Préparez votre nouvelle année avec les mindmap

Ah, les résolutions du nouvel an… Vous savez, les trucs qu’on se promet très très fort, et qu’au mieux on tient quelques jours, et qu’au pire on aura oublié dès la soirée du réveillon passée.

Pourtant, le côté “page neuve” d’une année nouvelle, avec ce que cela amène d’espoir, d’envies, d’énergie renouvelée, est une belle occasion de se poser quelques questions sur sa vie, ses projets, et pourquoi pas en convertir quelques uns.

Déjà, commençons par ne pas parler de résolution, mais plutôt d’objectifs. Le but n’est pas ici de rêver à voix haute d’un idéal qu’on voudrait être, mais de se préparer mentalement à avoir une année constructive !

Dans toutes les directions

Je vous propose,  à la veille de cette nouvelle année, d’utiliser les techniques du mind-mapping pour réfléchir à ce que vous voulez vraiment pour cette nouvelle année. On pourrait se dire qu’une des conditions pour que des objectifs fonctionnent, c’est de ne pas en faire trop. Au maximum 2 ou 3, voire une seule. Là je vous propose de réfléchir sur 8 axes différents ! Mais, surtout de ne pas réfléchir de manière trop linéaire, mais plutôt dans un mode qui correspond probablement mieux à ce qui se passe dans votre tête, et dans votre vie : dans toutes les directions à la fois !

 

Pour faire ce schéma, j’ai utilisé l’application MindNode, qui existe sur Mac et sur iPhone/iPad. Mais il en existe tout un tas d’autres… et vous pouvez aussi bien entendu faire ce genre de schéma sur un simple bout de papier !

Huit catégories

Voici les 8 catégories que je vous propose, et qui sont inspirées d’une coach américaine :

  • Amour : que souhaitez vous pour votre vie à deux ? Que vous soyez en couple ou non, souhaitez vous une évolution ? Un perfectionnement ?
  • Fun : une vie équilibrée passe par des choses qui doivent être légères. J’ai mis par exemple pour ma propre année 2017 de passer un Weekend à Londres avec mes enfants
  • Santé : que voulez vous améliorer ? Arrêter de fumer ? Perdre du poids ? Quantifier un objectif (“-10kgs” par exemple) peut être une bonne idée
  • Carrière : quels sont les projets que vous souhaitez mener sur cette année à venir ?
  • Hobbies : s’investir dans un hobby est souvent un des meilleurs moyens de trouver un équilibre psychique. Je me suis fixé en 2017 d’apprendre à jour du Ukulele. On trouve plein de méthodes sur Youtube, ya plus qu’à m’en acheter un…
  • Esprit : un autre pilier fondamental est de réfléchir à sa propre spiritualité. On ne parle pas forcément de religion ici, cela peut prendre une toute autre forme. 2017 pourrait être par exemple une bonne occasion de se mettre régulièrement à la méditation !
  • Famille et amis : avez vous envie de reconnecter avec un proche qui s’est éloigné ? De reconstruire des choses, ou d’accorder plus de temps à un groupe d’amis en particulier ?
  • Argent : au delà des objectifs un peu flou (on aimerait tous avoir plus d’argent !), il est peut-être possible de déterminer des pistes plus précises, des ébauches de plan à dérouler au cours de l’année à venir.

En face de chaque “branche”, écrivez donc, en quelques mots simples, entre 1 et 3 objectifs. Peut-être que certaines branches seront plus légères que d’autres, ce n’est pas grave. Le plus important est que ce schéma représente votre équilibre de vie. On ne peut pas vivre que pour le travail, ni que pour les loisirs ; une vie épanouie s’appuie sur plusieurs piliers, tout comme une table ne peut tenir debout qu’avec plusieurs pieds.

Une fois ce schéma fait, imprimez le. Accrochez le à un endroit où vous passez régulièrement. Le mien est bien visible depuis mon bureau.

Visualisation au quotidien

Et ensuite… lisez ce schéma. Aussi souvent que possible. Tous les jours si c’est envisageable. Souvenez vous chaque jour que constituera cette année 2017 ce que vous avez souhaité de mieux pour vous-même. Ces techniques d’affirmation, de visualisation (n’hésitez pas à vous imaginer en train d’accomplir ces projets !) sont de vieux trucs de développement personnels mais qui marchent bigrement bien, à condition de les intégrer dans votre routine quotidienne. C’est pourquoi il est important d’avoir votre mindmap 2017 en permanence à portée de regard.

Une fois ce schéma bien en tête, et à portée de main, réfléchissez à comment exécuter ces objectifs. Quelles sont les étapes pour y parvenir ? Comment faire en sorte que chacun des longs chemins que vous recensez en tant qu’objectifs puissent commencer chacun par un simple premier pas ?

Je vous souhaite à tous une très belle, riche, et épanouissante année !

Finalement, les robots ne vont (peut-être) pas tuer nos jobs

Une remarquable conférence TEDx datant de cet automne remet en question pas mal de discussions autour de la robotisation, de l’automatisation qui est de plus en plus présente. Nombreux, dont moi, affirment haut et fort qu’il faut se préparer à une chute spectaculaire des emplois dans le monde, le numérique nous amenant à automatiser de très nombreuses tâches : les emplois de caissières, de routiers, d’accueil à la banque, pour n’en citer que quelques uns, sont très objectivement menacés à une échéance de moins en moins lointaine.

