Un AppleTV à $99, comment et pourquoi faire ?

C’est une rumeur qui courait en fin de semaine dernière : Apple sortirait (peut être en Septembre, avec les nouveaux iPod) une nouvelle version de l’AppleTV, très différente de la précédente :

  • Plus de disque dur
  • Un look d’iPod sans écran (pas un Shuffle, quand même 😉 )
  • iPhone OS 4
  • Et surtout, un prix de $99 !

Que manque t’il à l’AppleTV ?

Ce “hobby” d’Apple n’a jamais vraiment décollé. Les facteurs sont nombreux, mais on peut citer :

  • Plateforme trop fermée, dont on fait rapidement le tour. L’absence d’applications et d’extensions fait que bonne partie des possesseurs de ce device le “hackent” pour installer des systèmes plus complets, tels que XBMC. Pas très mainstream tout ça…
  • Contenu encore trop faible, l’iTunes Store est encore naissant sur du contenu vidéo, en particulier en Europe
  • Non connectivité : l’AppleTV est une usine à contenus, là où le consommateur cherche de plus en plus d’interactivité, de liaison avec ses services web, etc…
  • Basé sur MacOS X, l’AppleTV actuel est trop cher, car son hardware doit être celui d’un ordinateur à part entière

Il était donc judicieux de suivre une autre piste, moins onéreuse, mais surtout plus ouverte en terme d’applications… iPhone OS apparaît donc très pertinent !

Comment atteindre un tel prix ?

La réponse est simple : réutilisation d’électronique existante et largement rentabilisée.

Prenez un iPod Touch (les prochains, tant qu’à faire, avec un processeur Apple A4). Enlevez lui l’écran, la moitié de sa mémoire, rajoutez un port HDMI, et le tour est joué ! Un iPod Touch coûte actuellement $199 en version 32Go, dont une bonne partie pour l’écran tactile et pour la mémoire Flash. Un rapide calcul rend donc ce prix de $99 atteignable.

Quel usage ?

Un tel périphérique, s’il existe vraiment, n’a de sens qu’intégré à toute une chaîne numérique :

  • Un usage “cloud”, c’est à dire avec des données déportées sur le réseau : soit via un stockage sur le Net, soit sur une TimeCapsule accessible en WiFi.
  • Un périphérique de pilotage. Une télécommande de type Apple Remote risque de vite atteindre ses limites avec une interface “à la iPhoneOS”. Peut on imaginer un pilotage directement depuis l’écran de son iPhone ou de son iPad ?
  • Un Store. Là, on peut faire confiance à Apple pour proposer une monétisation très poussée du contenu, qu’il s’agisse de musique, de vidéo ou encore d’applications. Je rajouterai simplement qu’un usage limité à un Store rendrait quand même ce périphérique bien moins intéressant qu’un GoogleTV plus ouvert…

Quel périphérique d’entrée ?

Je vois trois solutions possibles :

  • Une simple Apple Remote, qui, comme je le disais, m’apparaît assez restrictive face à la richesse potentielle d’applications “à la iPhone”
  • L’utilisation d’un périphérique tierce. L’iPad apparaitrait idéal, puisqu’on est censé déjà l’avoir à portée de main depuis son canapé. Mais à 499 euros la version de base, ça fait cher la télécommande !
  • Tout autre chose. Une sorte de Wiimote permettant de “pointer” sur l’écran serait peut être adaptée ! On peut faire confiance à Apple pour continuer à innover sur le secteur des interfaces utilisateurs.

Une démarche cohérente

Une fois encore, je ne sais pas du tout si cette rumeur s’avérera réelle. Toutefois, elle rentrerai complètement dans la démarche d’Apple d’offrir un écosystème complet :

  • Une généralisation du principe du “Store”, permettant d’accéder en un clic à des contenus très divers
  • Une présence sur tous les médias (quitte à en inventer de supplémentaires…) pour qu’aucun usage, de la mobilité jusqu’à la consommation “sur canapé” ne soit hors couverture

