Objets connectés : les podomètres

Connaissez vous le quantified self ? Cette mode, très liée aux gadgets geekesques du moment, permet d’avoir à disposition tout un panel d’outils permettant de se mesurer dans ses activités au quotidien : son poids, son activité physique, son état de santé…

Ce mouvement est intimement lié à la miniaturisation et à une bien meilleure maîtrise des objets mobiles, depuis la sortie des smartphones il y a quelques années. Et ce timing est en parfaite adéquation avec une envie sans cesse croissante d’aller vers du mieux-vivre, vers une vie plus saine et mieux maitrisée.

Les médecins sont formels : si on s’astreint à faire 10 000 pas par jour, on vivra en bonne santé jusqu’à 90 ans ! Et pour atteindre cet objectif, quoi de mieux qu’un objet connecté, qui intégrera un podomètre, mais aussi tout le nécessaire de synchronisation pour pouvoir étudier dans le détail sa progression, sa constance dans l’effort.

J’ai été surpris de voir que l’offre en terme de “podomètres connectés” était vraiment abondante. Et pourtant, pas facile de faire son choix… Rien de tel qu’un petit comparatif pour essayer de s’y retrouver !

Les téléphones

Le téléphone est l’outil le plus naturel pour se “mesurer” : il est intelligent, bourré de capteurs, et on l’a (presque) toujours sur soi !

Pourtant, la situation n’est pas idéale :

  • Un téléphone est encombrant, et fragile : pas évident d’aller courir, par exemple, avec un tel boulet aussi fragile !
  • La batterie se vide rapidement s’il doit resté allumé
  • Il émet diverses ondes, ne laissant pas vraiment d’envie de le garder près du corps en permanence.
Du coup, peu d’applications permettent d’utiliser vraiment son smartphone préféré pour compter ses pas. Les seules exceptions sont des téléphones dont l’électronique permet de faire fonctionner le podomètre sans avoir à solliciter le CPU, bien plus consommateur en énergie. Quelques téléphones permettent ceci, dont le Samsung Galaxy S4 (avec l’application S-Health), et le tout récent iPhone 5S (avec le co-processeur M7, et l’application Nike+ Move). Mais ces téléphones restent encombrant !

Les bracelets

Le “form-factor” du bracelet est récent, et pourtant il fait des ravages : quoi de plus naturel que de garder, comme un bijou, un bracelet au poignet ! C’est donc ici que la concurrence se faire la plus rude, avec des outils qui sont innovants… mais pas parfait :

Jawbone Up

Le Jawbone Up est le produit le plus à la mode du moment : bracelet synchronisable via une prise Jack sur son téléphone, il permet également de scruter son sommeil pour adapter l’heure du réveil à ses cycles de sommeil.

Mais il n’est pas parfait :

  • sans aucun LED ni affichage, l’interactivité avec l’utilisateur se résume à des vibrations
  • il ne peut se synchroniser sans fil… ce qui peut apparaitre pour un avantage pour celui qui souhaite éviter toute onde électrique sur son corps
  • et, surtout, le bracelet semble subir de graves problèmes de fiabilité, avec d’innombrables témoignages d’utilisateurs mécontents. Difficile dans ces conditions de le conseiller sans réserve !

Fitbit Flex

Le Flex est un bracelet connecté à part entière puisqu’il communique en Bluetooth avec son téléphone ou son ordinateur. Doté de petites LEDs pour communiquer avec son utilisateur, il permet comme le Jawbone de scruter son sommeil.

Là aussi, quelques défauts sont à déplorer :

  • En tout premier lieu, une autonomie très moyenne, de 3 à 4 jours au maximum, faute au Bluetooth
  • Les LEDs incrustées sont finalement peu utiles, et l’interactivité limitée
  • Le logiciel fourni avec le bracelet semble peu ergonomique

Nike Fuelband

Le bracelet Nike, toujours pas disponible officiellement en France, propose un look hors du commun : grâce à plus d’une centaine de LEDs, c’est le seul bracelet capable d’afficher des informations intéressantes sur une si petite surface.
En revanche, il faut avoir conscience que l’exploitation des données est très limitée : on est contraint de rester dans l’écosystème “Nike”, en passant par leur site web. Ici, on ne compte pas des pas, mais on gagne des “fuel”, l’unité un peu mystérieuse proposée par Nike pour quantifier vos progrès. Il n’est pas possible non plus de synchroniser le bracelet avec un téléphone Android. C’est donc un bon “tout en un”, mais très limité dès lors qu’on cherche à l’intégrer dans un écosystème un peu plus complet…

Les podomètres

A côté des bracelets, d’autres podomètres plus “classiques” continuent à se clipser à la ceinture. Ils n’en sont pas moins bourrés de technologie, et souvent plus pratiques que certains bracelets.

