Trois trucs qui me manquent sur l’iPad

J’en avais déjà parlé dans une vidéo, j’utilise de manière assez intensive mon iPad, depuis iOS10 et l’iPad Pro qui ont pas mal changé la donne dans ce petit marché assez incertain de la tablette.

Trois petits détails, qui apparemment ne feront pas partie des évolutions d’iOS 12, me manquent souvent, même s’il ne s’agit que de petits détails qui seraient faciles à  résoudre :

  • J’utilise un clavier bluetooth. Pas de souci, cela fonctionne bien. En revanche, si j’éloigne ma tablette du clavier, mais en restant suffisamment proche pour que la liaison reste active, il n’existe aucune possibilité de “déconnecter” le clavier physique et basculer sur le clavier virtuel. En fait, c’est possible, mais uniquement sur le clavier physique, en appuyant sur la touche “Eject” qui existe encore sur les claviers sans fil Apple. Mais c’est un peu idiot d’être obligé d’utiliser le clavier physique pour ne plus utiliser le clavier physique !
  • Certaines applications (Instagram en tête) n’existent pas en déclinaison iPad. Pas grave, puisqu’un “émulateur” d’iPhone existe depuis les premières versions de l’iPad. En revanche, cet émulateur a la fâcheuse particularité de ne fonctionner qu’en mode “portrait”, alors qu’on utilise souvent son iPad en mode paysage, surtout s’il est doté comme le mien d’une “smart cover” qui permet de maintenir l’iPad ouvert en mode paysage.
  • Dernier détail qui me manque souvent, mais là ce n’est pas la faute d’Apple : lire une vidéo YouTube ne fonctionne plus dès lors qu’on sort de l’application. C’est très agaçant, d’autant plus que certaines applications tierces (aujourd’hui interdites) le permettaient. Mais on sait maintenant le comment du pourquoi : c’est devenu une option payante chez Youtube…

Et vous, qu’est ce qui vous manque si votre iPad ?

Ces petits riens

En écho à l’excellent essai des nouveaux MacBook Pro de Numerama (et aussi plus modestement à mon article), j’ai réalisé que ce qui manque aujourd’hui le plus aux nouveaux MacBook, ce sont toute une série de petits détails, souvent presque insignifiants, qui faisaient que l’expérience d’utilisation du Mac était unique. En vrac :

  • Le carton “Designed by Apple in California” qu’il fallait soulever avant de découvrir son nouveau joujou en ouvrant l’emballage de mon premier Powerbook
  • La petite lumière qui pulsait en suivant les rythmes cardiaques sur le rebord lorsque mon Mac était en mode sommeil
  • L’enrouleur autour du bloc d’alimentation
  • L’aimant qui simplifiait le branchement de son MacBook
  • Le même aimant qui a sauvé la vie de tant de maladroits
  • Le “dong” qui personnalisait tant le Mac au démarrage
  • La pomme illuminée à l’arrière de l’écran qui rendait un Mac visible à l’autre bout d’une boite de nuit lorsqu’un DJ mixait
  • La petite vidéo de bienvenue à l’installation d’OSX
  • La Pomme sur le clavier
  • On n’avait pas de Wi-Fi pourri puisqu’on avait un AirPort super performant
  • L’idée que l’objet était passé mille fois entre les mains d’un Steve Jobs exigeant

Tous ces petits détails ont disparu un à un… et font qu’aujourd’hui les Mac sont des machines magnifiques techniquement, mais d’une froideur qui fait peur. Dommage.

Coup de gueule d’un Macophile perdu

Mon premier Mac était un Powerbook 12 pouces. Je ne suis donc pas un macophile de la première heure, mais ça fait maintenant 12 ans que j’ai abandonné, sans aucun regret, l’univers des PC.

Pour moi, la découverte du Mac, avec à l’époque OSX 10.3, c’était un cocktail unique entre simplicité d’usage, stabilité, accès aux applications les plus courantes, et univers Unix. Pour le Linuxien que j’étais, c’était le parfait compromis entre robustesse et simplicité : je trouvais enfin mon outil de travail qui me permettait de travailler au quotidien sans avoir à me soucier de la moindre bidouille, tout en profitant d’un environnement bien plus cohérent que ce qu’offraient les PC de l’époque.

L’aspect matériel n’est pas pour rien dans le plaisir d’utiliser un Mac : finition parfaite, puissance matérielle, et parfaite cohérence software/hardware. Bref, quelque chose d’équilibré, de pensé pour l’utilisateur.

Pour la première fois, à l’issue de la keynote d’hier présentant la nouvelle génération de MacBook Pro, mon premier réflexe n’a pas été d’étudier le détail des fonctionnalités de la bête, mais.. d’aller voir l’offre concurrente. Asus, HP, et il faut bien admettre que la comparaison est cruelle.

Un catalogue incohérent

Certes, le prix excessif des Mac n’est pas une nouveauté : ça fait longtemps qu’on sait qu’ils sont vendus à prix d’or, que l’utilisation quasi systématique d’adaptateurs est agaçante, et que les performances ont été plus d’une fois sacrifiées sur l’autel du design, avec la course au plus châssis le plus fin. Mais on a atteint là des sommets d’incohérence et d’offre en décalage avec les besoins.