Dans les inconnues, un facteur important est celui de la “tolérance” à l’AppStore : à force d’acheter du contenu sur iTunes, sur iPhone, sur iPad, et maintenant sur la télé, n’amène t’on pas le consommateur vers une saturation ? L’effet “vache à lait” n’est plus très loin… Ou alors, même si cela pourrait paraître étonnant de la part d’Apple qui privilégie désormais les “revenus récurrents”, cette plateforme devient réellement ouverte et s’oriente clairement pour inonder le marché de la TV (chose possible, vu le prix annoncé pour le device). On pourrait alors avoir quelque chose de réellement intéressant…

Update : Steve Jobs était invité hier à la conférence D8 All Things Digital, et il a été bien sûr été interrogé sur l’Apple TV. Sa réponse est plutôt en contradiction avec cette rumeur… :

The problem with innovation in the TV industry is the go-to-market strategy. The TV industry has a subsidized model that gives everyone a set top box for free. So no one wants to buy a box. Ask TiVo, ask Roku, ask us… ask Google in a few months. The television industry fundamentally has a subsidized business model that gives everyone a set-top box, and that pretty much undermines innovation in the sector. The only way this is going to change is if you start from scratch, tear up the box, redesign and get it to the consumer in a way that they want to buy it. But right now, there’s no way to do that….The TV is going to lose until there’s a viable go-to-market strategy. That’s the fundamental problem with the industry. It’s not a problem with the technology, it’s a problem with the go-to-market strategy….I’m sure smarter people than us will figure this out, but that’s why we say Apple TV is a hobby.

Voilà qui ressemble à une fermeture de porte… Sauf si ce discours est plus fait pour embrouiller les pistes qu’autre chose, ce qui ne serait pas vraiment étonnant : Steve est coutumier du fait (le lancement d’un téléphone Motorola en “hobby” quelques mois avant l’iPhone, la négation pendant des mois d’un futur iPod Vidéo, etc..).

Tablettes et presse : ya encore du boulot !

J’ai eu l’occasion, pile le jour de la sortie de la fameuse iPad (tiens d’ailleurs, on en parle au masculin, mais le nom se prête bien à un usage féminin, non ?), de faire un rapide tour d’horizon des applications de presse et magazines, histoire de voir si l’iPad sera vraiment le sauveur de la presse (mode presque pas ironique).

Premier constat : lire sur une tablette est relativement agréable

C’était bien sûr ma plus grosse crainte, et le prérequis indispensable : pour qu’un usage soit adopté, encore faut il qu’on y prenne un peu de plaisir ! Et c’est plutôt réussi, de ce point de vue. On pourra arguer à juste titre que la tablette est encore un peu lourde en main, mais, et c’est le plus important, le “ressenti” qu’on peut avoir est relativement proche de celui d’un journal papier. Bien sûr, tout est relatif et subjectif, et certains resteront choqués à l’idée d’abandonner le relationnel très “charnel” qu’ils peuvent avoir avec le papier. Pour mon strict avis personnel (et je suis très consommateur de presse), c’est plutôt réussi.

Les 1001 façons d’afficher un journal sur un écran

Les applis que j’ai pu tester sont un mélange de plusieurs facteurs :

  • Le temps : concevoir une appli correcte était un vrai sprint pour les éditeurs, qui voulaient être sur les rangs dès le premier jour. Et ça se sent : les applis sentent vraiment la peinture fraîche, nécessiteront pas mal d’ajustement, et surtout, malheureusement de débuggage ; la stabilité n’est vraiment pas au rendez vous, et c’est bien dommage.
  • La technique : les contraintes techniques sont assez fortes, ceux qui ont, par exemple, fait le choix d’un affichage issu d’un fichier .PDF se sont privés de la plupart des éléments d’interactivité qui font l’intérêt d’une appli sur tablette
  • L’IHM : tout est à inventer sur un nouveau média, et c’est bien ce qui fait l’intérêt de la chose 🙂

J’ai donc pu différencier différents types d’applis :