L’économiste David Autor nous propose une lecture un peu différente : certes, la destruction d’emploi est inévitable. Pire, elle n’est pas nouvelle : entre la fin du XIXème siècle et maintenant, le travail agricole aux Etats-Unis est passé de 40% de la population à moins de 2%. Du point de vue du paysan de 1850, c’est une nouvelle terrible. Mais si l’on regarde les choses autrement :

  • la créativité et l’inventivité humaine qui a permis de réduire de 98% la main d’oeuvre tout en continuant à assurer la mission de nourrir son peuple est impressionnante
  • la chute de cette manne de travail a provoqué un malaise dans l’inadéquation entre formation et emploi, mais a aussi provoqué l’explosion (et le financement) des lycées américains qui permettent les emplois (et les compétences) d’aujourd’hui
  • force est de constater qu’il n’y a pas plus de chômage aujourd’hui à l’époque. En revanche, la plupart des métiers actuellement pratiqués n’existaient pas, et n’étaient même pas imaginables à l’époque. Qui aurait pu à l’époque décrire le métier de développeur web, de prof de yoga, ou de dresseur de pokémons ?

Un autre aspect intéressant de la conférence, même s’il est moins surprenant -et bien moins positif- est le fossé qui se creuse entre la main d’oeuvre hautement qualifié, et celle non qualifiée. L’automatisation va en effet s’attaquer pour bonne partie aux activités d’une certaine “classe moyenne”, ne laissant champ libre, si l’on ne fait rien, qu’à des ingénieurs, ou de la “petite main” qui sera chargée de ce que les robots ne savent pas faire. Pas très réjouissante projection !

Les concepts tels que le revenu de base nous amènent à nous préparer à une chute drastique du nombre d’emploi. Mais réfléchir AUSSI avec d’autres perspectives est important, et le point de vue pondéré, réfléchi et argumenté de ce professeur est bigrement intéressant. A voir !

Vous ne ferez jamais une grande carrière

Dans ce talk un peu provocateur, mais qui touche au coeur, Larry Smith, un économiste canadien, nous remue au plus profond de nous même pour se poser une question d’importance : pourquoi ne ferons-nous pas une grande carrière ? Quels sont les freins, les excuses, les prétextes qui font que nous allons abandonner, ne pas explorer les pistes lancées par nos passions, nos envies. Continuer la lecture de « Vous ne ferez jamais une grande carrière »

Ces petits riens

En écho à l’excellent essai des nouveaux MacBook Pro de Numerama (et aussi plus modestement à mon article), j’ai réalisé que ce qui manque aujourd’hui le plus aux nouveaux MacBook, ce sont toute une série de petits détails, souvent presque insignifiants, qui faisaient que l’expérience d’utilisation du Mac était unique. En vrac :

  • Le carton “Designed by Apple in California” qu’il fallait soulever avant de découvrir son nouveau joujou en ouvrant l’emballage de mon premier Powerbook
  • La petite lumière qui pulsait en suivant les rythmes cardiaques sur le rebord lorsque mon Mac était en mode sommeil
  • L’enrouleur autour du bloc d’alimentation
  • L’aimant qui simplifiait le branchement de son MacBook
  • Le même aimant qui a sauvé la vie de tant de maladroits
  • Le “dong” qui personnalisait tant le Mac au démarrage
  • La pomme illuminée à l’arrière de l’écran qui rendait un Mac visible à l’autre bout d’une boite de nuit lorsqu’un DJ mixait
  • La petite vidéo de bienvenue à l’installation d’OSX
  • La Pomme sur le clavier
  • On n’avait pas de Wi-Fi pourri puisqu’on avait un AirPort super performant
  • L’idée que l’objet était passé mille fois entre les mains d’un Steve Jobs exigeant

Tous ces petits détails ont disparu un à un… et font qu’aujourd’hui les Mac sont des machines magnifiques techniquement, mais d’une froideur qui fait peur. Dommage.

Coup de gueule d’un Macophile perdu

Mon premier Mac était un Powerbook 12 pouces. Je ne suis donc pas un macophile de la première heure, mais ça fait maintenant 12 ans que j’ai abandonné, sans aucun regret, l’univers des PC.

Pour moi, la découverte du Mac, avec à l’époque OSX 10.3, c’était un cocktail unique entre simplicité d’usage, stabilité, accès aux applications les plus courantes, et univers Unix. Pour le Linuxien que j’étais, c’était le parfait compromis entre robustesse et simplicité : je trouvais enfin mon outil de travail qui me permettait de travailler au quotidien sans avoir à me soucier de la moindre bidouille, tout en profitant d’un environnement bien plus cohérent que ce qu’offraient les PC de l’époque.

L’aspect matériel n’est pas pour rien dans le plaisir d’utiliser un Mac : finition parfaite, puissance matérielle, et parfaite cohérence software/hardware. Bref, quelque chose d’équilibré, de pensé pour l’utilisateur.

Pour la première fois, à l’issue de la keynote d’hier présentant la nouvelle génération de MacBook Pro, mon premier réflexe n’a pas été d’étudier le détail des fonctionnalités de la bête, mais.. d’aller voir l’offre concurrente. Asus, HP, et il faut bien admettre que la comparaison est cruelle.

Un catalogue incohérent

Certes, le prix excessif des Mac n’est pas une nouveauté : ça fait longtemps qu’on sait qu’ils sont vendus à prix d’or, que l’utilisation quasi systématique d’adaptateurs est agaçante, et que les performances ont été plus d’une fois sacrifiées sur l’autel du design, avec la course au plus châssis le plus fin. Mais on a atteint là des sommets d’incohérence et d’offre en décalage avec les besoins.