Si on regarde le catalogue actuel des Mac portable, voici ce qu’on a :

  • une entrée de gamme portable constituée d’une machine de 2013, le MacBook Air 13 pouces, largement au dessus de 1000 euros (1 099), et doté d’un écran inacceptable au vu du prix (sans parler du stockage minimaliste…)
  • une “vraie” entrée de gamme, le MacBook, au prix inaccessible pour un usage “d’entrée de gamme” (1 449 euros), et aux performances anémiques. L’utilisation d’un CPU m3 est un scandale au vu du prix. J’imagine que le futur de cette entrée de gamme passera par un CPU ARM/Apple, en attendant, ça reste une machine bancale, qui montre le futur sans doute, mais sans permettre de l’atteindre
  • un MacBook Pro tellement cher qu’il est proposé en trois points d’entrées : l’ancien MacBook Pro, qui serait une bonne affaire si son prix avait un peu baissé (ce n’est pas le cas) ; le nouveau MacBook Pro mais sans TouchBar, à l’intérêt très limité d’autant plus que son électronique est au rabais. le “vrai” nouveau MacBook Pro qui est diablement séduisant, mais avec un ticket d’entrée délirant.
  • Le MacBook Pro 15″ est finalement le plus cohérent, avec des tarifs élitistes, mais destiné à une clientèle élitiste.

Bref, la gamme est illisible, avec d’anciens modèles indécents dont la présence n’est liée qu’au prix, et d’autres modèles qui sentent fort la phase de transition.

Et je ne parlerai pas de la gamme “bureau” des Mac, qui est aujourd’hui complètement scandaleuse et inadaptée : qui va acheter aujourd’hui un Mac Mini pas mis à jour depuis plus de deux ans ? Un MacPro inchangé depuis plus de trois ans ? et même un iMac qui, bien qu’un peu plus récent, mériterait sans doute un upgrade…

Un nouveau modèle contestable

Quant au nouveau MacBook Pro.. il est “parfait” au sens de la finition, de la conception, comme d’hab j’allais dire. Mais de là à dire qu’il est irrésistiblement attirant…

J’ai le temps de changer d’avis, mais la Touch Bar me semble un gadget plus qu’autre chose : tout utilisateur d’ordinateur travaille à savoir taper au clavier sans avoir à le regarder. Quelle est la logique ergonomique de faire un retour en arrière sur ce point ? Et le caractère éphémère, en perpétuel changement, de son interface, risque de pas mal perturber. Ne pas avoir la certitude d’avoir à portée de main les touches de réglage du son, par exemple, me contrarie, personnellement. De plus, la plupart du temps, les raccourcis proposés sont les mêmes que ceux disponibles à un clic de souris. Bref, ça risque d’être une solution un peu bâtarde :

  • pour les fans du clavier, on perd le côté “usage sans regarder le clavier”, et la certitude de pouvoir utiliser ses raccourcis habituels
  • pour les afficionados de la souris ou du trackpad, l’intérêt de jongler entre souris et clavier laisse dubitatif
  • pour tous ceux qui vont utiliser un clavier/écran déporté une fois au bureau (soit, par exemple, 99% des postes faisant de l’édition vidéo), cette solution apparait complètement inutile

Cette Touch Bar est clairement une réponse compatible avec le “dogme” qui prédomine chez Apple depuis Steve Jobs : un écran d’ordinateur ne doit pas être tactile. Le récent Surface Studio de Microsoft, qui pourrait être un lointain successeur du génial iMac G4, montre qu’il est possible, d’un point de vue matériel du moins, de bénéficier des deux mondes, avec une réelle envie d’innovation, de prise de risque.

La disparition du MagSafe me contrarie beaucoup : je ne compte pas le nombre de fois où j’ai sauvé mon Mac d’une mort certaine grâce à cet astucieux connecteur. Et puis, dans les multiples petits détails qui faisaient (quelle tristesse de devoir parler à l’imparfait) la différence : il n’y aura plus désormais de petite LED sur le connecteur pour signaler s’il est bien enclenché, si l’ordi est en charge… Seule consolation : on va pouvoir rapidement pouvoir alimenter son Mac avec des chargeurs qui seront probablement moins onéreux, et plus solides, que ceux fournis d’origine.

Mais ce n’est pas la seule frustration ; plusieurs détails montrent l’incohérence totale de la politique d’Apple concernant les connecteurs :

  • impossible de recharger une Magic Mouse sans adaptateur, puisque le câble fourni avec la souris est en USB
  • impossible d’utiliser des écouteurs Lightning pourtant sortis il y a moins d’un mois, puisqu’aucun port Lightning n’est présent

Alors, bien évidemment, la politique d’Apple de forcer à un nouveau standard, et c’est sans doute leur rôle, au vu de leur puissance. Mais forcer DEUX standards simultanément, incompatibles entre eux, est complètement aberrant.

Des performances déjà dépassées

Mais le plus gênant est de devoir se coltiner des performances d’arrière garde :

  • DDR3 pour la RAM,
  • CPU avec une génération de retard,
  • GPU disponible uniquement sur la version 15 pouces, avec des performances déjà contestées,
  • caméra frontale en 720p, alors que même un “simple” iPhone 7 propose du 1080p

“frustration” est un mot faible lorsqu’on se retrouve à acheter une machine hors de prix, qui vient de sortir, tout en sachant qu’elle a déjà un train de retard. Finalement, seuls les connecteurs, en Thunderbolt 3, sont pleinement d’actualité. Mais quel intérêt de proposer une machine avec 4 ports Thunderbolt-3 si c’est pour ne pas pouvoir exploiter les capacités, par exemple, de deux écrans 5K connectés simultanément, faute de puissance suffisante ou de GPU absent ou anémique ?