Withings Pulse

Le Pulse de chez Withings est sans doute le plus complet des compagnons présentés ici : il permet de mesurer, outre le nombre de pas, l’altitude à laquelle on se situe (pour repérer les dénivelés, et scruter les difficultés du parcours), et même le rythme cardiaque. Il est également doté d’un afficheur relativement complet, permettant de connaitre la distance parcourue, le nombre de pas, etc… L’autonomie annoncée de deux semaines est également satisfaisante.

Dans les défauts :

  • le tracking du sommeil nécessite un bracelet supplémentaire, dans lequel on glissera le Pulse pour pouvoir dormir avec son capteur au poignet
  • de la même manière, le rythme cardiaque n’est pas pris en permanence, mais implique de laisser son doigt quelques instants à l’arrière du boitier

Fitbit Zip

A l’inverse du Pulse, le Zip joue la carte de la simplicité. Il permet de comptabiliser ses pas, de les synchroniser en Bluetooth, et possède un affichage minimal. En contrepartie, il s’agit du moins cher des compagnons présentés ici (60 euros environ). Il est donc cohérent, et n’a que pour principal défaut… que son manque de fonctionnalités, clairement affiché. Il propose également, simplicité aidant, une autonomie record, puisque sa pile permet de l’utiliser près de 6 mois sans aucune manipulation !

Fitbit One

La gamme Fitbit est extrêmement complète, puisque 3 modèles différents de podomètres sont disponibles ! le One se clipse à la ceinture, propose un affichage, mais aussi un calcul plus fin des calories dépensées, grâce à un accéléromètre évolué, et un altimètre.

En revanche, son afficheur est bien plus simpliste que le Pulse, et il ne permet pas de mesurer son rythme cardiaque.

 

 

 

 

Apple vers le déclin ?

Jusqu’à présent, j’ai hésité à me lancer dans des titres inutilement aguicheurs. Et pourtant, pour la première fois, j’avoue avoir du mal à comprendre la ligne directrice suivie par la firme à la pomme, tellement j’ai peu trouvé d’éléments réjouissants dans la présentation du 10 septembre.

Pas par déception de ne pas voir un iPhone “low cost”. Cette notion était dans les délires des commentateurs, ou plutôt dans les fantasmes des financiers, là où si une chose est clair chez Apple : ils n’iront jamais dans les gammes à bas prix.

Pas non plus par le fait de voir débarquer un iPhone en plastique : après tout, c’était déjà le cas des iPhone 3G et 3GS, sans que cela gêne grand monde, hormis peut-être les fans comme moi du design de l’iPhone d’origine.

Non, ce qui m’a inquiété, dans les rumeurs puis dans la présentation, c’est le manque de goût qui accompagne ces produits. Et, pour la première fois, j’avoue regretter clairement la démarche de “censure” forte qu’amenait la présence de Steve Jobs.

L’iPhone 5C est laid. Le plastique fait mastoque, les couleurs sont peu attirantes. Et les housses trouées proposées sont proprement hideuses (sans parler du “bug” qui fait apparaitre un “non” au dos du téléphone). Apple a toujours su maintenir des tarifs Premium, mais en les liant à des produits faisant irrésistiblement envie. Autant l’iPhone 5S garde un look irréprochable, autant le 5C n’a pas ce “wow effect”, surtout face à des concurrents certes également en plastique mais au look bien plus attirant.