Si on regarde le catalogue actuel des Mac portable, voici ce qu’on a :

  • une entrée de gamme portable constituée d’une machine de 2013, le MacBook Air 13 pouces, largement au dessus de 1000 euros (1 099), et doté d’un écran inacceptable au vu du prix (sans parler du stockage minimaliste…)
  • une “vraie” entrée de gamme, le MacBook, au prix inaccessible pour un usage “d’entrée de gamme” (1 449 euros), et aux performances anémiques. L’utilisation d’un CPU m3 est un scandale au vu du prix. J’imagine que le futur de cette entrée de gamme passera par un CPU ARM/Apple, en attendant, ça reste une machine bancale, qui montre le futur sans doute, mais sans permettre de l’atteindre
  • un MacBook Pro tellement cher qu’il est proposé en trois points d’entrées : l’ancien MacBook Pro, qui serait une bonne affaire si son prix avait un peu baissé (ce n’est pas le cas) ; le nouveau MacBook Pro mais sans TouchBar, à l’intérêt très limité d’autant plus que son électronique est au rabais. le “vrai” nouveau MacBook Pro qui est diablement séduisant, mais avec un ticket d’entrée délirant.
  • Le MacBook Pro 15″ est finalement le plus cohérent, avec des tarifs élitistes, mais destiné à une clientèle élitiste.

Bref, la gamme est illisible, avec d’anciens modèles indécents dont la présence n’est liée qu’au prix, et d’autres modèles qui sentent fort la phase de transition.

Et je ne parlerai pas de la gamme “bureau” des Mac, qui est aujourd’hui complètement scandaleuse et inadaptée : qui va acheter aujourd’hui un Mac Mini pas mis à jour depuis plus de deux ans ? Un MacPro inchangé depuis plus de trois ans ? et même un iMac qui, bien qu’un peu plus récent, mériterait sans doute un upgrade…

Un nouveau modèle contestable

Quant au nouveau MacBook Pro.. il est “parfait” au sens de la finition, de la conception, comme d’hab j’allais dire. Mais de là à dire qu’il est irrésistiblement attirant…

J’ai le temps de changer d’avis, mais la Touch Bar me semble un gadget plus qu’autre chose : tout utilisateur d’ordinateur travaille à savoir taper au clavier sans avoir à le regarder. Quelle est la logique ergonomique de faire un retour en arrière sur ce point ? Et le caractère éphémère, en perpétuel changement, de son interface, risque de pas mal perturber. Ne pas avoir la certitude d’avoir à portée de main les touches de réglage du son, par exemple, me contrarie, personnellement. De plus, la plupart du temps, les raccourcis proposés sont les mêmes que ceux disponibles à un clic de souris. Bref, ça risque d’être une solution un peu bâtarde :

  • pour les fans du clavier, on perd le côté “usage sans regarder le clavier”, et la certitude de pouvoir utiliser ses raccourcis habituels
  • pour les afficionados de la souris ou du trackpad, l’intérêt de jongler entre souris et clavier laisse dubitatif
  • pour tous ceux qui vont utiliser un clavier/écran déporté une fois au bureau (soit, par exemple, 99% des postes faisant de l’édition vidéo), cette solution apparait complètement inutile

Cette Touch Bar est clairement une réponse compatible avec le “dogme” qui prédomine chez Apple depuis Steve Jobs : un écran d’ordinateur ne doit pas être tactile. Le récent Surface Studio de Microsoft, qui pourrait être un lointain successeur du génial iMac G4, montre qu’il est possible, d’un point de vue matériel du moins, de bénéficier des deux mondes, avec une réelle envie d’innovation, de prise de risque.

La disparition du MagSafe me contrarie beaucoup : je ne compte pas le nombre de fois où j’ai sauvé mon Mac d’une mort certaine grâce à cet astucieux connecteur. Et puis, dans les multiples petits détails qui faisaient (quelle tristesse de devoir parler à l’imparfait) la différence : il n’y aura plus désormais de petite LED sur le connecteur pour signaler s’il est bien enclenché, si l’ordi est en charge… Seule consolation : on va pouvoir rapidement pouvoir alimenter son Mac avec des chargeurs qui seront probablement moins onéreux, et plus solides, que ceux fournis d’origine.

Mais ce n’est pas la seule frustration ; plusieurs détails montrent l’incohérence totale de la politique d’Apple concernant les connecteurs :

  • impossible de recharger une Magic Mouse sans adaptateur, puisque le câble fourni avec la souris est en USB
  • impossible d’utiliser des écouteurs Lightning pourtant sortis il y a moins d’un mois, puisqu’aucun port Lightning n’est présent

Alors, bien évidemment, la politique d’Apple de forcer à un nouveau standard, et c’est sans doute leur rôle, au vu de leur puissance. Mais forcer DEUX standards simultanément, incompatibles entre eux, est complètement aberrant.

Des performances déjà dépassées

Mais le plus gênant est de devoir se coltiner des performances d’arrière garde :

  • DDR3 pour la RAM,
  • CPU avec une génération de retard,
  • GPU disponible uniquement sur la version 15 pouces, avec des performances déjà contestées,
  • caméra frontale en 720p, alors que même un “simple” iPhone 7 propose du 1080p

“frustration” est un mot faible lorsqu’on se retrouve à acheter une machine hors de prix, qui vient de sortir, tout en sachant qu’elle a déjà un train de retard. Finalement, seuls les connecteurs, en Thunderbolt 3, sont pleinement d’actualité. Mais quel intérêt de proposer une machine avec 4 ports Thunderbolt-3 si c’est pour ne pas pouvoir exploiter les capacités, par exemple, de deux écrans 5K connectés simultanément, faute de puissance suffisante ou de GPU absent ou anémique ?

Un modèle classique de chez HP propose aujourd’hui, à tarif équivalent, des performances et un équipement autrement plus complet et à la pointe des technologies disponibles actuellement.