Un modèle classique de chez HP propose aujourd’hui, à tarif équivalent, des performances et un équipement autrement plus complet et à la pointe des technologies disponibles actuellement.

Même le design n’est pas spécialement enthousiasmant : certes, on reprend ce qui était déjà un progrès du côté du MacBook (le clavier “papillon” en tête), certes le trackpad agrandi sera confortable, mais les bords noirs autour de l’écran, pour ne reprendre que cet exemple, sont toujours aussi épais, là où d’autres constructeurs arrivent à des miracles. On aurait pu rêver d’un 14 ou 15 pouces dans le châssis du 13… ça ne sera pas pour cette fois.

Et maintenant ?

Bref… je ne me reconnais pas dans ces nouveaux produits. Jusqu’à présent, les Mac étaient des merveilles technologiques, des outils très pragmatiques pour l’informaticien que je suis, tout en apportant un gros plus en terme de design qui était appréciable. Ce que Steve Jobs avait décrit dans une keynote par “The power AND the sex”. On le sentait depuis un moment, tout ceci n’est plus désormais qu’une affaire de design. Sans même parler de la fermeture totale du matériel, n’importe quel argument rationnel pousse à abandonner le Mac. N’importe quel argument, sauf bien sûr MacOS, que je ne peux pas m’imaginer quitter.

Qu’espérer pour la suite ? Je me prends à espérer que le MacBook d’entrée de gamme soit rapidement boosté par un processeur ARM. Il y perdra en versatilité, mais au moins il pourra bénéficier de la puissance qui est disponible dans les iPhone et iPad. Et peut-être cela sera-t’il le premier pas vers des appareils hybrides pouvant faire fonctionner des apps Mac ET iOS dans un même environnement.

Mais plus ça va, plus je finis par me dire que la vraie réponse, pertinente, innovante, ne pourra pas venir d’Apple, ou du moins de l’Apple d’aujourd’hui, complètement orienté design et marketing, avec plus personne pour être la “conscience client”, rôle que jouait Jobs à merveille dans l’entreprise. Un article récent affirmait que Tim Cook était le Steve Ballmer d’Apple : un gestionnaire capable de faire exploser le chiffre d’affaires, mais sans aucune vision produit, laissant la porte ouverte à des initiatives internes nombreuses mais incohérentes et au final ne menant pas à grand chose. Je déteste glisser dans le “c’était mieux avec Steve”, mais il est aujourd’hui difficile de ne pas faire ce constat…

 

Comparaison MacBook Retina / HP Envy

Je n’ai pas pour le moment très envie de commenter la sortie des nouveaux MacBook Pro, je trouve juste l’évolution d’Apple décevante, et les tarifs invraisemblables. Je pardonnerais beaucoup si ils permettaient de s’offrir le hi-tech de la technologie, mais là, la comparaison entre le nouveau MacBook Pro 13″ dans sa version “d’entrée de gamme” (sans le TouchBar) avec un “simple” HP Envy récent, à tarif égal, est particulièrement cruelle :

Marque HP Envy MacBook Pro 13"
Prix 1 699 euros 1 699 euros
CPU i7 Kaby Lake 2.7Ghz i5 Sky Lake 2.0Ghz
GPU Intel HD 620 Intel 540
Résolution 3200×1800 2560×1600
Mémoire 16Go 8Go
Disque dur SSD 1To SSD 256Go
Poids 1.3Kg 1.37Kg
Connectique HDMI+2USB+1USB-c 2USB-c
Autonomie 14h 10h

Sans commentaire… Malheureusement.

La version “avec TouchBar” est plus difficile à comparer, puisqu’aucun concurrent sur le marché n’en dispose.

Encore une fois, j’ai longtemps été prêt à dépenser plus pour avoir une machine parfaite, puissante. Qu’elle ne soit plus évolutive me chagrinait, mais c’est une couleuvre que j’ai accepté d’avaler. L’abandon de tout un tas de connecteurs en a été une autre. Avec ces nouveautés, on a un portable certes superbe, bien fini, mais avec des défaillances techniques inquiétantes : comment accepter une génération de retard sur les CPU ? L’abandon du Magsafe ? L’absence totale d’adaptateurs ? Un écran n’évoluant quasiment pas ?

Et surtout une telle envolée des prix… On est loin de l’époque où un portable Apple d’entrée de gamme se trouvait à 1000 euros, un milieu de gamme à 1500, et un haut de gamme à 2200-2400 euros.