Si l’on rentre dans le détail, la présentation a été une suite de déceptions ou d’éléments désappointants :

  • Le format des keynote Apple, qui a très peu évolué depuis l’ère Jobs, apparait aujourd’hui daté. Les vidéos lénifiantes montrant un Jonathan Ive au discours exalté ont été tellement parodiées qu’elles n’ont plus aujourd’hui aucun intérêt, outre le fait qu’on l’entend se féliciter d’une vidéo à l’autre de notions contradictoires (l’entendre faire aujourd’hui l’apologie du plastique faire au mieux sourire, au pire désole)
  • Aucune nouveau supplémentaire dans iOS7 (hormis le mode 64 bits) par rapport à ce qui avait été présenté en juin
  • D’une manière générale, toutes les surprises éventuelles avaient été éventées, laissant bien loin dans les souvenirs le culte du secret qui caractérisait Apple
  • des applications iWork et iLife certes gratuites, mais uniquement pour les nouveaux acheteurs, et surtout avec une interface gardant toutes les lourdeurs du look d’iOS6
  • un iPhone 5C n’apportant rien par rapport à un iPhone 5, hormis un look très discutable, et un prix quasiment pas en baisse (surtout sur un tarif sans abonnement)
  • un iPhone 5S sans grande nouveauté apparente, si ce n’est une couleur elle aussi discutable (“or”, bof…)
  • Contrairement à ce que certains espéraient, iOS7 n’a pas évolué graphiquement, en particulier au niveau des icônes au look si controversé
  • Une authentification par empreinte digitale qui semble efficace, mais qui n’est accompagnée d’aucune API pour bénéficier de ce mode de validation dans les applications (hormis lors d’achats sur iTunes)
  • un microprocesseur 64 bits et aux performances accrues, mais dont a peu d’usage aujourd’hui sur un téléphone (hormis sur les jeux, qui était d’ailleurs l’exemple présenté)
  • l’absence de puce NFC (certes partiellement compensée par iBeacon, mais qui reste une technologie outsider)
  • un appareil photo qui semble plus performant, mais sans la montée en puissance en terme de megapixels qui restera le critère principal pour l’utilisateur
  • une autonomie qui n’est pas en progrès (ou plutôt, avec des progrès étouffés par les besoins sans cesse plus importants du hardware)
  • une tarification “mémoire” inacceptable en 2013 : une entrée de gamme à 16Go seulement pour un téléphone Premium, sans extension possible, est aujourd’hui ridicule. Et l’absence de modèle 128Go l’est tout autant.
Malgré tout, si l’on cherche à positiver un peu, on peut voir dans ces annonces les bribes d’innovations à venir :
  • Autant le processeur A7 64bits apparait exagérément puissant pour un “simple” téléphone, autant il fera merveille dans un futur iPad qui ressemblera de plus en plus à un ordinateur classique, puissance comprise
  • De la même manière, la puce dite “M7” gérant les mouvements en utilisant un minimum d’énergie électrique trouvera parfaitement sa place sur une éventuelle iWatch
  • Toujours sur iPad, on se prend à rêver d’un processus d’authentification par empreinte digitale qui permettrait d’accéder à un vrai mode multi-utilisateurs, qui manque cruellement à iOS aujourd’hui pour que l’iPad devienne un vrai “outil pour toute la famille”
  • iOS7 demeure un virage important, et faire cohabiter sur une même release un redesign complet, l’ajout de fonctionnalités complexes, et une migration totale en 64bits est une performance qui mérite d’être saluée

Tout reste encore à faire pour Apple, et fans ainsi que financiers restent sur leur faim : peu d’innovation ou de nouveautés franches pour les premiers, et une politique tarifaire qui reste discutable pour les seconds. On ne peut néanmoins pas jauger une aussi grosse entreprise sur une simple présentation, d’autant plus que la précédente (lors de la WWDC) était elle bien plus enthousiasmante. Une prochaine keynote (vraisemblablement en octobre) devrait nous permettre d’y voir un peu plus clair..

Des montres intelligentes ?

Bon, ça y est, c’est sûr, la mode du moment, c’est la smartwatch, la montre pseudo-intelligente. Ca fait un moment qu’on en parle, et Samsung vient de lancer sa Galaxy Gear, censée être l’événement de la rentrée. Et, bien sûr, une rumeur accompagne des travaux similaires de la part d’Apple…

J’avoue que j’ai été surpris par ces rumeurs (qui semblent pourtant fondées, tellement les informations se croisent). Pas évident de trouver un intérêt à une montre apportant diverses fonctions.

