Palm passe de main en main

(vous apprécierez le jeu de mot plus ou moins subtil du titre de cet article !)

Lorsque j’ai appris le rachat de Palm par Hewlett-Packard, hier soir, j’ai cherché à me remémorer quels avaient été les aventures de cette société qui a bien souvent changé de propriétaires et de structure… Petit post en forme de mémo pour résumer tout ça…

  • Palm est né en 1992 (source : Wikipedia), et a commencé par concevoir un premier device personnel, le Zoomer, sous marque Casio. Echec commercial
  • Pour survivre, Palm a vendu sous licence à Apple sa technologie Graffiti, permettant à l’époque au Newton de supporter la reconnaissance d’écriture (avec plus ou moins de succès…)
  • En 1995, Palm a été racheté par US Robotics, qui commercialisait jusqu’alors des modem.
  • En 1997, le Palm Pilot est un grand succès (les plus anciens se souviennent encore des séances de frime pendant les rencontres Web de l’époque où les gens s’échangeaient leurs cartes de visite virtuelle par une liaison infrarouge 😉 )
  • En 1997, US Robotics a été racheté par 3Com. Dans le même temps, les fondateurs historiques de Palm ont quitté le navire pour fonder HandSpring
  • Palm regagne son indépendance vis-à-vis de 3Com après une entrée en bourse réussie en 2000
  • En 2001, Palm rachète Be, la société de Jean-Louis Gassée, et surtout BeOS. Ce produit ne sera malheureusement pas maintenu.
  • En 2002, Palm se scinde en deux compagnies, Palm (vente de hardware) et PalmSource (conception du système d’exploitation)
  • En 2003, Palm (celui qui fait du hardware) fusionne avec HandSpring (la boîte des anciens dirigeants qui étaient partis en 1997 et qui avaient conçus le Visio et le Treo depuis) pour devenir palmOne
  • En 2005, palmOne rachète PalmSource, et l’entreprise réunifiée devient Palm, Inc
  • En 2010, HP rachète le tout.

Et maintenant ? HP est tenté depuis longtemps de diversifier son offre avec des produits s’éloignant du cadre du “simple” PC classique. On se souvient qu’ils vendaient un temps des iPod en marque blanche, puis qu’ils ont conçus les premiers TabletPC. Plus récemment, une tablette a été présentée en début d’année, la “Slate”.

L’expérience montre que Palm s’est beaucoup essoufflé avec ces multiples mutations. Ils leur restent toutefois un produit de plutôt bonne qualité (le Palm Pre), mais qui n’est pas un grand succès commercial, de bonnes compétences à la fois hard et en conception de systèmes d’exploitation. Reste à voir comment ces compétences vont s’intégrer dans le “monstre” HP qui n’est pas forcément un modèle de souplesse et d’adaptabilité…

Social Music : Spotify marque des points

Là où Deezer piétine et où iTunes s’encroûte (appli vieillissante, modèle de l’iTunes Music Store en perte de vitesse), Spotify avance vite, bien, et fort. Après une fin d’année 2009 consacrée aux applis sur téléphone mobile, le Spotify “NextGen” vient d’arriver. Et autant dire que c’est vraiment plutôt bien foutu.

Un player incontournable

Jusqu’ici, j’avais la plupart du temps à la fois iTunes et Spotify ouverts sur mon ordinateur. Pour quelle raison ? Tout simplement parce que le modèle économique de Spotify le prive d’un certain nombre d’incontournables : impossible d’écouter mes Pink Floyd ou Beatles adorés, faute de droits à la diffusion. Je les avais donc sur mon iTunes, après avoir passé du temps à ripper mes CD d’origine (eh oui, les Beatles ne sont toujours pas disponible online…).

Spotify cherche clairement aujourd’hui à devenir l’unique player ouvert sur le poste de tout à chacun : il est désormais possible d’inclure dans ses playlist des morceaux stockés localement. Mieux, la synchro avec l’appli mobile se fait de manière transparente. Autrement dit : sauf à vouloir rester client de l’iTunes Store, iTunes n’est plus du tout indispensable.

D’ailleurs, si vous doutiez qu’iTunes était en ligne de mire, Spotify inclut une fonction permettant d’importer l’ensemble de sa bibliothèque iTunes en un clic… :

Ne manque plus qu’une “brique” pour que ma chaîne numérique Apple-ienne soit complète : l’iPhone OS 4 qui permettra, enfin, de faire tourner l’appli Spotify en tâche de fond sur mon iPhone (les possesseurs d’Android, ce n’est pas la peine de pavaner, je sais… 😉 ). C’était, pour ma part, le seul frein qui me faisait hésiter à passer en client payant..