Je ne me fais pas (trop) de souci, l’attractivité d’Apple reste là. Et le TouchBar est une nouveauté que j’ai hâte d’essayer. Et surtout, macOS reste encore un incontournable que plein de gens, moi le premier, ne sont pas prêts d’abandonner…

Retour sur la présentation de l’iPhone 7

Comme parfois, voici mes quelques réflexions suite à cette Keynote pas vraiment passionnante :

  • On était largement préparé psychologiquement suite aux “fuites” plus ou moins organisées sur le look du nouvel iPhone, mais l’absence de vrai nouveau design reste une déception. Ive perfectionne ce qui a fait le succès de l’iPhone 6, avec quelques détails qui font converger le téléphone vers quelque chose d’idéal d’un point de vue esthétique (les “lignes” à l’arrière des antennes se voient moins, le bas du téléphone est parfaitement symétrique, les boutons de volume sont mieux intégrés…), mais on ne peut s’empêcher d’être déçu du manque d’ambition. La rumeur dit qu’un changement radical était prévu (écran sur toute la surface du téléphone) mais que la prouesse technique nécessite un an supplémentaire de développement… wait and see !
  • Les deux nouvelles “couleurs” (dont un noir brillant qui personnellement me rappelle les pires heures de l’iPhone 3G et son arrière en plastique) font parler les puristes, mais j’avoue avoir du mal à accrocher à ces discussions, étant donné que 99% des utilisateurs vont ensuite camoufler leur téléphone derrière une coque…
  • L’absence de prise jack fait jaser mais n’est finalement que dans la suite de ce que fait Apple depuis toujours (disparition des disquettes sur l’iMac, du lecteur de CD sur le MacBook Air…), et ne gênera au final pas grand monde (d’autant plus que l’adaptateur jack-Lightning est étonnamment bon marché – 9 euros. En revanche, l’enfermement dans l’écosystème Apple est rageant (impossible d’utiliser un casque en USB-C, impossibilité d’utiliser un AirPod Lightning ou des EarPods sur autre chose que du matériel Apple…)
  • Finalement, le seul “use case” où l’absence de jack est handicapante est l’impossibilité (hors Bluetooth) de charger son téléphone tout en utilisant un casque. Une solution élégante aurait été d’implémenter une recharge sans connecteur, comme cela existe sur la Watch ou sur d’autres téléphones. Ca ne sera pas pour cette fois…
  • Cet iPhone risque d’être en revanche en gros progrès du côté de la fiabilité. En le rendant étanche et en supprimant le bouton “Home”, Apple supprime ainsi les deux plus gros facteurs de panne.
  • L’upgrade de mémoire, avec 32Go minimum, et une version à 256Go, était impératif, c’est maintenant fait, ouf. Mais les écarts de prix entre les différents modèles restent honteux
  • Les AirPods sont hors de prix (179 euros !), semblent bluffants techniquement (la promesse de ne plus avoir à appairer les écouteurs à chaque bascule de matériel, plus la “propagation” de la reconnaissance du matériel via iCloud est géniale), mais 5h d’autonomie est bien trop court pour en faire un produit acceptable. En tant qu’utilisateur d’écouteurs Bluetooth, j’accepte de les recharger une fois par semaine, au delà, ça devient contraignant. Comme souvent, il faudra savoir attendre des versions ultérieures du produit.. En tout cas, c’est clairement le deuxième produit “wearable”, après la Watch, d’Apple. Sans doute pas le dernier…
  • L’Apple Watch series 2 est tout simplement ce qu’aurait dû être la première Watch : GPS, étanchéité, CPU plus rapide, c’est tout ce qu’on attendait. Ah oui, et aussi une meilleure autonomie, mais ça ne sera à priori pas pour cette fois… Dommage aussi que les prix aient augmentés pour l’Europe ! (419 euros contre 399 euros pour la précédente version). La première version reste au catalogue, à 319 euros.
  • Petit coup de coeur pour la version “Nike+” de la montre : avec des bracelets sport sympa, et du software fait sur mesure pour Nike, elle risque d’attirer pas mal de sportifs
  • D’une manière générale, Apple semble “caricaturer” ses produits pour mieux les vendre : ils ne communiquent quasiment qu’autour du fitness pour la Watch, et qu’autour de la photo (et un peu les jeux) pour l’iPhone
  • Une petite remarque sur le calendrier : les iPad ayant été révisés en prix, et macOS Sierra annoncé pour le 20 septembre, les chances d’une seconde keynote en octobre pour présenter de nouveaux iPad, et surtout de nouveaux Mac, s’amenuisent…
  • Dernière remarque sur les iPad : l’iPad Air 2 est aujourd’hui exactement au même prix que l’iPad mini 4, à CPU et mémoire équivalents. Apple voudrait tuer l’iPad mini qu’il ne s’y prendrait pas autrement…

FBI, Apple, et chiffrement

La polémique du moment, c’est la lettre ouverte de Tim Cook, CEO d’Apple, face à une demande du FBI concernant l’accès à des données stockées dans l’iPhone d’un terroriste.

Je ne vais pas reprendre la base du débat, d’autres l’ont déjà fait bien mieux que je ne saurai le faire.

En revanche, certains aspects de la discussion me posent problème, en particulier sur la position d’Apple qui se pose ainsi en défenseur des libertés individuelles.

Sur la rétention et la protection des données, le discours de Cook me semble relativement ambigu : en creusant un peu et en lisant entre les lignes, on peut ainsi comprendre que cette protection est à géométrie variable, puisqu’Apple accepte régulièrement de fournir le contenu des comptes iCloud de ses utilisateurs, sur demande de la justice. Or, ces comptes intègrent déjà une bonne partie des données de l’utilisateur, comme le précise un article fort bien documenté de MacGénération. Ces données s’additionnent à celles stockées par les opérateurs téléphoniques (SMS, coups de fils passés, localisation géographique), et qui elles aussi sont déjà fournies aux autorités.