  • Certaines, comme “L’équipe”, sont vraiment minimalistes : une enfilade de PDF avec un effet de type “pageflip”. Aucune interactivité sur les pages, et, plus grave, pas de zoom particulier sur les articles : on peut simplement agrandir le document.
  • D’autres, comme Le Figaro, ou le New-York Times, ressemblent finalement plus à des sites web qu’à un journal, avec une interface “reconstruisant” complètement une mise en page à partir de textes d’articles. Cette mise en scène permet de mettre en place toutes les interactivités que l’on peut imaginer, mais, je trouve, s’éloigne pas mal de ce qu’on attend d’un journal. Encore une fois, je me suis retrouvé avec la sensation d’aller sur un site Internet, plutôt bien foutu, mais sans réelle différenciation sur l’expérience utilisateur
  • Le Monde ou les Echos ont tenté un mode hybride, relativement intelligent dans sa conception : un mix entre affichage de pages entières, vraisemblablement en PDF, et la possibilité de cliquer sur des articles pour passer dans un autre mode où le texte de l’article est isolé et reconstitué dans une fenêtre. Ce compromis peut apparaître comme idéal, mais a ses limites, techniques : l’affichage de la page entière, via une liseuse PDF, limite très fortement les interactivités, et le passage d’un mode à l’autre n’est pas toujours intuitif.

On peut mettre à part “l’OVNI” Wired, qui est à ce jour le seul à réellement présenter une “expérience” utilisateur innovante et aboutie. Difficilement descriptible, le mieux est de regarder une vidéo illustrant l’appli. On peut toutefois noter la navigation d’une page à l’autre, utilisant astucieusement les deux dimensions : scroller verticalement permet de lire un article dans toute sa longueur, alors qu’un scroll horizontal permettra de passer d’un article à l’autre (voire d’une pub à l’autre 😉 ).

L’appli Wired est donc extrêmement aboutie, et, même si son usage s’avère très différent de celui d’un magazine, apporte vraiment quelque chose. En revanche, je ne pense pas qu’un tel modèle soit facilement reproductible : il nécessite de toute évidence une implication extrêmement forte de la part de la rédaction. Logique pour Wired, magazine par et pour des geeks, bien plus improbable avec un acteur plus classique de la presse. Pour vous donner un exemple, toutes les pubs sont stockées avec deux mises en page différentes, portrait et paysage. L’idéal pour avoir une expérience optimale quelque soit le mode de visualisation, mais quel travail !

Alors, conclusion ?

Je ne vais pas parler ici des retombées financières éventuelles. Sur ce point là, une seule chose est sûre : il ne faut pas prendre ces applis comme une pompe à fric providentielle. Le succès sera peut être au rendez vous, mais pour atteindre cette étape, il faudra au préalable réellement penser son application en terme d’expérience utilisateur. Si elle apporte vraiment quelque chose, les consommateurs réagiront. Ou plutôt, en regardant les choses sous un autre angle : une appli mal conçue et n’apportant pas une “expérience” supérieure à celle d’une lecture papier n’aura quasiment aucune chance de succès.

On peut également se poser la question de l’intérêt d’une application face à une page web à la mise en page adaptée. C’est le point de vue de Fred Wilson, que je vous laisse découvrir.

Comme on pourrait le dire sur Facebook : un jour, l’iPad sauvera la presse. Mais pas aujourd’hui, aujourd’hui, c’est appli de barbu !

Open is the new Closed

Pour une fois, le billet n’est pas de moi, mais une traduction de ce billet (anonyme) que j’ai trouvé intéressant. Le point de vue est sans doute extrémiste et je ne le partage pas complètement, en particulier sur le fait que Google n’aie jamais apporté de chose innovante, mais la comparaison avec ce qu’on considérait comme “diabolique” dans les années 90 vaut le coup d’oeil :

Ce matin, avant de prendre le café, je suis tombé sur cet article : http://techcrunch.com/2010/05/20/google-gundotra-video/

Et ça méritait un article. Google est une superbe compagnie, mais ils se trompent eux mêmes s’ils pensent qu’ils sont bénévoles ou qu’ils font une faveur au monde. C’est une société commerciale et font ce que font les sociétés de ce type : du fric. Je dirai que Google est le nouveau Microsoft, et que, dans bien des cas, ils sont encore pires. Bien sûr, tout ceci nécessite quelques explications.

Premièrement, ils ouvrent le source du code qu’ils écrivent. Enfin, sauf pour les parties qui leur génèrent directement de l’argent. En ce sens, ils sont en contraste complet avec Microsoft. Et ils utilisent cet argument pour dire qu’ils sont les “gentils” de l’histoire. C’est une connerie et c’est, en fait, dangereux. Ils ouvrent leur code source parce qu’ils savent que ça ne va rien leur faire perdre, et que ça leur permet de se faire une bonne image de bons garçons.