Même le design n’est pas spécialement enthousiasmant : certes, on reprend ce qui était déjà un progrès du côté du MacBook (le clavier “papillon” en tête), certes le trackpad agrandi sera confortable, mais les bords noirs autour de l’écran, pour ne reprendre que cet exemple, sont toujours aussi épais, là où d’autres constructeurs arrivent à des miracles. On aurait pu rêver d’un 14 ou 15 pouces dans le châssis du 13… ça ne sera pas pour cette fois.

Et maintenant ?

Bref… je ne me reconnais pas dans ces nouveaux produits. Jusqu’à présent, les Mac étaient des merveilles technologiques, des outils très pragmatiques pour l’informaticien que je suis, tout en apportant un gros plus en terme de design qui était appréciable. Ce que Steve Jobs avait décrit dans une keynote par “The power AND the sex”. On le sentait depuis un moment, tout ceci n’est plus désormais qu’une affaire de design. Sans même parler de la fermeture totale du matériel, n’importe quel argument rationnel pousse à abandonner le Mac. N’importe quel argument, sauf bien sûr MacOS, que je ne peux pas m’imaginer quitter.

Qu’espérer pour la suite ? Je me prends à espérer que le MacBook d’entrée de gamme soit rapidement boosté par un processeur ARM. Il y perdra en versatilité, mais au moins il pourra bénéficier de la puissance qui est disponible dans les iPhone et iPad. Et peut-être cela sera-t’il le premier pas vers des appareils hybrides pouvant faire fonctionner des apps Mac ET iOS dans un même environnement.

Mais plus ça va, plus je finis par me dire que la vraie réponse, pertinente, innovante, ne pourra pas venir d’Apple, ou du moins de l’Apple d’aujourd’hui, complètement orienté design et marketing, avec plus personne pour être la “conscience client”, rôle que jouait Jobs à merveille dans l’entreprise. Un article récent affirmait que Tim Cook était le Steve Ballmer d’Apple : un gestionnaire capable de faire exploser le chiffre d’affaires, mais sans aucune vision produit, laissant la porte ouverte à des initiatives internes nombreuses mais incohérentes et au final ne menant pas à grand chose. Je déteste glisser dans le “c’était mieux avec Steve”, mais il est aujourd’hui difficile de ne pas faire ce constat…

 

Comparaison MacBook Retina / HP Envy

Je n’ai pas pour le moment très envie de commenter la sortie des nouveaux MacBook Pro, je trouve juste l’évolution d’Apple décevante, et les tarifs invraisemblables. Je pardonnerais beaucoup si ils permettaient de s’offrir le hi-tech de la technologie, mais là, la comparaison entre le nouveau MacBook Pro 13″ dans sa version “d’entrée de gamme” (sans le TouchBar) avec un “simple” HP Envy récent, à tarif égal, est particulièrement cruelle :

Marque HP Envy MacBook Pro 13"
Prix 1 699 euros 1 699 euros
CPU i7 Kaby Lake 2.7Ghz i5 Sky Lake 2.0Ghz
GPU Intel HD 620 Intel 540
Résolution 3200×1800 2560×1600
Mémoire 16Go 8Go
Disque dur SSD 1To SSD 256Go
Poids 1.3Kg 1.37Kg
Connectique HDMI+2USB+1USB-c 2USB-c
Autonomie 14h 10h

Sans commentaire… Malheureusement.

La version “avec TouchBar” est plus difficile à comparer, puisqu’aucun concurrent sur le marché n’en dispose.

Encore une fois, j’ai longtemps été prêt à dépenser plus pour avoir une machine parfaite, puissante. Qu’elle ne soit plus évolutive me chagrinait, mais c’est une couleuvre que j’ai accepté d’avaler. L’abandon de tout un tas de connecteurs en a été une autre. Avec ces nouveautés, on a un portable certes superbe, bien fini, mais avec des défaillances techniques inquiétantes : comment accepter une génération de retard sur les CPU ? L’abandon du Magsafe ? L’absence totale d’adaptateurs ? Un écran n’évoluant quasiment pas ?

Et surtout une telle envolée des prix… On est loin de l’époque où un portable Apple d’entrée de gamme se trouvait à 1000 euros, un milieu de gamme à 1500, et un haut de gamme à 2200-2400 euros.

Je ne me fais pas (trop) de souci, l’attractivité d’Apple reste là. Et le TouchBar est une nouveauté que j’ai hâte d’essayer. Et surtout, macOS reste encore un incontournable que plein de gens, moi le premier, ne sont pas prêts d’abandonner…

Comment Twitter pourrait devenir un bien commun

Les commentateurs n’en finissent pas d’étudier le déclin de Twitter. Non pas que le service en lui-même décline, il n’a jamais été autant populaire. Mais d’un point de vue financier, il pose clairement de plus en plus de problèmes. Les deux griefs les plus relevés sont :

  • l’absence de croissance exponentielle. Le service croît, mais sans une poussée stratosphérique comme on pourrait en rêver pour une startup
  • la difficulté de trouver un modèle économique. Chaque rajout fait prendre le risque de perdre le socle d’utilisateurs, qui sont très attachés à la simplicité de l’outil.

Mon propos est dévoilé dès le titre de cet article, je rentre donc dans le vif du sujet : à mon sens, Twitter devrait rendre son socle de base public, le confier à la communauté, pour se recentrer sur ses activités à valeur ajoutée.

Absurde ? Irréaliste ? Peut-être. Mais si on regarde les données du problème, on s’aperçoit qu’au final, la position dans laquelle se trouve actuellement ce réseau social est encore plus absurde.

Un modèle économique délicat à trouver

Tous les spécialistes le savent : Twitter se cherche depuis des années une stratégie d’évolution. Là où Facebook crée de zéro un univers qui lui est propre, ce qui lui permet une créativité sans limite, Twitter a fait de la simplicité extrême de son service sa marque de fabrique. Ainsi, c’est pour bonne part par la capacité à ses utilisateurs de s’approprier l’outil en en inventant les règles que Twitter a eu du succès. Et cela n’a été possible que par la simplicité extrême de l’outil. Les retweets, la plupart des hashtags ont été inventés par les utilisateurs eux-même.