Ce à quoi s’oppose Apple, ce n’est donc pas d’ouvrir la boite de Pandore de l’accès aux données par les autorités, comme le craignent certains, puisqu’ils le font déjà !

Non, ce qui pose problème à Cook, c’est d’étendre cette action au contenu du téléphone lui-même, qui est réputé, à juste titre apparemment, comme étant sur-sécurisé, en particulier avec les fonctions récentes de lectures d’empreintes digitales qui permettent de stocker le contenu le plus crucial dans une “enclave” uniquement accessible par l’utilisateur. On parle là des bases de mots de passe, des coordonnées bancaires, etc…

Ce que demande le FBI, c’est la conception d’une version modifiée du système d’exploitation de l’iPhone, qui permettrait d’effectuer des opérations telles que la découverte du mot de passe en mode “Brutal force”, c’est à dire en tentant toutes les combinaisons possibles. C’est impossible en standard (le mécanisme se bloque au bout de quelques essais), mais ça pourrait l’être si le système d’exploitation ne gérait plus ce verrou. Et c’est ce que demande le FBI.

Apple argumente qu’un tel système d’exploitation diffusé “dans la nature” serait terrible, ce qui est vrai. Mais je me demandais pourquoi un compromis n’était pas possible faisant en sorte qu’Apple ne diffuse jamais ce système d’exploitation, mais fasse lui même sauter les verrous qu’on lui demanderait de faire sauter, ce qu’ils font déjà, rappelons le encore une fois, pour iCloud.

En lisant divers avis, j’en viens à la conclusion que la préoccupation de Cook n’est pas tant la protection des libertés, mais la défense de l’image extrêmement sécurisée de son produit phare, l’iPhone. Dire qu’un iPhone modifié pourrait devenir une passoire serait terriblement préjudiciable pour l’image de marque d’Apple, qui fait beaucoup d’efforts, réels, pour sécuriser au mieux son téléphone.

Après, que le débat permette à Cook de se présenter en défenseur des libertés est toujours bon à prendre pour lui. Mais la réalité, comme le prouvent ces accès à iCloud, est malheureusement différente.

Peu m’importe ici de dire qu’Apple joue à un jeu de dupes. Mais il me semble en revanche important de réaliser que cette lutte n’est pas, ou plus, pour lutter pour une préservation totale des libertés individuelles et de la vie privée : cette confidentialité est déjà mise à mal depuis déjà bien longtemps, et Apple n’est qu’un acteur parmi tous les autres qui s’alignent déjà sur ce positionnement. Et le discours angélique de Cook ne doit pas laisser croire que la situation est parfaitement clean, puisqu’elle ne l’est pas.

Toutefois, même biaisé, ce débat n’est sans doute pas inutile, et qu’un acteur majeur comme Apple se positionne aujourd’hui comme défenseur des données privées est un acte important. Cela permet au moins de remettre sur la table la question centrale de tout cela, à savoir : doit on sacrifier de sa liberté pour sa sécurité.

Premiers retours sur l’AppleTV 4ème génération

Bon, autant le dire tout de suite : autant certains virages d’Apple ont pu me laisser perplexe, autant je crois beaucoup à l’avenir de cette AppleTV. Faussement peu spectaculaire, elle amène des possibilités qui, j’en suis persuadé, vont beaucoup nous étonner dans les mois à venir. Certes, ce n’est pas la première fois, loin de là, qu’on nous fait le coup de “l’AppStore” sur grand écran (il y en a même un intégré à ma TV Samsung !). Mais la puissance de frappe de la communauté de développeurs autour d’iOS risque d’amener des choses réellement étonnantes.