Il y a 10 ans, on pouvait dire que le business du software sur les postes clients comptait. Les gens installaient des logiciels en insérant un CD et en cliquant sur des boutons. Microsoft est devenu le diable dans cette histoire car c’était ceux qui avaient le plus de clients, et aussi parce qu’ils rendaient la tâche difficile à leurs compétiteurs, avec diverses situations de monopole. Mais l’écosystème du logiciel a beaucoup changé ces dernières années. Google a eu conscience de cela depuis déjà longtemps, bien avant la plupart d’entre nous. Maintenant, le software est hébergé sur des serveurs et les gens y accèdent via leurs navigateurs.

Microsoft dans les années 90 Google
Le poste client est la plateforme Le web est la plateforme
A le plus grand nombre d’utilisateurs sur sa plateforme A le plus grand nombre d’utilisateurs sur le web
Les développeurs ont un accès complet à la plateforme via un SDK Les développeurs ont un accès libre à la plateforme via des API
A mis en place ou acheté chaque innovation après qu’elle aie prouvé ailleurs qu’elle était source de revenus : Word, partage de fichiers (via Novell), Services directory (via Novell et d’autres), bases de données (via Oracle), serveur Outlook, Sharepoint A mis en place ou acheté chaque innovation après qu’elle aie prouvé ailleurs qu’elle était source de revenus ou qu’elle attirait le regard des utilisateurs : Android, Google Voice, Picasa, GMail, traitements de textes cloud, applis sociales (Buzz, Orkut)
A beaucoup dépensé en R&D mais pas grand chose à montrer d’innovant A beaucoup dépensé en R&D mais pas grand chose d’innovant. La seule chose que Google a amené d’innovant sur les applications est le mail web. Les autres sont des idées prises ailleurs, ou des rachats de compagnies

Comme je le disais précédemment, Google a réalisé que les données étaient reines, bien avant les autres. Du coup, leur unique but est de déplacer chaque service vers le web. Ainsi, ils contrôlent et centralisent les données, alors que tout le monde utilise leurs services. Avec ce modèle, le logiciel n’importe plus. Ils peuvent le donner gratuitement, et c’est exactement ce qu’ils font. Les clients qui ont uniquement Microsoft comme comparaison pensent qu’une compagnie qui donne son code gratuitement doit être une sorte de Gandhi ou de Jésus, et il semblerait que Google finisse par y croire lui même. Mais Google ne fait que ce qui est bénéfice pour eux en terme de parts de marché. L’infrastructure logicielle que Google fournit gratuitement est une démarche similaire à l’infrastructure de développement (Visual Studio, etc..) que Microsoft distribue. Ils sont nécessaire pour développer le logiciel et enrichir Google.

Maintenant, je dirais aussi que Google est plus dangereux pour les utilisateurs finaux que Microsoft peut l’être. Microsoft n’a jamais récupéré les données de l’utilisateur. Leurs seules tentatives ont provoqué des levées de boucliers : souvenez vous des polémiques suite à la sortie des Microsoft Passport. Les utilisateurs donnent à Google toutes leurs données, et les services construits autour des API Google permettent de récupérer encore plus de données. Google est dangereux car tout ceci se fait en douceur. La donnée est ce qui compte, pas comment ils l’obtiennent. Avec ces étiquettes “libre” et “gratuit”, Google amène une situation où ce “Open” devient le nouveau mode “Closed”  du paysage logiciel.

Je comprend bien que chaque compagnie reprenne des idées d’autres, mais jouer le rôle du “gentil”, quand on connait la réalité, n’est pas une vision correcte. Entre parenthèses, je ne comprend pas une bonne partie des critiques envers Apple : je sais que c’est devenu la mode de les critiquer, mais Apple reste honnête et direct dans leur relation avec leurs clients. Ils ont amené une vraie innovation à la téléphonie, par exemple (multi-touch, détecteurs de proximité, accéléromètres, GPS dans un téléphone..). Tout ceci parce qu’ils ont une vision. Google a recopié tous ses éléments dans leur propre système d’exploitation pour mobile, et l’ont rendu libre. Ils l’ont rendu gratuit car ils veulent rentrer dans la compétition, pas par bonté d’âme. Ils l’ont fait car cela permet de générer de l’argent via leur moteur de recherche et en publicité.