L’intérêt principal, me semble t’il, est de répondre à la taille croissante des écrans : “OK, mon smartphone est d’une taille impressionnante, mais je n’ai plus besoin de le sortir tout le temps puisque je peux répondre aux coups de téléphones avec ma montre”. Argument suffisant ?

Je me souviens de l’argument de Jobs lors de la keynote présentant le premier iPad : le secret, c’est de trouver des fonctions où le nouveau périphérique sera bien meilleur que les autres. Par exemple, pour lire un magazine, la tablette s’avère plus pratique à la fois que le téléphone (trop petit) et l’ordinateur (format peu adapté).

En quoi une montre s’avèrerait-elle meilleure que les autres périphériques ?

  • pour téléphoner : pas vraiment, on ne voit pas bien la fiche de l’interlocuteur, le clavier est tout petit, et le micro pas assez près de la bouche pour pouvoir converser confortablement
  • pour lire des SMS : effectivement, le format est adapté. En revanche, il est impossible d’y répondre avec un clavier,   nécessitant une commande vocale irréprochable.
  • pour aller sur Internet : écran bien trop petit
  • pour consulter l’heure : j’ai utilisé quelques temps un iPod nano à mon poignet, et je peux en témoigner : ce n’est pas du tout pratique pour consulter l’heure, vu qu’il faut rallumer le truc à chaque fois.
  • pour faire de la visioconférence : éventuellement, même si maintenir son poignet devant son visage devient rapidement fatiguant (et c’est loupé pour le Samsung, dont la caméra est située dans le bracelet, et pas dans la montre elle-même)
  • pour du “quantified self” : les Fuelband et autres Jawbone Up proposent déjà une solution très pertinente, et bien plus pratique (je m’imaginerais difficilement dormir avec une montre pesante au poignet)
  • sans parler de l’autonomie, jugée catastrophique sur la Samsung, et dans tous les cas dramatiquement faible comparée à une montre classique
Bref, deux conclusions peuvent être tirées des montres actuellement diffusées :
  • Elles ne présentent pas encore d’intérêt suffisant, d’usage innovant. Il faut un vrai “plus” pour qu’on craque sur un produit à 300 euros
  • La réflexion sur ces produits doit impérativement se faire en terme d’usage, et pas “faire une montre pour faire une montre”. 
Une réflexion de fanboy serait de dire qu’Apple va, lui, arriver avec un produit pertinent, etc… Mais encore faut il avoir des pistes réellement intéressantes, et pas un gadget de geek. Si l’iPad (puis le phénomène des tablettes) est un tel succès, c’est parce que la cible conquise a été très grand public.
Ceci dit, il faut tout de même se souvenir qu’à chaque fois, Apple a su jouer sur un timing similaire : il existait des baladeurs avant l’iPod, des smartphones avant l’iPhone, des tablettes avant l’iPad. Et pourtant, à chaque fois, ils sont parvenus à “redistribuer les cartes”, en proposant un format différent des autres, souvent décalé, souvent décalé, amenant des polémiques et discussions, mais qui s’était imposé à chaque fois comme modèle :
  • pour l’iPod, c’était une interface bien plus épurée, et l’utilisation inédite d’un disque dur de 1,8 pouces
  • pour l’iPhone, c’était la suppression du clavier et du stylet
  • pour l’iPad, c’était l’utilisation d’une électronique “de téléphone” et pas d’ordinateur, et un système d’exploitation également tirée d’une logique mobile
A titre d’exemple, juste avant la sortie de l’iPad, la tablette qui semblait prometteuse était la “Joojoo” (quel nom !). Une tablette basée sur une électronique de PC, avec un Linux embarqué. L’avenir a montré à quel point ces choix n’étaient pas pertinents (voir ici cet article intéressant sur les tablettes d’avant l’iPad)
J’avoue sécher complètement sur ce que peut apporter une vision un peu “décalée” d’un téléphone. Il me semble que le hardware n’est pas encore assez évolué (on rêverait d’un téléphone avec pico-projecteur intégré !) pour apporter en 2013 une solution crédible (ne serait-ce qu’au niveau de l’autonomie). Même si le concept façon “Big Brother” m’effraie, je trouve le concept de lunettes Google Glass plus pertinent et mature.

En savoir plus :