La musique devient sociale

Les applications permettant de lier son activité musicale à ses réseaux sociaux existent déjà depuis quelques temps. Je pense à last.fm, qui permet d’obtenir des recommandations à partir de ses goûts musicaux (un lien depuis Spotify existait déjà), à Serenade, qui permet de publier sur Twitter/Facebook les morceaux écoutés. Spotify amène ici une solution qui semble pertinente, avec un exemple parfait de savant mélange de données “internes” tout en s’appuyant sur les API (et la base de données !) de Facebook.

La vidéo fournie par Spotify l’explique mieux que je ne le ferai : au lieu d’avoir des playlists “en vrac”, on a désormais un système de comptes utilisateurs, s’appuyant si l’on veut sur sa liste d’amis Facebook, gérant des playlists par utilisateurs, et un système de mailbox pour envoyer des suggestions de morceaux à ses amis. Les playlists sont également qualifiées par un système de popularité.

Cette nouvelle version est également beaucoup plus ouverte, avec possibilité de publier plus facilement ses playlists sur Facebook, ou sur un blog ou tout autre site Internet. On peut également recevoir directement dans son player des suggestions publiées sur Facebook.

Cette dernière fonction est une variante intéressante du “feed” Facebook. Plutôt que de réinventer la roue, et de multiplier les feeds, Spotify s’appuie tout simplement sur les feeds Facebook existants en les intégrant dans votre player : vous publiez une suggestion sur votre page Facebook, et cette suggestion se répercute dans les players Spotify de vos contacts.

On voit ici naître la notion de “page publique” Spotify, encore une fois sur un mode proche de Facebook. On peut par exemple insérer sur sa page publique des playlists, les siennes, mais aussi celles de ses contacts, si on le désire. Spotify mentionne également la liste des contacts qui sont “abonnés” à votre playlist.

Comme je l’ai dit, l’appli Spotify n’est pas loin d’être un “best practice” de l’intégration de Facebook dans une application propriétaire : fondamentalement, vous restez ancré sur votre compte Spotify (mes playlists, mes autorisations…et mon abonnement payant), ce compte étant enrichi par les données Facebook (mon avatar, mes amis, etc…).

A noter que la “publication” de son activité musicale risque de provoquer son lot de polémiques : par exemple, mon profil public (voir ci-dessus) propose non seulement mes listes de lecture, mais aussi un résumé de mon activité récente sur Spotify (par exemple, j’ai beaucoup écouté le dernier Jeanne Cherhal, mais je n’ai pas vraiment cherché à ce que ça soit su publiquement, je ne l’ai jamais mis dans une playlist, etc…).

Tout n’est pas encore parfait (on peut imaginer des passerelles plus fortes avec Twitter -une simple émission de tweet est présente pour un morceau à suggérer, ou une meilleure intégration de suggestions “à la Last.fm”), mais Spotify monte clairement une marche supplémentaire aujourd’hui.

N’oublions pas que Spotify diffuse également, pour l’instant de manière plutôt confidentielle, un jeu d’API permettant à des applications tierces d’interagir avec Spotify. Je retiens toujours l’exemple de mes amis d’Octolys qui ont conçu une petite page permettant à tout à chacun de définir la “playlist” qui sera diffusée dans leurs bureaux, simplement en se connectant (avec Facebook Connect) sur une page web publique (je vous laisse imaginer l’éclectisme de ce qu’on peut écouter ensuite..)

Et maintenant ?

Reste plusieurs inconnues, de taille : le produit gagne en qualité et en fonctionnalités, mais :

  • Le modèle économique est il viable, en particulier pour les artistes ? Je vous invite à lire cet article qui est très parlant sur le volume nécessaire pour avoir une rentabilité quelconque avec ce mode de diffusion
  • Les majors vont elles continuer à jouer le jeu ? Spotify et Deezer étaient des pistes inconnues, mais maintenant qu’on a de vrais retours d’expérience, rien ne dit que les listes de lectures vont augmenter. La Warner, par exemple (R.E.M., etc…) a retiré ses artistes des diffuseurs online gratuits depuis février dernier. Si d’autres suivent le mouvement, Spotify risque de devenir un colosse…aux pieds d’argile.

Malgré ces bémols légitimes, ne gâchons pas notre plaisir : Spotify est aujourd’hui (en attendant, peut-être, un hypothétique iTunes “online”) l’offre la plus attrayante et la plus complète au niveau des fonctionnalités. Au fait, ma playlist est disponible ici !