Rumeurs pour la prochaine keynote de Steve Jobs

Aaaah le bon vieux temps des rumeurs est revenu, iPapy va revenir sur scène le 7 juin prochain !

Voici, au fil des blogs, ce que j’ai pu lire parmi les rumeurs :

  • Présentation d’un nouvel iPhone “HD”, avec caméra frontale, plus haute résolution, CPU Apple, look revu, etc… Probabilité : 99%, les révélations de Gizmodo ne laissent pas planer beaucoup de doutes, d’autant plus que le dernier iPhone a été présenté à la même occasion..
  • Lancement d’iPhone OS 4 : là aussi, c’est de l’ordre du probable, la version Beta ayant été dévoilée voici quelques mois : la version devrait être rendue disponible au téléchargement dans les heures suivant la keynote. Le gros de la présentation risque d’être sur le sujet… en espérant n’avoir pas trop de redites par rapport à ce qu’on a déjà vu ! Probabilité : 99%.
  • Nouvel iTunes “in the cloud” : la possibilité d’écouter de la musique streamée risque d’être la prochaine grande évolution d’iTunes, semi-confirmé depuis le rachat de la startup Lala. On n’ose pas rêver d’un iTunes 10.0 ENFIN recodé en Cocoa. Probabilité : 75%
  • Présentation d’un iPod nano “fullscreen” : projet séduisant, sans doute rumeur proche de la réalité, mais pour les iPod, c’est plutôt en septembre, la plupart du temps. Probabilité : 30%
  • Un nouveau MacOS : c’était le lot classique des présentations WWDC, mais ce n’est clairement plus une priorité pour la firme. 10.7 attendra l’an prochain. Probabilité : 5%.
  • Invité surprise : Steve Ballmer. Microsoft chez Apple, juste après que ce dernier aie doublé son rival de toujours en bourse, ça serait un sacré choc ! Et un revival de 1997 pour le public (des développeurs, en plus !). A moins que cela soit pour annoncer le rachat de Microsoft par Apple (on sait jamais 😉 ). Probabilité : 50% (update : Microsoft a infirmé l’info… ce qui ne veut pas dire que personne de chez Microsoft ne viendra…)
  • Si Ballmer est là, il vient présenter le nouveau Messenger vidéo : au début je me disais “bof, c’est naze, toute une présentation là dessus ?”. Oui, SAUF si l’iPhone HD intègre de la vidéoconf avec MSN Messenger, en plus d’iChat ! Un bon moyen de relancer un produit vieillissant chez Microsoft… Probabilité : 40%
  • Autre piste pour Microsoft : ils présenteraient une version de Visual Studio générant du code natif pour iPhone et pour Mac ! Techniquement, ça me parait tellement improbable que je n’y crois pas beaucoup… Probabilité : 20%
  • Microsoft vient présenter un deal stratégique avec Apple, en imposant Bing à la place (ou à côté) de Google sur les produits de la pomme. Ca, c’est en revanche carrément jouable, et en plus dans l’esprit du moment (Apple vs Google). Probabilité : 60%
  • On parle d’un Safari 5, amélioré pour mieux coller aux spécificités de HTML5. Là aussi, cela collerait parfaitement à l’actualité, en particulier le conflit Apple vs Adobe Flash. Probabilité : 80%
  • Présentation des nouveaux Mac Pro, avec un nouveau look. Là aussi, la rumeur est fondée, mais Steve est aujourd’hui à mille lieux de voir Apple comme un fabricant d’ordinateurs… Peut être un “biscuit” pour faire plaisir au public très “mac”, mais je ne vois pas trop la cohérence avec le discours actuel de Steve qui met en avant les produits mobiles. Probabilité : 40%
  • Présentation des nouveaux MacBook Air : ils sont très attendus, mais semble retardés par un manque de réactivité du côté d’Intel, qui n’a pas grand chose à proposer de pertinent pour l’instant. Probabilité : 20%
  • Un CinemaDisplay 27″ : il est attendu, mais je vois difficilement comment faire une présentation sur un sujet aussi “light”. Il faut plutôt compter sur une présentation en catimini lors d’une mise à jour de l’Apple Store. Probabilité : 10%.
  • Présentation d’une nouvelle AppleTV : c’était une rumeur, mais on risque de devoir attendre pour voir si elle s’avère fondée. Probabilité : 5%.