  • Beaucoup de jeux pour l’instant sur le store. Certains sont déjà très matures, écosystème iOS oblige. La conversion d’un jeu iPhone sur AppleTV semble relativement aisé, au vu de la richesse de certains titres que j’ai pu essayer.
  • L’installation est simplissime, avec une configuration réduite à l’extrême : l’AppleTV détecte l’iPhone aux alentours en Bluetooth, et va piocher dans sa configuration pour récupérer les accès Wifi, le login iTunes, etc… Plus que jamais, l’écosystème Apple marche à plein tube.
  • Un petit détail mais qui change beaucoup de choses dans l’usage “au quotidien” de l’engin : la possibilité de télécommander entièrement son système avec la télécommande Apple. Grâce au HDMI-CEC, la TV s’allume en même temps que la box. Mais il est également possible de programmer son AppleTV pour qu’elle serve de télécommande à son ampli homecinéma. Je peux donc allumer, éteindre, changer le volume de toute mon installation. Et, cerise sur le gâteau, plus de soucis de piles avec cette télécommande rechargeable via un câble Lightning.
  • Détail en revanche agaçant : une fois sur deux, on prend la télécommande à l’envers, vu qu’elle est quasi-symétrique.
  • Dernier point du côté de la télécommande : l’application “Remote” des iPhone et Apple Watch n’est pour l’instant pas compatible. J’imagine que ça aussi viendra rapidement…
  • Déception du côté de SIRI : l’intégration d’un micro dans la télécommande est une bonne idée, et on se prend vite au jeu de “parler” à sa TV, tout aussi ridicule que cela soit. Malheureusement, l’étendue des pouvoirs de Siri est pour l’instant limité, et il n’est pas possible de fouiller dans le catalogue (dense) d’Apple Music, par exemple. Dommage, ça aurait été l’usage principal que j’en aurai fait. Bon, à priori ça va arriver d’ici quelques semaines…
  • En parlant d’Apple Music, la “curation” mélangeant playlists faites à la main et profiling en fonction de ses écoutes prend tout son sens ici, c’est parfaitement adapté à un usage via télécommande. Et si c’était ça la “vision” qu’avait Steve Jobs de l’usage de la télévision ? On ne le saura jamais, mais il est clair que c’est ce qu’Apple avait en tête en sortant en juin dernier ce service de musique.
  • Et pour parler des apps… Le template plus ou moins imposé par Apple amène à avoir pour le moment des applications qui se ressemblent beaucoup. Les acteurs majeurs de la vidéo sont là (Youtube, Netflix, Hulu), les français sont rares (Canalplay, Arte.. et c’est à peu près tout pour le moment).
  • L’AppStore est super mal foutu. Pour trouver des applications intéressantes, on est souvent amené à faire une recherche par les premières lettres. Pas terrible…
  • Je me suis amusé à lire une revue sur ma TV, non pas avec une app dédiée (il n’y en a pas encore), mais avec l’appli Kiosk de mon iPhone reroutée via AirPlay sur mon téléviseur. Et c’était étonnamment agréable. En HD, l’ensemble est bien lisible, et zoomer sur un article permet une lecture plutôt confortable. Je crois qu’il y a là une piste à creuser.

Portrait mitigé donc… Mais la plupart des défauts évoqués ici sont rectifiables dans les mois à venir. Et, surtout, je suis persuadé que les apps à venir vont être étonnantes. J’attends en particulier beaucoup des possibilités d’apps “transverses”, avec une expérience qui suit l’utilisateur sur son téléphone, son ordinateur… et maintenant sa télé.

Dans les idées qui me viennent :

  • une chaîne “Cuisine” comme on a pu en connaître, mais entièrement en VOD, et avec des fonctionnalités d’e-commerce, des fiches cuisines accessibles via la télécommande…
  • une app de coaching sportif utilisant à la fois l’accéléromètre de sa montre ou de son téléphone et le grand écran du téléviseur
  • une déclinaison de PocketCast sur AppleTV permettant de retrouver confortablement dans son salon la fin du podcast qu’on a commencé à écouter dans le métro avec son téléphone
  • des jeux en réalité augmentée utilisant la caméra de l’iPhone et l’écran de sa TV

La liste pourrait être longue, et les prochains mois seront passionnants !

Notes en vrac après la keynote Apple de septembre 2015

Comme d’hab, quelques notes en vrac suite à la riche présentation d’Apple de ce soir :

  • RAS du côté de l’iPhone 6S, mais on s’y attendait un peu : ça fait déjà longtemps que l’iPhone ne fait qu’évoluer de manière incrémentale. Il faudra tout de même étudier dans le détail l’usage du Force Touch (pardon, du 3D Touch), qui peut changer la façon d’utiliser un portable. Marrant de voir comment Apple s’est réapproprié le bon vieux “menu contextuel” qu’on obtenait avec un clic droit de souris !
  • Et puis tout de même : une caméra 4K dans sa poche, c’est quand même impressionnant !
  • La fonction “Live Photos” est quand même un peu WTF. Mais c’est tellement idiot que ça peut marcher ! Par contre ça va prendre une place dingue en mémoire ça… Heureusement que l’iPhone a plein de mémoire à disposition… ou pas.
  • Seulement 16Go, c’est vraiment n’importe quoi en 2015… Dommage, ça aurait pu être un bon facteur différenciant iPhone6/6S
  • Je pensais, après avoir vu le nouveau Macbook, qu’Apple allait doucement glisser vers l’USB-c, et abandonner son port Lightning propriétaire. Mais là, il y a du Lightning partout : sur l’iPad Pro bien sûr, mais aussi pour recharger le stylet, ou la télécommande de la nouvelle AppleTV. Du coup, je pense que l’USB-c va, étonnamment, resté cantonné à la gamme Mac. Sauf à voir apparaitre sous peu un nième adaptateur…
  • Il est clair que l’iPad Pro est aligné sur la Microsoft Surface Pro. Quelle ironie de voir Microsoft sur scène pour vanter les bénéfices du software fonctionnant sur iPad ! Maintenant il faut voir à l’usage si stylet et clavier sont suffisamment aboutis pour devenir des outils de saisie au quotidien
  • Etonnant de voir qu’Apple est resté en retrait sur la partie software, allant jusqu’à mettre en avant Microsoft Office au détriment de Pages et Numbers.
  • L’apparition d’un stylet, s’il a fait rire les cyniques qui ont bien sûr ressorti les interventions de Steve Jobs contre cette idée, n’est rien d’autre qu’une avancée pragmatique : ça fait longtemps que ceux qui veulent dessiner ou prendre des notes sous forme de schémas sont frustrés par leur iPad. L’essentiel est dans le positionnement d’iOS, inchangé : contrairement à une Microsoft Surface, on reste sur un OS 100% conçu pour un usage tactile. Et c’est le plus important.
  • L’Apple Watch évolue lentement, et le deal avec Hermès est astucieux et montre la voie : c’est un accessoire de mode autant qu’un gadget de geek. Mais je me demande comment tout cela va évoluer. Si l’Apple Watch 2 (qui sortira en 2016 ?) évolue beaucoup, elle laissera un goût amer aux premiers acheteurs. J’imaginerais plus une évolution modeste, mais avec un bracelet plus actif, pourquoi pas avec des capteurs supplémentaires.
  • Le secteur de la santé semble vraiment au coeur des préoccupations, même si les looks bedonnant des VP Apple ne montrait pas vraiment l’exemple !
  • Enfin, pour moi, la vraie énorme nouvelle est l’Apple TV : tout ce qui était présenté était extrêmement pertinent, et impressionnant. N’y voir qu’une sorte de Wii pour bobos avec des jeux casual est une grave erreur ; l’AppStore risque d’amener de très grosses surprises. Bien sûr qu’il est déjà possible de publier des apps pour TV avec AndroidTV, mais Apple a un pouvoir marketing suffisant pour imposer une plateforme et conquérir des parts de marché suffisantes pour entrainer les plus grands.
  • En particulier, la démo, passée presque inaperçue, des scores de baseball en synchronisation avec un match broadcasté était très impressionnant. Pour la première fois, on voit une application grand public conciliant la “télé” comme on l’entend, et l’interactivité que permet une app. Avec la capacité de négociation d’Apple avec les grands groupes de TV, on risque d’avoir de grosses surprises dans les mois à venir.

