Social Music : Spotify marque des points - JD and Co

Social Music : Spotify marque des points

Là où Deezer piétine et où iTunes s’encroûte (appli vieillissante, modèle de l’iTunes Music Store en perte de vitesse), Spotify avance vite, bien, et fort. Après une fin d’année 2009 consacrée aux applis sur téléphone mobile, le Spotify “NextGen” vient d’arriver. Et autant dire que c’est vraiment plutôt bien foutu.

Un player incontournable

Jusqu’ici, j’avais la plupart du temps à la fois iTunes et Spotify ouverts sur mon ordinateur. Pour quelle raison ? Tout simplement parce que le modèle économique de Spotify le prive d’un certain nombre d’incontournables : impossible d’écouter mes Pink Floyd ou Beatles adorés, faute de droits à la diffusion. Je les avais donc sur mon iTunes, après avoir passé du temps à ripper mes CD d’origine (eh oui, les Beatles ne sont toujours pas disponible online…).

Spotify cherche clairement aujourd’hui à devenir l’unique player ouvert sur le poste de tout à chacun : il est désormais possible d’inclure dans ses playlist des morceaux stockés localement. Mieux, la synchro avec l’appli mobile se fait de manière transparente. Autrement dit : sauf à vouloir rester client de l’iTunes Store, iTunes n’est plus du tout indispensable.

D’ailleurs, si vous doutiez qu’iTunes était en ligne de mire, Spotify inclut une fonction permettant d’importer l’ensemble de sa bibliothèque iTunes en un clic… :

Ne manque plus qu’une “brique” pour que ma chaîne numérique Apple-ienne soit complète : l’iPhone OS 4 qui permettra, enfin, de faire tourner l’appli Spotify en tâche de fond sur mon iPhone (les possesseurs d’Android, ce n’est pas la peine de pavaner, je sais… 😉 ). C’était, pour ma part, le seul frein qui me faisait hésiter à passer en client payant..

La musique devient sociale

Les applications permettant de lier son activité musicale à ses réseaux sociaux existent déjà depuis quelques temps. Je pense à last.fm, qui permet d’obtenir des recommandations à partir de ses goûts musicaux (un lien depuis Spotify existait déjà), à Serenade, qui permet de publier sur Twitter/Facebook les morceaux écoutés. Spotify amène ici une solution qui semble pertinente, avec un exemple parfait de savant mélange de données “internes” tout en s’appuyant sur les API (et la base de données !) de Facebook.

La vidéo fournie par Spotify l’explique mieux que je ne le ferai : au lieu d’avoir des playlists “en vrac”, on a désormais un système de comptes utilisateurs, s’appuyant si l’on veut sur sa liste d’amis Facebook, gérant des playlists par utilisateurs, et un système de mailbox pour envoyer des suggestions de morceaux à ses amis. Les playlists sont également qualifiées par un système de popularité.

Cette nouvelle version est également beaucoup plus ouverte, avec possibilité de publier plus facilement ses playlists sur Facebook, ou sur un blog ou tout autre site Internet. On peut également recevoir directement dans son player des suggestions publiées sur Facebook.

Cette dernière fonction est une variante intéressante du “feed” Facebook. Plutôt que de réinventer la roue, et de multiplier les feeds, Spotify s’appuie tout simplement sur les feeds Facebook existants en les intégrant dans votre player : vous publiez une suggestion sur votre page Facebook, et cette suggestion se répercute dans les players Spotify de vos contacts.

On voit ici naître la notion de “page publique” Spotify, encore une fois sur un mode proche de Facebook. On peut par exemple insérer sur sa page publique des playlists, les siennes, mais aussi celles de ses contacts, si on le désire. Spotify mentionne également la liste des contacts qui sont “abonnés” à votre playlist.

Comme je l’ai dit, l’appli Spotify n’est pas loin d’être un “best practice” de l’intégration de Facebook dans une application propriétaire : fondamentalement, vous restez ancré sur votre compte Spotify (mes playlists, mes autorisations…et mon abonnement payant), ce compte étant enrichi par les données Facebook (mon avatar, mes amis, etc…).