Et vous, vos pronostics ?

Et si Twitter n’était pas une société commerciale ?

Depuis que je connais Twitter, j’entend ou je lis “la” question : comment monétiser un tel service ? Comment faire en sorte qu’une telle structure, proposant librement ses services et ses APIs pour des développements tiers peut elle devenir perenne ?

Les newsgroups ça ressemblait à ça, sisi !

Je me suis fait l’autre jour la réflexion dans l’autre sens : on ne se pose jamais la question du “comment rentabiliser la chose” avec, par exemple, des serveurs DNS, ou, pour les plus anciens, les serveurs de newsgroups (je parle des vrais newsgroups, ceux dans lesquels on discutait et échangeait, pas des newsgroups binaires qui ne sont presque plus que des containers à fichiers téléchargeables plus ou moins légalement). Ces serveurs étaient considérés comme des “services publics”, avec des frais de structure partagés entre les acteurs du net. N’en serait il pas de même aujourd’hui pour le “tweet”, ou le message instantané, bref, le concept certes lancé (entre autre) par Twitter, mais qui aujourd’hui est devenu un média online à part entière, au même titre que le mail, le fichier, etc…

“Internet”, vous dites ? C’était vrai pour les mails par exemple. Il existe une multitude d’hébergeurs de serveurs de mails, mais tous doivent se conforter aux mêmes standards, au mêmes normes, et surtout à une parfaite interopérabilité. Il apparaîtrait aberrant qu’un mail envoyé depuis sa boîte Orange ne puisse parvenir à un destinataire titulaire d’un email Free, par exemple. Et pourtant, Orange et Free sont on ne peut plus concurrents. Tout ça parce que dans Internet, il y a “inter”, interopérabilité, ouverture, universalité du réseau (et aussi neutralité, mais c’est un autre débat 😉 ). Or, si le tweet devient une entité aussi banale que le mail (et on peut le souhaiter), il n’empêche qu’il restera quoi qu’il arrive propriété de la société Twitter, sur des bases de données Twitter, bref sur un système fondamentalement propriétaire et clos, même si bien sûr les APIs permettent une grande interactivité. On peut aller jusqu’à penser au plus improbable : que se passerait il si Twitter faisait faillite ?

Plus embêtant, et qui m’a motivé à écrire cet article : et si Twitter change les règles du jeu ? Là, ce n’est pas de la science fiction puisque c’est arrivé il y a quelques jours : Twitter a annoncé d’un coup qu’il bannirait tout contenu publicitaire injecté par une plateforme externe. D’un point de vue “utilisateur”, je pourrais être relativement satisfait (pas trop envie de me coltiner de la pub!), mais il ne faut pas se leurrer : si Twitter bloque cette possibilité, c’est essentiellement pour se garder le terrain en mode “chasse gardée”. Même si cela condamne d’autres startups au passage qui tentent de s’accrocher à l’écosystème Twitter, qui est de plus en plus bousculé ces temps-ci…

Plus grave encore, pub ou pas, l’anecdote montre surtout qu’il y a un vrai paradoxe entre faire “rentrer le tweet dans nos vies numériques”, et d’un autre côté laisser une société commerciale avoir droit de vie et de mort sur ce média. Les décisions que Twitter prendra ne seront pas toujours “en faveur de l’utilisateur”, mais parfois (souvent ?) en faveur…de leur survie économique ! Rien de plus normal bien sûr, mais…que dirait on si le format de l’e-mail et son mode de diffusion était déterminé par des contraintes économiques ?

Utopie, tout cela ? Oui, bien sûr. Les tweets resteront la propriété de Twitter. Mais d’autres “concepts” sortiront. D’autres médias complèteront cette famille. Si on devait inventer l’e-mail demain, sur quoi le projet s’appuierait il ?