Au fait, c’est quoi le Minitel 2.0 ?

On voit de plus en plus passer des allusions à ce fameux “Minitel 2.0”. L’origine de l’expression revient sans contexte à Benjamin Bayart, dont la conférence aux RMLL 2007 avait fait date.

Le propos de Benjamin était un rappel à l’ordre, musclé et engagé, sur ce qu’est Internet : un réseau sans noeud central, où chacun est un membre actif : pas seulement en mode “web 2.0” comme on en parle aujourd’hui, mais en tant qu’acteur technique : chaque ordinateur est potentiellement un serveur, avec sa propre adresse IP. Une conférence a connaître !

Les choses ont beaucoup évolué depuis les débuts du Net. Pour prendre un exemple simple, en 1995, lorsque j’avais fait mes premières armes sur le réseau, la notion d’hébergement de serveur était très floue : si vous voulez un espace où stocker vos données et pages HTML, il “suffisait” d’installer un Apache sur sa machine locale (Linux existait déjà 😉 ), et de laisser son ordinateur allumé en permanence. Jouable si vous étiez connecté à un réseau délivrant une adresse IP fixe par poste (c’était fréquent à l’époque), beaucoup moins si vous étiez derrière un modem 33Kbps. D’où le besoin d’avoir des services d’hébergement, avec des serveurs “centraux” gérés par des organismes plus ou moins commerciaux.

Idem pour les mails. Benjamin rappelle que dans les temps anciens, une adresse mail, c’était “le login de l’utilisateur sur son poste”@”le nom de sa machine”. Et chacun hébergeait son serveur de mails.

La pratique d’Internet a bien changé aujourd’hui, pour du beaucoup mieux (qui aurait envie aujourd’hui de se prendre la tête à gérer son propre serveur de mails ?) mais avec beaucoup de dérives.

Mais les dérives sont également du côté des journalistes et bloggeurs : de la même manière qu’on a décliné le terme “web 2.0” à toutes les sauces, on parle aujourd’hui de “Minitel 2.0” pour tout et n’importe quoi. D’où la question : en fait, ou en est la “minitellisation” de notre Web ?

C’est quoi un minitel 2.0 ?

Si l’on se souvient du modèle technique et économique du Minitel, on peut lister les critères suivants :

  • Terminal fermé techniquement, diffusé gratuitement ou à faible coût, technologies propriétaires (Vidéotext) et matériel standardisé (Minitel)
  • Modèle économique “à la durée” (coût de connexion par minute avec appel surtaxé)
  • Serveurs centralisés et passant par un point d’entrée unique (Télétel)

Avec cette “grille de lecture”, amusons nous maintenant à relire les offres de certains des acteurs les plus marquants du web actuel

Google : l’omniprésent

Google est bien entendu le premier des acteurs du web qui vient à l’esprit lorsqu’on parle de “Minitel 2.0” : omniprésent, intrusif, Google est au centre de beaucoup de polémiques.

Passons le numéro 1 du Web sur notre grille d’évaluation minitelesque :

  • Terminal : Google prépare son propre terminal, basé sur Chrome OS. Ce sera vraisemblablement un Netbook. Du côté des mobiles, Android a déjà fait sa place depuis ces deux dernières années. Chrome OS et Android sont des projets ouverts en apparence, mêlant OpenSource et briques propriétaires. Google Chrome, le navigateur, est en particulier au coeur des préoccupations. Du côté des technologies, Google privilégie les standards tels que HTML5, tout en laissant la porte ouverte à des acteurs tels qu’Adobe Flash. Rappelons toutefois que ces pistes sont (à l’exception d’Android) pour l’instant essentiellement des “effets d’annonce” : ChromeOS n’est pas encore disponible publiquement.
  • Le modèle économique de Google est bien plus subtil que le paiement à la minute du Minitel : Google profite de son omniprésence pour imposer des publicités un peu partout, et surtout pour revendre un savoir faire de “ciblage” très fin. En d’autres termes : derrière la gratuité totale, un flicage de plus en plus présent.
  • Peut on dire que Google propose un point d’entrée unique ? Non en principe, puisque par définition Internet n’est pas centralisé. Mais l’omniprésence du géant de Redmond est telle qu’on peut aujourd’hui se poser légitimement la question…

Apple iPad : le verrouillé

On pourrait étudier le “cas” Apple dans sa globalité (il y aurait beaucoup à dire, et beaucoup a déjà été dit sur ce blog), mais je vais ici me consacrer sur l’iPad, symbole le plus extrême du terminal fermé “à la Apple” :

