Open is the new Closed

Pour une fois, le billet n’est pas de moi, mais une traduction de ce billet (anonyme) que j’ai trouvé intéressant. Le point de vue est sans doute extrémiste et je ne le partage pas complètement, en particulier sur le fait que Google n’aie jamais apporté de chose innovante, mais la comparaison avec ce qu’on considérait comme “diabolique” dans les années 90 vaut le coup d’oeil :

Ce matin, avant de prendre le café, je suis tombé sur cet article : http://techcrunch.com/2010/05/20/google-gundotra-video/

Et ça méritait un article. Google est une superbe compagnie, mais ils se trompent eux mêmes s’ils pensent qu’ils sont bénévoles ou qu’ils font une faveur au monde. C’est une société commerciale et font ce que font les sociétés de ce type : du fric. Je dirai que Google est le nouveau Microsoft, et que, dans bien des cas, ils sont encore pires. Bien sûr, tout ceci nécessite quelques explications.

Premièrement, ils ouvrent le source du code qu’ils écrivent. Enfin, sauf pour les parties qui leur génèrent directement de l’argent. En ce sens, ils sont en contraste complet avec Microsoft. Et ils utilisent cet argument pour dire qu’ils sont les “gentils” de l’histoire. C’est une connerie et c’est, en fait, dangereux. Ils ouvrent leur code source parce qu’ils savent que ça ne va rien leur faire perdre, et que ça leur permet de se faire une bonne image de bons garçons.

Il y a 10 ans, on pouvait dire que le business du software sur les postes clients comptait. Les gens installaient des logiciels en insérant un CD et en cliquant sur des boutons. Microsoft est devenu le diable dans cette histoire car c’était ceux qui avaient le plus de clients, et aussi parce qu’ils rendaient la tâche difficile à leurs compétiteurs, avec diverses situations de monopole. Mais l’écosystème du logiciel a beaucoup changé ces dernières années. Google a eu conscience de cela depuis déjà longtemps, bien avant la plupart d’entre nous. Maintenant, le software est hébergé sur des serveurs et les gens y accèdent via leurs navigateurs.

Microsoft dans les années 90 Google
Le poste client est la plateforme Le web est la plateforme
A le plus grand nombre d’utilisateurs sur sa plateforme A le plus grand nombre d’utilisateurs sur le web
Les développeurs ont un accès complet à la plateforme via un SDK Les développeurs ont un accès libre à la plateforme via des API
A mis en place ou acheté chaque innovation après qu’elle aie prouvé ailleurs qu’elle était source de revenus : Word, partage de fichiers (via Novell), Services directory (via Novell et d’autres), bases de données (via Oracle), serveur Outlook, Sharepoint A mis en place ou acheté chaque innovation après qu’elle aie prouvé ailleurs qu’elle était source de revenus ou qu’elle attirait le regard des utilisateurs : Android, Google Voice, Picasa, GMail, traitements de textes cloud, applis sociales (Buzz, Orkut)
A beaucoup dépensé en R&D mais pas grand chose à montrer d’innovant A beaucoup dépensé en R&D mais pas grand chose d’innovant. La seule chose que Google a amené d’innovant sur les applications est le mail web. Les autres sont des idées prises ailleurs, ou des rachats de compagnies

Comme je le disais précédemment, Google a réalisé que les données étaient reines, bien avant les autres. Du coup, leur unique but est de déplacer chaque service vers le web. Ainsi, ils contrôlent et centralisent les données, alors que tout le monde utilise leurs services. Avec ce modèle, le logiciel n’importe plus. Ils peuvent le donner gratuitement, et c’est exactement ce qu’ils font. Les clients qui ont uniquement Microsoft comme comparaison pensent qu’une compagnie qui donne son code gratuitement doit être une sorte de Gandhi ou de Jésus, et il semblerait que Google finisse par y croire lui même. Mais Google ne fait que ce qui est bénéfice pour eux en terme de parts de marché. L’infrastructure logicielle que Google fournit gratuitement est une démarche similaire à l’infrastructure de développement (Visual Studio, etc..) que Microsoft distribue. Ils sont nécessaire pour développer le logiciel et enrichir Google.

Maintenant, je dirais aussi que Google est plus dangereux pour les utilisateurs finaux que Microsoft peut l’être. Microsoft n’a jamais récupéré les données de l’utilisateur. Leurs seules tentatives ont provoqué des levées de boucliers : souvenez vous des polémiques suite à la sortie des Microsoft Passport. Les utilisateurs donnent à Google toutes leurs données, et les services construits autour des API Google permettent de récupérer encore plus de données. Google est dangereux car tout ceci se fait en douceur. La donnée est ce qui compte, pas comment ils l’obtiennent. Avec ces étiquettes “libre” et “gratuit”, Google amène une situation où ce “Open” devient le nouveau mode “Closed”  du paysage logiciel.

Je comprend bien que chaque compagnie reprenne des idées d’autres, mais jouer le rôle du “gentil”, quand on connait la réalité, n’est pas une vision correcte. Entre parenthèses, je ne comprend pas une bonne partie des critiques envers Apple : je sais que c’est devenu la mode de les critiquer, mais Apple reste honnête et direct dans leur relation avec leurs clients. Ils ont amené une vraie innovation à la téléphonie, par exemple (multi-touch, détecteurs de proximité, accéléromètres, GPS dans un téléphone..). Tout ceci parce qu’ils ont une vision. Google a recopié tous ses éléments dans leur propre système d’exploitation pour mobile, et l’ont rendu libre. Ils l’ont rendu gratuit car ils veulent rentrer dans la compétition, pas par bonté d’âme. Ils l’ont fait car cela permet de générer de l’argent via leur moteur de recherche et en publicité.

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2 réponses sur “Open is the new Closed”

  1. L idee bien que tres courante en ce moment n est pas tres innovante. Par contre dire que ni Microsoft ni google n ont oeuvres pour l innovation est assez ridicule, en tout cas moins que l idee que google ait invente le webmail alors qu ils ont commence cette activitee bien apres yahoo, microsoft, caramail ….

  2. je me suis effectivement dit en traduisant l’article que la partie sur l’innovation est celle à laquelle je souscrivais le moins, voire pas du tout, d’autant plus qu’elle “pollue” le reste de l’article qui a un message vraiment intéressant (le fait que la rétention de données est finalement pire que la rétention de code source). j’ai toutefois par souci de respect de l’article d’origine gardé l’intégralité du texte

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