Ainsi, chaque modification du cahier des charges peut prendre des proportions démesurées (on se souvient par exemple des multiples rumeurs sur l’extension de la taille maximale d’un tweet).

C’est ainsi qu’il est devenu, au fil des ans et des habitudes des utilisateurs, de plus en plus délicat d’introduire un modèle économique, des fonctions rémunératrices, pour l’opérateur.

Twitter exige une infrastructure très importante pour pouvoir fonctionner : certes les messages sont courts, mais le temps réel impose un fonctionnement délicat à maintenir, et d’autant plus avec une charge utilisateur importante. D’où l’importance de pouvoir faire rentrer beaucoup d’argent, sans même parler de rémunérer les actionnaires, mais simplement de faire vivre le service.

Après de nombreuses tentatives avortées, Twitter n’a jamais vraiment trouvé d’autre modèle économique que l’ultra classique « tweet sponsorisé ». Mais même ce modèle là est difficile à mettre en place, ne serait ce que par le modèle « timeline » de Twitter : un tweet n’a pas vocation à rester sous le nez de l’utilisateur, mais va s’évaporer très rapidement derrière d’autres tweets plus récents. Pas l’idéal pour vendre un support pub !

Une stratégie castratrice pour l’écosystème

Et pourtant, Twitter avait la possibilité d’ouvrir largement plus la créativité et les modèles de rémunération, en ouvrant sa plateforme à d’autres acteurs. Malheureusement, ce modèle a très rapidement dû être freiné : Twitter devant assumer la charge de sa plateforme, s’ouvrir à d’autres s’avérait un vrai-faux ami. C’est ainsi que dès 2010, les règles du jeu évoluèrent en défaveur des acteurs gravitant autour de Twitter, brisant de nombreux modèles économiques et bridant Twitter en le recentrant sur sa maison mère.

Cette situation assez paradoxale, où Twitter s’est mis à appuyer fortement sur le frein de l’évolution de son écosystème, ne s’explique que par la nécessité de maintenir son infrastructure, et la peur de partager un monopole, tout en amenant le paradoxe de fortement freiner la popularité et l’engouement vers le service.

Un fonctionnement opaque dangereux pour la liberté d’expression

Une chose est sûre, et fait l’importance de Twitter : le réseau social est devenu un canal incontournable de diffusion de l’information. On ne présente plus le rôle qu’à pu jouer cet outil dans les révolutions arabes du début des années 2010, ou dans la façon de communiquer des politiques, officiels comme dissidents, d’aujourd’hui.

Néanmoins, la question se pose de plus en plus : est-il vraiment raisonnable de confier un canal crucial dans la communication internationale à une entreprise privée entièrement contrôlée par ses actionnaires, sans aucun système de contrôle de ses règles internes ? Ainsi, les polémiques se multiplient sur des censures arbitraires de tweets ou de comptes utilisateurs qui se retrouvent fermés pour des raisons parfois obscures.

Un modèle existe : Usenet

Cet article, comme vous l’avez compris, pose la question d’une hypothèse où Twitter migrerait sur une plateforme ouverte, et gérée collectivement par la communauté. Ce scénario, peut être un peu irréaliste, aurait pourtant de nombreux avantages :

  • plus de coût d’hébergement
  • plus de centralisation des données
  • des fonctions de base gérées par la communauté, selon des règles et une gouvernance transparente
  • la société Twitter se reconcentrerait sur les services à valeur ajoutée, en ouvrant complètement l’écosystème, en s’exposant certes à la concurrence, mais en se libérant de contraintes arbitraires qui n’étaient dictées que par la nécessité de maintenir l’infrastructure de base du service.

Reste, dans ce scénario utopique, la question du « comment ». Les plus anciens s’en souviennent peut-être : avant même l’apparition du web, et encore plus des forums de discussion, les échanges sur Internet se faisaient via des newsgroups. Techniquement, on parlait de Usenet, standard conçu collectivement, et qui fonctionnait par un système totalement décentralisé, avec un mécanisme de réplication des données assez sophistiqué pour l’époque.

Pour dire l’importance de Usenet, le projet de World Wide Web conçu par Tim Berners Lee a été annoncé sur Usenet ! Idem pour Linux, et pour de nombreuses autres annonces très structurantes pour ce qu’est devenu Internet aujourd’hui.

Malheureusement, Usenet est devenu assez rapidement désuet, son usage étant bien plus complexe que ne peut l’être le web.

Néanmoins, Usenet est la preuve qu’une infrastructure d’échange de messages peut être maintenue de manière décentralisée, collective…et bénévole. Là où Twitter coûte un argent phénoménale en frais d’infrastructure.

Délirant ? Pas tant que cela

L’idée de proposer à une structure commerciale, cotée en bourse, tenue par ses investisseurs, de basculer le coeur de son activité dans le domaine du bien commun peut apparaître au mieux comme une douce utopie, au pire comme une stupidité sans nom. Et pourtant…

La seule issue proposée à Twitter aujourd’hui est celle du rachat. Est-ce moins dangereux ? Certes, pour les actionnaires, c’est le moyen de s’en sortir avec une plus value correcte, à défaut d’être le truc extraordinaire auquel ils étaient en droit d’attendre en misant sur un des trois réseaux sociaux les plus connus sur la planète.

Mais on sait d’avance que, suivant le nom du racheteur, le destin de Twitter peut prendre une tournure très différente, et pour le moins hasardeuse. Un Facebook aurait tout intérêt à diluer la masse d’utilisateur dans son propre écosystème. Un Google serait sans doute moins intéressé par la pérennité financière de l’outil, mais beaucoup plus par l’exploitation des données qui pourrait en être fait.