Par contre, l’annonce sous forme de clin d’oeil de la sortie d’OSX El Capitan le 30 septembre laisse à penser qu’il n’y aura pas, comme on a l’habitude de les voir, de Keynote en octobre : sans lancement d’OS, sans iPad, une deuxième présentation perd de sa substance. On peut imaginer qu’Apple cherche à rééquilibrer ses lancements, avec des lancements “iOS” à l’automne, et des lancements “Mac” en début d’année ou au printemps. L’avenir nous le dira !

Apple Music est-il si peu intéressant que cela ?

Je ne pense pas me tromper en disant que beaucoup sont ressortis assez perplexe du « One more thing » façon Tim Cook pour cette WWDC 2015 : Apple Music est un fourre tout d’idées, pour bonne partie recyclées, dont il est assez difficile de se faire une idée précise.

Et puis il faut avouer que la présentation sur scène a été des plus laborieuses : Jimmy Iovine, qui faisait ici sa première apparition publique en tant que VP Apple, n’a pas franchement enthousiasmé les foules, avec un ton hésitant et pas mal de cafouillages, même si l’idée présentée était plutôt intéressante : rassembler en un seul écosystème cohérent des éléments plutôt éparses : ses disques, son offre de streaming, les informations des artistes.. Si on raisonne en terme d’aglomérat de services, ça donnerait : iTunes + Spotify + MySpace.

Eddy Cue, le VP Apple chargé des négociations et deals avec les partenaires, ainsi que de tout ce qui concerne les plateformes Internet, n’était pas franchement plus convaincant, avec une présentation longue et laborieuse des moindres fonctions de l’app Music pour iPhone.

Oui, car un des trucs à retenir est que la plateforme de musique d’Apple utilise désormais l’iPhone comme point d’entrée principal. Une version « revue » d’iTunes révisée est annoncée, tout comme une app Android d’ailleurs, mais la priorité est bel et bien sur de la musique itinérante.

J’ai été pendant quelques jours assez perplexe sur la position d’Apple. Où est l’innovation, où est la killer-feature qui va faire que ce produit sera un succès ?

Le premier levier qu’Apple tente d’utiliser, en coulisse, pour imposer son produit, est assez vicieux : convaincre les éditeurs musicaux de ne plus accepter une diffusion gratuite contre pub de leurs morceaux. En d’autres termes, contraindre les concurrents Deezer et Spotify d’abandonner leur meilleur outil de conversion : l’offre gratuite.

Deuxième levier, assez conforme à l’idée de l’écosystème Apple : l’offre familiale. En effet, autant l’offre ‘solo’ est alignée sur les autres, à $9,99 par mois, autant l’offre familiale, proposant 6 comptes pour $14,99 est inédite (et fait hurler les professionnels de la musique, qui voient leur marge se réduire encore un peu plus).

Mais si l’on intéresse à l’expérience utilisateur, regrouper toute sa musique, achetée et louée, n’est pas forcément stupide. Spotify propose d’ailleurs cette fonction sur l’app Mac ou PC, mais le résultat n’est pas très probant.

Apple prend le problème dans l’autre sens, en intégrant du streaming sur la base d’une application faite pour gérer des fichiers « achetés ». C’est finalement tout simple et presque magique : si le morceau n’est pas présent localement, on va le streamer sur un serveur d’Apple. C’est finalement très proche de ce que proposait iTunes Music Match, mais en franchissant en plus le rubicon de l’offre de streaming. Apple n’avait jusqu’à présent jamais pris le risque de bouger de son modèle économique de la vente au morceau.