The golden circle

Une intéressante théorie sur l’innovation, présentée une fois de plus dans les indispensables conférences TED :

Je me méfie toujours de ces grandes théorisations sur des actes souvent effectués par intuition, mais la présentation que fait Simon Sinek est assez pertinente, en particulier la partie sur la comparaison avec le mode de fonctionnement du cerveau.

En quelques mots : il explique que la majorité des gens vont raisonner, pour concevoir un produit, sur le “WHAT” (“je vais faire un site web innovant”), pour ensuite aller sur le “HOW” pour enfin aboutir, si la démarche à du sens, sur le “WHY”. La comparaison avec le mode de fonctionnement interne d’Apple (encore eux…) montre que l’ADN d’innovation de la boite est plutôt lié à un raisonnement dans l’autre sens : commencer par le WHY pour ensuite déterminer comment, et enfin aboutir à une définition plus factuelle du produit. Exemple pour l’iPad : “WHY : changer la façon dont les gens consomment des médias et de la culture” “HOW : en proposant un produit s’intégrant au quotidien” “WHAT : une tablette”.

Certains y verront une théorie de plus sur le discours marketing, j’y vois plutôt une façon dont peuvent être menés des projets en interne, et un début de réponse à ce qui peut rassembler des employés d’une entreprise sur des travaux communs.

Conférence à voir, en tout cas !

Formats vidéo : joué d’avance ?

Grosse actu ces jours ci, sur fond de bataille Apple/Adobe, autour des formats d’encodage vidéo utilisés sur Internet :

  • D’un côté, Adobe, qui propose une solution “tout en un”, avec un serveur vidéo et un player Flash
  • De l’autre, les tenanciers du Web dit “ouvert”, qui proposent l’utilisation de HTML5 et d’un player inclus directement dans le navigateur.

Le problème est que, au delà de ces querelles sur le “frontal” utilisé (Flash ou pas, en gros), se joue une guerre des formats :

Comme souvent, la solution Adobe est à la fois fermée sur le contenant (difficile d’assimiler Flash à une solution “open”) et ouverte sur le contenu (le format d’Adobe, FLV, est un ‘format conteneur’ qui peut supporter divers encodages, dont H264 et VP6)
Quant aux acteurs du format HTML5, ils se déchirent sur l’encodage à faire gérer par les navigateurs :

  • Microsoft (malgré Silverlight), s’est prononcé récemment en faveur de H264
  • Apple est un défenseur de la première heure de H264, format omniprésent sur tous leurs produits, du Mac à l’iPad
  • Firefox et Opera militent pour Ogg Theora, un format dit libre (même si le côté “dégagé de toute licence” est sujet à polémique), en tout plus libre que H264 qui engendre plusieurs millions de dollars de cession d’utilisation de sa licence
  • Google n’a pas encore clairement arrêté sa position et semble avoir plusieurs fers au feu : le site Youtube utilise H264 et semble migrer vers un mode sans player Flash, Android 2.2 intégrera Flash en natif, et Google s’est porté récemment acquéreur du format VP8, qu’ils vont (disent ils) verser dans le domaine public.

Techniquement, on peut dire que H264 a un (petit) avantage sur Ogg Theora, et que VP8 est annoncé comme dépassant ses deux concurrents, que ça soit en qualité d’images comme en compression de données. Mais bon, l’histoire des nouvelles technologies est parsemé d’exemples où le format le meilleur qualitativement n’est pas forcément celui retenu par le marché au final (petite dédicace aux amateurs (il en reste ?) du format V2000, oublié au début des années 80 au bénéfice du VHS bien moins bon).

Par ailleurs, il faut savoir, pour mieux comprendre les concurrents en présence, que Theora est basé sur VP3, standard conçu par On2 Technologies, qui a ensuite versé les specs de VP3 dans le domaine public lorsqu’ils ont conçus des successeurs plus performants, dont VP8.

Les défenseurs d’un Internet complètement “libre” ne sont pas les moins actifs dans cette bataille : la FSF, l’organisme de Richard Stallman, a tout d’abord défendu fortement Ogg Theora, avant d’empresser Google de verser VP8 en licence libre (voir la lettre ouverte publiée ce WE).