A noter que la “publication” de son activité musicale risque de provoquer son lot de polémiques : par exemple, mon profil public (voir ci-dessus) propose non seulement mes listes de lecture, mais aussi un résumé de mon activité récente sur Spotify (par exemple, j’ai beaucoup écouté le dernier Jeanne Cherhal, mais je n’ai pas vraiment cherché à ce que ça soit su publiquement, je ne l’ai jamais mis dans une playlist, etc…).

Tout n’est pas encore parfait (on peut imaginer des passerelles plus fortes avec Twitter -une simple émission de tweet est présente pour un morceau à suggérer, ou une meilleure intégration de suggestions “à la Last.fm”), mais Spotify monte clairement une marche supplémentaire aujourd’hui.

N’oublions pas que Spotify diffuse également, pour l’instant de manière plutôt confidentielle, un jeu d’API permettant à des applications tierces d’interagir avec Spotify. Je retiens toujours l’exemple de mes amis d’Octolys qui ont conçu une petite page permettant à tout à chacun de définir la “playlist” qui sera diffusée dans leurs bureaux, simplement en se connectant (avec Facebook Connect) sur une page web publique (je vous laisse imaginer l’éclectisme de ce qu’on peut écouter ensuite..)

Et maintenant ?

Reste plusieurs inconnues, de taille : le produit gagne en qualité et en fonctionnalités, mais :

  • Le modèle économique est il viable, en particulier pour les artistes ? Je vous invite à lire cet article qui est très parlant sur le volume nécessaire pour avoir une rentabilité quelconque avec ce mode de diffusion
  • Les majors vont elles continuer à jouer le jeu ? Spotify et Deezer étaient des pistes inconnues, mais maintenant qu’on a de vrais retours d’expérience, rien ne dit que les listes de lectures vont augmenter. La Warner, par exemple (R.E.M., etc…) a retiré ses artistes des diffuseurs online gratuits depuis février dernier. Si d’autres suivent le mouvement, Spotify risque de devenir un colosse…aux pieds d’argile.

Malgré ces bémols légitimes, ne gâchons pas notre plaisir : Spotify est aujourd’hui (en attendant, peut-être, un hypothétique iTunes “online”) l’offre la plus attrayante et la plus complète au niveau des fonctionnalités. Au fait, ma playlist est disponible ici !

8 réflexions au sujet de “Social Music : Spotify marque des points”

  1. J’aime bien Spotify, rien à redire et je vais m’empresser de tester la nouvelle version.

    Par contre j’ai la version premium et là, je ne suis pas ultra satisfait. Pourquoi ?
    – La pub c’est naze quand on en a mais on s’y fait…
    – La version mobile est bien mais, ça ne passe pas partout (Clermont/Paris en voiture, ça saute…) et j’ai dépassé mon fair use Orange.
    C’est quelque chose auquel je n’avais pas pensé du tout et je trouve ça moins intéressant du coup…

    En résumé, la version premium ne m’est pas adaptée. La pub, je m’en moque, le mode offline ne m’est pas utile puisque connecté en permanence à Internet pour le travail et la version mobile est à usage limitée dans mon cas. J’aime avoir ma musique dans la voiture mais en 1 semaine je n’ai plus de connexion due à mon dépassement forfaitaire (la joie de l’illimité…).
    Payé 10 euros par mois pour mettre ma playlist en offline sur Spotify iPhone ça ne m’enchante guère…

    ++

  2. @will : c’est sur que ce genre d’application ne prendrait tout son sens qu’avec une vraie couverture haut débit sans fil (style WiMax ou autre). en attendant ce jour (ça finira bien par arriver, haut les coeurs !), le mode offline reste effectivement le seul gros vrai + de l’offre payante..

    c’est d’ailleurs un débat très délicat, cette délimitation de la partie payante dans un service “freemium”. je me souviens d’une discussion où tout le monde était d’accord pour dire qu’Evernote, par exemple, avait une partie gratuite trop importante (le comble !). Spotify est peut être finalement dans le même cas ?

  3. Avec la fin de Jiwa et le rachat de Deezer, c’est clair que ce marché est en train de vivre une “purge”… Et Spotify est bien placé dans la course, en tout cas pour le moment c’est mon favori…

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  5. J’aime bien deezer mais le soucis de ce site c’est la disparition régulière des titres, résultat des playlists avec des titres en moins à reprendre car le site ne comprends pas qu’il doit sauter par dessus le titre effacé. En plus maintenant il vient de passer payant, donc je balance entre spotify et deezer

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