On peut imaginer que le temps écoulé pour qu’Apple prenne le risque d’aller sur une offre de streaming était aussi le temps d’attendre que l’offre iTunes actuelle s’effondre (ça fait un moment qu’Apple ne donne plus de chiffres de vente sur la partie musique de son activité, les chiffres annuels mélangeant tous les Store, musique, vidéo, apps…). Reste maintenant à voir comment le service va évoluer dans les prochains mois ! Le couperet de la conversion en abonnement payant, courant octobre 2015, sera une étape décisive pour l’avenir du projet.

 

News, music et watch : WWDC 2015

La rituelle Keynote d’Apple était cette année assez peu surprenante, tellement le recyclage d’idées déjà présente ailleurs était flagrant.

Cupertino, start your photocopiers

Que retenir, certaines choses tout de même :

  • Apple Pay a tout pour devenir une lame de fond… mais les difficultés juridiques et contractuelles font que son apparition est encore très limitée, avec le Royaume-Uni en plus des USA.
  • News reprend la logique d’un Flipboard, avec une interface particulièrement réussie et qui fait réfléchir au mouvement des titres de presse. Je pense que j’y reviendrai, entre autre en terme de logique économique : est-ce que les journaux sont condamnés à se ‘fragmenter’, et à proposer de l’article par article ? Ca serait un sacré challenge aussi bien économique qu’éditorial, et pas sûr qu’on y gagnerait beaucoup…
  • Apple Music a été présenté avec de grands effets de manche, pour une réalité qui est bien plus modeste mais en même temps pas simple à faire passer : comment passer d’un modèle économique où un morceau est facturé un euro, à un modèle sur abonnement avec des revenus bien moindres pour les artistes ? Comment évoluer sans se renier ? Le service n’a rien de révolutionnaire en tout cas, sorte d’agrégat de Spotify et de MySpace, et on a à priori du mal à voir quels sont les arguments permettant de basculer d’un service à l’autre
  • L’ouverture de watchOS (puisque c’est désormais son nom) aux développeurs amène un vrai bol d’air frais à cette montre pourtant toute neuve mais déjà pas mal décriée. En tout cas, on commence à percevoir la vraie dimension de ce qu’il sera possible de faire d’ici à quelques temps. Les possibilités, en particulier en terme d’appli Fitness, dépassent le stade du simple gadget pour aller vers une vraie plus value. A confirmer avec la créativité des développeurs… et les réelles possibilités de l’engin (on a peur pour la batterie !)
  • OSX arrive avec une promesse de stabilité et de performances accrues, et c’est déjà pas mal. Les nouveautés sont légères mais plutôt intéressantes, même si on ne peut s’empêcher de sourire à voir des concepts inaugurés sous Windows ou Android recyclés annoncés ici comme des évolutions majeures
  • Le discours sur le respect de la vie privée reste le principal facteur différenciant avec Android, même s’il se limite à un strict périmètre Apple, vu que les apps à installer peuvent quant à elle largement dépasser ce cadre et vampiriser vos données (on se souvient du cas de Facebook Messenger…)
  • L’ouverture en Opensource du langage Swift a provoqué une réaction enthousiaste de la part de l’auditoire. On peut toutefois rester un peu perplexe sur la capacité du langage à s’universaliser. Dans les faits, il a tout pour supplanter Java par exemple, mais une communauté se créera t’elle autour d’un tel nouvel acteur ?
  • On remarquera, côté iOS, la présence pour la première fois de fonctions exclusives iPad, et en particulier de fonctions ne tournant que sur le très récent iPad Air 2. Dommage pour les iPad mini 3, pourtant censés être ‘à la pointe’ ! C’est en tout cas le début d’une politique plus agressive destinée à faire renouveler le parc d’iPad qui stagne commercialement (et effectivement, de nombreuses personnes se ‘contentent’ tout à fait d’iPad datant de plusieurs années sans dommage).
  • C’est pas tout ça, mais Apple n’a toujours pas donné de chiffres de ventes pour la Watch…

Ce qui marque le plus est la grande cohérence de tout cela : Apple innove moins qu’un temps, recycle beaucoup d’idées venant d’ailleurs, dézingue de manière choquante des applications tierces qui ont ‘fait le boulot’ du défrichage, mais a clairement une vision et la porte d’un bout à l’autre de sa gamme. A peaufiner l’expérience utilisateur, on arrive sur quelque chose d’assez inédit en terme de maillage inter-plateforme. Si en plus les développeurs parviennent à tenir le pari d’une stabilité accrue, on obtiendra une machine de guerre assez redoutable, à défaut de faire rêver pendant les keynotes…

Et c’est cette grande cohérence qui risque de ressortir au final : un Apple Music n’a par exemple pas vraiment de “killer feature” par rapport à un Spotify, mais risque pourtant de prendre de nombreuses parts de marché avec une expérience utilisateur impeccable et une grande facilité d’usage d’une plateforme à l’autre. Il y a des fonctions qu’on adopte, enthousiaste, lors de keynotes, mais il y aussi celles, moins spectaculaires, qui se font leur place petit à petit dans le quotidien jusqu’à devenir évidentes et indispensables. Apple semble prendre ce créneau là…

PS : c’est pas pour me la péter (enfin un peu quand même, si), mais le concept de pouvoir visualiser un son dans l’onglet du navigateur, je l’ai lancée ici en… 2009. Apple, si vous voulez m’embaucher pour de nouvelles idées, c’est quand vous voulez 🙂