Dans les débats qui font actuellement rage, on oublie je pense trop souvent une donnée pourtant essentielle : le décodage matériel, précieux en particulier sur des devices mobiles (téléphones et autres), n’existe pour l’instant que pour le H264. L’investissement en conception hardware étant bien plus coûteux et long qu’un algorithme software, il y a, je pense, de grandes chances pour que le marché reste durablement en faveur du H264. Si l’on rajoute que le format représente déjà 60% des vidéos disponible sur le net, l’orientation du marché pour les mois à venir est donc déjà bien engagée…

Toutefois, un retournement complet de situation reste possible : rappelons que Youtube représente à lui seul 40% des vidéos disponibles sur Internet. Un revirement complet de Google (s’il leur venait à l’idée d’attaquer frontalement Apple en abandonnant H264, par exemple) pourrait complètement changer la donne.

Désinscription impossible

Une fois n’est pas coutume, un mini “coup de gueule” sur ce blog : je cherchais à me désinscrire d’un service (MySurvey, pour ne pas le nommer) qui m’envoyait beaucoup trop de mails à mon goût, et le moins qu’on puisse dire est que ça a été…compliqué !

Au début, j’étais plutôt optimiste : le site affiche en effet clairement une déontologie au dessus de tout soupçon (j’aurai dû me méfier, un site fait en ColdFusion, ça aurait dû me donner la puce à l’oreille 😉 ) :

TNS fait également partie de l’association ESOMAR qui s’engage à soutenir les valeurs de professionnalisme, d’excellence en recherche et d’efficacité commerciale.

Fichtre !

Les membres du panel peuvent refuser à tout moment de répondre à une enquête spécifique ou décider de ne plus faire partie de notre panel d’internautes. Nous respectons votre décision de décliner toute participation et n’essaierons pas de vous relancer. Les panélistes qui préfèrent ne pas participer à une enquête n’auront pas besoin de le faire.

Eh bien ! Avec tous ces engagements, je ne risque vraiment rien, d’autant plus que les emails envoyés précisent qu’on peut se désinscrire :

Si vous désirez être retiré(e) du panel MySurvey, veuillez cliquer sur le lien
suivant et entrer votre adresse email ainsi que votre mot de passe.
http://fr.mysurvey.com

Je suis donc le lien, qui me permet effectivement (enfin, après avoir retrouvé mes identifiants…) d’aller sur le site. Premier mystère : aucun lien “se désinscrire”. En farfouillant un bon moment, je finis par voir que la seule possibilité est de passer par un formulaire de contact, qui contient parmi les thèmes le choix “Se désinscrire”.

Plusieurs jours plus tard (et après deux messages), je finis par recevoir… non pas un mail confirmant ma désinscription, mais un message décrivant une nouvelle procédure de désinscription ! Et en 6 étapes s’il vous plait :

[1] Connectez-vous sur le site MySurvey grâce à votre mot d’utilisateur et votre mot de passe
[1a] Si vous ne pouvez pas vous connectez, veuillez nous contacter
[2] Lorsque vous êtes connecté, copiez et collez le lien suivant dans la barre d’adresse de votre navigateur: http://fr.mysurvey.com/index.cfm?action=Main.unsubscribe
[3] Vous êtes maintenant sur la page “se désinscrire” et vous pouvez vous-même vous désabonner
[4] Soyez conscient que vous perdrez tous les points de récompenses et que vous ne recevrez plus d’enquêtes après avoir cliqué sur “envoyer”
[5] Si vous êtes sûr, alors cliquez sur “envoyer”
[6] Vous êtes maintenant désabonné

Obliger les utilisateurs à copier/coller une URL, si ce n’est pas de la mauvaise fois pure et dure, je ne m’y connais pas ! Mais le meilleur est pour la fin :

Il nous faudra environ deux semaines pour traiter votre demande

J’imagine que si la société en question réclame un droit de réponse, elle va invoquer des problèmes techniques empêchant une procédure plus simple (ceci dit, les pauvres, avec un vieux ColdFusion, je les plains !). Mais un tel labyrinthe pour une désinscription, c’est soit de la mauvaise foi manifeste, et la volonté de garder artificiellement une base de données bien remplie, soit une méconnaissance du métier “web” assez navrante…