A l’inverse, rendre le socle de Twitter commun aurait un certain nombre d’avantages : il permettrait d’ouvrir sans frein stratégique la créativité, l’inventivité, la richesse des écosystèmes qui viendraient s’y greffer. Comme on l’a vu, Twitter a été très rapidement contraint, pour des raisons purement stratégiques, de fermer ce robinet là, pour favoriser sa propre valorisation. Avec un tel renversement de la logique, il aurait tout intérêt au contraire de se lancer dans la bataille de surcouches à ce Twitter minimaliste, pour y rajouter toute la valeur ajoutée qu’ils ont en projet.

Est-ce pour autant possible ? Probablement non. Jamais un board d’investisseurs n’a accepté la logique d’ouvrir intégralement sa base d’utilisateurs, pour se recentrer sur la valeur ajoutée qu’il pourrait tirer de l’exploitation de cette base. Et pourtant, à l’heure où le risque de perdre Twitter, de perdre, ou de voir complètement dévoyé, ce canal de communication aujourd’hui indispensable à beaucoup, peut-être est il question de se poser toutes les questions, tous les scénarios possibles.

Et quand bien même. A défaut de rêver à voix haute d’un Twitter communautaire, on pourrait peut être en tirer des leçons pour les projets qui restent à lancer dans les années à venir…

Retour sur la présentation de l’iPhone 7

Comme parfois, voici mes quelques réflexions suite à cette Keynote pas vraiment passionnante :

  • On était largement préparé psychologiquement suite aux “fuites” plus ou moins organisées sur le look du nouvel iPhone, mais l’absence de vrai nouveau design reste une déception. Ive perfectionne ce qui a fait le succès de l’iPhone 6, avec quelques détails qui font converger le téléphone vers quelque chose d’idéal d’un point de vue esthétique (les “lignes” à l’arrière des antennes se voient moins, le bas du téléphone est parfaitement symétrique, les boutons de volume sont mieux intégrés…), mais on ne peut s’empêcher d’être déçu du manque d’ambition. La rumeur dit qu’un changement radical était prévu (écran sur toute la surface du téléphone) mais que la prouesse technique nécessite un an supplémentaire de développement… wait and see !
  • Les deux nouvelles “couleurs” (dont un noir brillant qui personnellement me rappelle les pires heures de l’iPhone 3G et son arrière en plastique) font parler les puristes, mais j’avoue avoir du mal à accrocher à ces discussions, étant donné que 99% des utilisateurs vont ensuite camoufler leur téléphone derrière une coque…
  • L’absence de prise jack fait jaser mais n’est finalement que dans la suite de ce que fait Apple depuis toujours (disparition des disquettes sur l’iMac, du lecteur de CD sur le MacBook Air…), et ne gênera au final pas grand monde (d’autant plus que l’adaptateur jack-Lightning est étonnamment bon marché – 9 euros. En revanche, l’enfermement dans l’écosystème Apple est rageant (impossible d’utiliser un casque en USB-C, impossibilité d’utiliser un AirPod Lightning ou des EarPods sur autre chose que du matériel Apple…)
  • Finalement, le seul “use case” où l’absence de jack est handicapante est l’impossibilité (hors Bluetooth) de charger son téléphone tout en utilisant un casque. Une solution élégante aurait été d’implémenter une recharge sans connecteur, comme cela existe sur la Watch ou sur d’autres téléphones. Ca ne sera pas pour cette fois…
  • Cet iPhone risque d’être en revanche en gros progrès du côté de la fiabilité. En le rendant étanche et en supprimant le bouton “Home”, Apple supprime ainsi les deux plus gros facteurs de panne.
  • L’upgrade de mémoire, avec 32Go minimum, et une version à 256Go, était impératif, c’est maintenant fait, ouf. Mais les écarts de prix entre les différents modèles restent honteux
  • Les AirPods sont hors de prix (179 euros !), semblent bluffants techniquement (la promesse de ne plus avoir à appairer les écouteurs à chaque bascule de matériel, plus la “propagation” de la reconnaissance du matériel via iCloud est géniale), mais 5h d’autonomie est bien trop court pour en faire un produit acceptable. En tant qu’utilisateur d’écouteurs Bluetooth, j’accepte de les recharger une fois par semaine, au delà, ça devient contraignant. Comme souvent, il faudra savoir attendre des versions ultérieures du produit.. En tout cas, c’est clairement le deuxième produit “wearable”, après la Watch, d’Apple. Sans doute pas le dernier…
  • L’Apple Watch series 2 est tout simplement ce qu’aurait dû être la première Watch : GPS, étanchéité, CPU plus rapide, c’est tout ce qu’on attendait. Ah oui, et aussi une meilleure autonomie, mais ça ne sera à priori pas pour cette fois… Dommage aussi que les prix aient augmentés pour l’Europe ! (419 euros contre 399 euros pour la précédente version). La première version reste au catalogue, à 319 euros.
  • Petit coup de coeur pour la version “Nike+” de la montre : avec des bracelets sport sympa, et du software fait sur mesure pour Nike, elle risque d’attirer pas mal de sportifs
  • D’une manière générale, Apple semble “caricaturer” ses produits pour mieux les vendre : ils ne communiquent quasiment qu’autour du fitness pour la Watch, et qu’autour de la photo (et un peu les jeux) pour l’iPhone
  • Une petite remarque sur le calendrier : les iPad ayant été révisés en prix, et macOS Sierra annoncé pour le 20 septembre, les chances d’une seconde keynote en octobre pour présenter de nouveaux iPad, et surtout de nouveaux Mac, s’amenuisent…
  • Dernière remarque sur les iPad : l’iPad Air 2 est aujourd’hui exactement au même prix que l’iPad mini 4, à CPU et mémoire équivalents. Apple voudrait tuer l’iPad mini qu’il ne s’y prendrait pas autrement…

Molotov TV : perfectible

J’attendais avec impatience l’arrivée du projet Molotov.TV, qui fait parler de lui depuis déjà plus d’un an : on savait que la gestation était longue, en particulier à cause des négociations juridiques avec les ayants-droits.