  • L’iPad est “le” terminal par excellence, au sens où tout a été conçu pour être le média idéal de consommation de produits culturels et de contenus multimédias : musiques, vidéos, photos, livres, jeux et applications, l’iPad rassemble tous les supports tout en apportant un discours qui rappelle étrangement le minitel : s’introduire dans le quotidien de M. tout le monde, en faisant abstraction de toute notion technique et en nivelant le “ticket d’entrée” de niveau de connaissance. Comme Google (mais en pire), les technologies employées sont ouvertes “dans le discours” (voir la déclaration récente du porte parole d’Apple) et terriblement fermées dans les faits (plateforme de développement XCode obligatoire, validation par l’AppStore incontournable)
  • On l’a vu avec les chiffres dévoilés par Apple récemment : le modèle économique de l’iPad ne se fait pas tant sur la vente du terminal, que sur l’écosystème “AppStore” : proposer à un tarif (relativement…) abordable un terminal de consommation (pour rappel, le Minitel était gratuit à l’époque, puis a été fourni pour un tarif de location très abordable) et se rémunérer sur l’usage de l’appareil (la vente d’application et de médias pour Apple, la consommation à la minute pour le Minitel)
  • Les PTT des années 80 pouvaient fermer et réouvrir les accès aux “serveurs minitel” à leur guise, Apple en fait de même avec la validation des AppStore. La centralisation des validations d’application est un mode de fonctionnement encore plus violent que le principe du “point d’entrée de connexion unique”.

En résumé : l’iPad, même si cela n’enlève en rien ses grandes qualités, est aujourd’hui vraisemblablement l’exemple se rapprochant le plus du Minitel.

Microsoft : l’acteur historique

Difficile de faire un tel “état des lieux” sans passer par Microsoft, l’éternel acteur principal de la micro-informatique. L’ex-société de Bill Gates ne traîne pas forcément une image très reluisante. Voyons ce que cela donne au travers du prisme “Minitel 2.0” :

  • Le “terminal” façon Microsoft a, historiquement, des apparences multiples : Windows est conçu pour fonctionner sur n’importe quel PC (ce qui n’est pas le moindre de ses soucis, avec tous les problèmes de drivers qui s’ensuivent !).Difficile de trouver plus ouvert…enfin, si l’on fait abstraction du système intégralement propriétaire, et des terminaux “spécialisés” de Microsoft qui sont eux beaucoup plus fermés (XBox360, Windows Mobile). Du côté des technologies soft, MS tente de rattraper son retard vis à vis de HTML5 (c’est bien), cherche sans grand succès à imposer Silverlight (ça ne manque pas trop…) et reste finalement relativement “réglo”, surtout en comparaison avec les acteurs précédemment cités. La période où MSN Messenger était incontournable est déjà bien loin !
  • Un grand classique pour le modèle économique : la vente de licences logicielles. Simplissime, classique, en opposition totale aux théories et concepts à la mode (freemium and co), et pourtant… ça marche. Les quelques tentatives de services online de Microsoft n’ont jamais vraiment décollé. Et pourtant, ce n’est pas l’envie qui leur en manque : dès 1994, Microsoft voulait, avec le projet “Microsoft Network”, remplacer Internet par une sorte de Télétel géant. Loupé !
  • Même problème que pour Google : en soit, rien n’oblige à passer par Windows. Et pourtant, l’immense majorité des postes de travail en sont dotés. Quand on est devenu le “frigidaire” des systèmes d’exploitations, difficile de changer la donne… A noter toutefois la quasi totale neutralité de Microsoft vis à vis du Web : à part quelques soutiens légitimes au moteur de recherche Bing, Microsoft reste discret dès lors que l’on est online.

Article à suivre avec d’autres sociétés passées au crible du Minitel 2.0…

Apple, je te…

Apple, je te déteste…

  • Parce que la compagnie est aujourd’hui clairement gérée en fonction des marges générées (MacOS est malheureusement délaissé au profit de l’iPhone, plus….profitable !)
  • Parce qu’à force de fermer ses plateformes, elles risquent de perdre beaucoup en richesse
  • Parce que les spécifications matérielles ne sont plus dictées par “le mieux possible”, mais par “le plus acceptable par la majorité des utilisateurs”
  • Parce que mon Mac est clairement beaucoup moins stable (et rapide !) que celui que j’avais il y a quelques années
  • Parce que le phénomène de mode autour de la marque laisse l’impression aux “historiques” d’être dépossédé de leur objet de culte
  • Parce que le culte du secret autour des produits tourne au ridicule
  • Parce que les prix pratiqués ne se justifient plus autant qu’avant
  • Parce que tes pratiques (censure, DRM) sont de plus en plus douteuses

