir naître et grandir ces projets. Y compris des startups, dont on a vraiment besoin pour innover. Mais pas QUE des startups ! Je suis persuadé que ce n’est pas avec le grand n’importe quoi qu’on vit aujourd’hui, où tout doit être une startup, qu’on rend service à ces nouveaux pseudo-entrepreneurs, ainsi qu’au marché dans son ensemble.

On est arrivé aujourd’hui au stade où le projet de départ, sa valeur ajoutée, la vision qui va avec, est finalement au second plan. Certes, une startup est basée sur une large portion d’inconnu, d’esprit d’aventure qui fait qu’il faut savoir s’adapter. Certes, il faut être agile, itérer, apprendre de ses erreurs, c’est même l’objet de certaines de mes formations et interventions en entreprise, je ne vais pas cracher sur ces méthodes. Mais vivre ses “pivots” successifs comme autant de médailles à sa boutonnière, c’est pour moi franchir la frontière où on ne parvient plus à se demander si, à un moment donné, son projet n’est pas tout simplement merdique.

Arrêtons l’effet de mode, reprenons nos esprits, et retroussons nos manches : il va falloir apprendre à dire “non”, à briser des rêves. Mais c’est aujourd’hui indispensable pour que l’on ne se retrouve pas à moyen terme à sombrer dans un ridicule qui commence à nous envahir.

PS : un témoignage un peu ancien mais qui me semble utile de lire et relire, celui de Tookasse, fausse startup (mais vraies anecdotes) de la folie qu’on avait pu connaître il y a quelques années… Bon sang que les gens ont la mémoire courte !