Les forces en présence sont impressionnante : Jean-David Blanc (un jour, les Jean-David domineront le monde…), l’ancien fondateur d’AlloCiné, Pierre Lescure, qu’on n’a plus besoin de présenter. L’association entre un entrepreneur solide et un carnet d’adresses indépassable. Sans doute la meilleure recette pour tenter de changer la donne dans le domaine complexe de la diffusion TV.

Ca fait en effet plusieurs années que tous ceux qui ont tenté d’aborder le sujet des flux TV se sont cassés les dents ; toutes les réussites l’ont été dans des domaines de création de nouveaux supports, YouTube en tête. Mais à aucun moment le domaine de la diffusion classique n’a été vraiment impacté, et ce pour une raison majeure : les droits de diffusion, et la capacité des acteurs en place de tout faire pour maintenir leur positionnement, en ne l’ajustant qu’à la marge.

Il y a toutefois une évolution importante qui existe depuis quelques années : le catchup TV, cette fonction qui permet de revoir, pendant une courte période, une émission de TV. Bien que populaire, cette fonction n’a pas vraiment évoluée depuis ses débuts (hormis pour l’insert de pubs de plus en plus lourdes…), et surtout n’a en rien impacté le fonctionnement habituel d’une télévision “broadcastée” : un flux continu d’images, structuré autour d’une grille de programmes indémontable. Si on veut se tenir informé, il faut être devant son poste à 20h00.

Molotov.TV s’est fixé comme mission de casser ce moule et de déstructurer, délinéariser ce flux TV. On reprend les contenus, mais on les extrait de leur grille de programme et on donne un accès libre et naturel qui mime ce qu’on connaît sur les médias “alternatifs” que sont Youtube ou Netflix : on peut rechercher par catégorie, par mots-clés, commencer un programme, le reprendre plus tard, etc…

Après près d’un an de beta-tests, l’application est de sortie, et est (ou sera au cours des prochaines semaines) disponible sur de nombreuses plateformes : Mac et PC, mais aussi iPad, AppleTV, Android, iPhone, Samsung SmartTV… Pour être clair, j’attendais la sortie de ce service depuis longtemps, et je suis un peu déçu par ce que je découvre. Mais le plus désappointant est que j’ai très peu de choses à reprocher à Molotov.

Un challenge très complexe : les droits d’accès

Pour “délinéariser” les contenus TV, le challenge de Molotov était de mettre à disposition de manière interactive trois types de contenus amenant chacun leur lot de complexité :

  • les contenus du passé, pour faire un ‘replay’ comme le font les applis et sites actuels de Catchup TV
  • les contenus en direct, tels qu’ils sont broadcastés par les chaines de TV
  • les contenus du futur, qui sont annoncés dans les grilles de programmes

MolotovTV propose une application unique rassemblant ces trois cas dans une interface plutôt très bien foutue, intuitive, fluide et élégante. On se promène dans une base de données unique regroupant les programmes passés, présents, et futurs, et, suivant le contexte, on y accède simplement. L’app est fluide, l’image de relative bonne qualité, et le mode premium permet d’accéder à du contenu en haute-définition. La montée en charge semble gérée correctement, les ingés en charge du projet ont bien bossé.

Malheureusement, tout ceci est (pour le moment ?) fortement contraint par les restrictions imposées par les diffuseurs de contenu. Les équipes autour de Pierre Lescure ont réussi presque l’impossible : réunir tous les acteurs français (à l’exception du groupe Canal+) pour mêler les contenus de TF1, France Télévisions, M6… dans une même interface. Rien que ça est un exploit louable. Malheureusement, tout est dans le mot “presque” : chacun des acteurs est venu en apportant de nouvelles restrictions, rendant au final l’expérience utilisateur plutôt décevante.

Du live réussi

Les contenus ‘en live’ sont plutôt bien intégrés : on passe de manière fluide d’une chaîne à l’autre, un écran présente de manière élégante la mosaïque des programmes. Il manque encore une intégration plus poussée des programmes (quel est le programme suivant par exemple), et des bonus techniques qu’on a appris à apprécier sur d’autres supports, tels que le “picture-in-picture” permettant de surveiller un programme pendant qu’on en regarde un autre.

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Les programmes en “live” sont présentés d’une manière agréable et inédite pour un consommateur de contenus en France

La fonction “magnétoscope” n’est pas encore disponible, mais on peut imaginer que tout ceci va évoluer dans les semaines à venir. Pour un peu, on parviendrait à en oublier complètement le broadcast habituel (je continue à regarder chez moi la TV via la TNT classique) pour passer sur ce mode de visualisation un peu plus interactif. Bien entendu, les contenus français ne sont disponibles qu’en France.. mais on finit par avoir l’habitude de ce genre de restriction.

Un replay quasi-inexistant

Les contenus “passés” sont en revanche ceux qui souffrent le plus des contraintes des diffuseurs. La promesse était la suivante : on se balade dans l’ensemble des programmes TV de toutes les chaînes, et on s’affranchit de la contrainte du direct pour pouvoir consulter un programme même si on l’a loupé.

La réalité est malheureusement beaucoup plus contrainte :

  • déjà, TF1 et M6 ont refusé d’intégrer leur replay à Molotov. Rien n’est disponible donc pour ces chaînes, ainsi que pour les chaînes de ces groupes (et ça commence à faire : W9, 6Ter, TMC, HD1…). En gros, on n’a accès au replay que pour les chaînes de France Télévisions. Aouch !
  • De plus, le replay de ces dernières chaînes reste limité par diverses contraintes de droit. Ne comptez pas par exemple visualiser un film en replay.
  • Enfin, le replay n’est disponible que pour une très courte période (7 jours la plupart du temps). Mais on retrouve là la contrainte classique des systèmes de catchupTV.
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Sur les programmes de France TV, on a sur le même écran les programmes passés et futurs. Il semble possible de bookmarker (et donc enregistrer) certains programmes passés, mais ça reste encore flou

Concrètement, pour regarder l’Amour est dans le Pré (oui, je regarde l’Amour est dans le Pré, je fais ce que je veux !), j’ai dû ressortir l’app 6Play (sur mon iPad bien sûr, elle n’est pas dispo sur l’AppleTV). En gros, si vous n’anticipez pas (via la fonction bookmark que je décris dans le paragraphe suivant), vous avez de fortes chances de louper votre programme. Difficile de ne pas être déçu.

On peut imaginer que la situation évolue si le service prend du poids. On peut également espérer que d’autres fonctions de location (payante) de contenu arrivent à terme sur le service. Mais là aussi, les acteurs déjà en place n’accepteront probablement de partager une partie de ces activités que si Molotov devient un poids lourd du secteur.

Un futur encore incertain

L’autre promesse de Molotov (et aussi un des leviers forts de son modèle financier), c’est la possibilité d’enregistrer les programmes de son choix : l’app joue alors le rôle d’une sorte de magnétoscope programmable, on “bookmarke” le programme à venir de son choix, et, après sa diffusion, il est disponible dans son espace personnel.

La fonction est prometteuse… mais n’est pas encore active. Elle est en effet liée à la parution d’une loi sur la création qui a été, comme par hasard, conçue pour s’adapter parfaitement à cette activité de Molotov (merci le lobbying). Cette loi a été votée, est parue au journal officiel, mais Molotov semble dire qu’il soit nécessaire d’attendre pour activer cette fonctionnalité. L’argument semble un peu capillotracté, mais soit.

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L’enregistrement, c’est (pas) maintenant

Cette fonction semble bien intégrée techniquement, et sera plutôt pratique quand elle fonctionnera. Bien entendu, cela implique d’anticiper les choses et de bookmarker le programme avant qu’il soit diffusé ! Ce qui est une contrainte finalement stupide techniquement, puisqu’on se doute que les programmes seront tous pré-enregistrés par Molotov indépendamment des demandes individuelles. Là encore, la contrainte juridico-contractuelle fait sa loi. Néanmoins, l’interface du service semble laisser la possibilité d’enregistrer certains programmes passés (selon quels critères ?). Tant que la fonction n’est pas pleinement opérationnelle, difficile de savoir précisément ce qu’il en est.

Un choc : des contenus affligeants

Je terminerai par une remarque subjective : Molotov a un vrai talent pour mettre en avant et présenter les contenus d’une manière inédite dans le domaine de la télévision. On prend un vrai plaisir à naviguer dans les programmes. Malheureusement, le second effet kiss-kool, pour moi du moins, a été de constater à quel point les programmes “intéressants” (avec mes critères hein, ça reste du subjectif) deviennent rarissimes sur la télévision française. En tout cas, la comparaison avec la richesse foisonnante de ce qui se passe du côté de Youtube est cruelle.

Finalement, on en vient à se dire que regarder la TV de manière ultra-passive, en subissant le flux et en n’interagissant qu’avec un zapping stérile, c’est aussi un moyen de déconnecter son cerveau et de ne pas avoir le recul permettant de réaliser à quel point le contenu est médiocre.

La révolution de la TV est en marche, mais il reste du chemin

Jamais une startup n’est allée aussi loin dans la réappropriation des contenus TV, et la couverture médiatique autour de Molotov est justifiée. Malgré la déception à court terme, je vais rester très attentif sur la capacité de cette structure à améliorer et faire évoluer son modèle, pour arriver à devenir ce dont elle a l’ambition : le point d’entrée principal du consommateur d’images. Elle a beaucoup d’atouts pour y parvenir, et sa plateforme technique qui est une réussite n’en est pas le moindre.

Une de mes interrogations, maintenant que j’ai le produit entre les mains, est la pertinence d’isoler le contenu TV du reste du web. Bien sûr, il serait illusoire d’avoir tout dans une seule app. Mais j’avoue qu’à l’usage, j’ai bien plus souvent envie de cliquer sur “Netflix”, sur “iTunes Store” ou sur “Youtube” que sur Molotov, si je souhaite avoir un programme de qualité. Peut-être que des contenus plus hybrides feront leur apparition sur le service à terme (on pourrait imaginer l’intégration par exemple de créateurs de contenus indépendants, comme Arrêt sur Images, ou de Youtubeurs structurés), l’idée ne serait pas forcément déconnante. A suivre en tout cas !

Retour aux flux RSS… et à la productivité

Comme beaucoup de gens, l’abandon de Google Reader, et surtout l’arrivée des réseaux sociaux, m’ont fait abandonner mon lecteur de flux RSS au profit d’autres modes d’accès aux actualités. Le raisonnement à l’époque était assez simple et de bon sens : Puisque tous les sites, toutes les marques, sont désormais présentes sur les réseaux sociaux, à quoi bon les suivre en double sur un autre outil, qui plus est vieillissants ? Continuer la lecture de « Retour aux flux RSS… et à la productivité »