Apple je t’adore…

  • Parce que la société reste la seule majeure du marché à innover et imposer de nouvelles voies en prenant des risques
  • Parce que le design est au centre des préoccupations de chacun
  • Parce que tu prend le risque d’être dépendant d’un bonhomme vieillissant, plutôt que de t’affadir comme toutes les sociétés anonymes
  • Parce que, n’en déplaise, Mac OSX reste la seule plateforme basée sur Unix utilisable par le grand public et avec des applis grand public (je sens que je ne suis pas loin du troll 😉 )
  • Parce qu’Apple n’a jamais conçu ses machines comme des boîtes à geek, mais comme un outil pour la vie du plus grand nombre (jamais la suite iLife n’a autant mérité son nom)
  • Parce que l’expérience utilisateur est tellement aboutie qu’on n’a jamais trouvé ailleurs une telle émotion simplement en déballant un ordinateur
  • Parce qu’une marque n’a jamais représenté autant, et aussi fort

Curieux, cette relation haine/amour qui attache les fanboys Apple à leur joujou favori… Jamais la marque ne laisse indifférente, et c’est doute pour bonne partie la clé de son succès..

Et vous, qu’est ce qui vous débecte/fascine chez la pomme ?

L’iPad n’est (hélas) pas autonome

L’iPad est maintenant en vente libre et se diffuse aux Etats-Unis avec un beau succès d’amorçage (700 000 exemplaires vendus). L’occasion d’avoir les premiers retours sur la bête…

Les critiques sont plus que positives, en générales assez enthousiastes. Avec toutefois UN détail qui personnellement me choque assez : impossible d’utiliser l’iPad seul !

Il est en effet indispensable d’initialiser la machine à partir d’un iTunes installé sur un PC ou un Mac. On reconnaît bien là le côté mercantile d’Apple, qui se vante d’avoir un très grand nombre de comptes utilisateurs (et de coordonnées bancaires liées…) sur l’iTunes Store. Le principe de l’enregistrement systématique est discutable, mais encore plus l’est ce “cordon ombilical” : de l’avis de tous l’iPad est parfaitement utilisable en tant qu’unique ordinateur d’un foyer classique. Parfaitement utilisable… sauf lors de l’initialisation de l’engin !

Il est à souhaiter qu’Apple change ce détail dans les semaines à venir. Même si c’est finalement plus symbolique qu’autre chose (qui aujourd’hui n’a pas un ordinateur à disposition pour amorcer son iPad ?), ce détail va complètement à l’encontre de ce que peut devenir cet outil : le compagnon principal de l’utilisateur débutant ne désirant pas -ou plus- s’encombrer d’un ordinateur.

Se pose bien sûr aussi le problème de la synchronisation : où archiver les données de son ordinateur. Le cloud est un début de solution, et le “NAS personnel” une autre. On en reparlera, car l’utilisation personnelle d’un ordinateur m’amène d’autres réflexions sur le sujet de la sauvegarde personnelle. A suivre, donc..

De l’Altair à l’iPad

En ce début du mois d’avril 2010, deux événements m’ont marqué et j’ai tout de suite fait un lien entre les deux :

  • La mort d’Ed Roberts, héros méconnu des débuts de la micro-informatique, et inventeur d’un des tous premiers ordinateurs personnels, l’Altair, en 1975
  • La sortie de l’iPad, le nouveau device d’Apple que je n’ai pas à vous présenter !

Certes, l’Altair était plus que rudimentaire (ni clavier ni écran). Mais il était le premier (ou presque, le titre du “premier ordinateur personnel” étant sujet à polémique) à faire le pari qu’un ordinateur pouvait être abordable, et destiné à un usage personnel. Il faut se souvenir qu’avant l’Altair, les ordinateurs étaient de grosses armoires qu’on utilisait en temps partagé. Symboliquement, l’Altair est devenu le premier “terrain de jeu” de l’entreprise naissance Micro-Soft, avant de disparaître, noyé sous les problèmes techniques et doublé par des concurrents plus professionnels, Apple (déjà…) en tête.

Pour moi, ces deux événements sont, symboliquement bien sûr, la marque claire du début d’un nouveau chapitre : celui qui suit l’ordinateur personnel tel que nous l’avons pratiqué jusqu’à maintenant. Rien que ça ? Oui !

N’allez pas me prendre pour le fanboy Apple fanatique ; bien sûr que si j’avais la possibilité de mettre la main sur un iPad, je ne me ferais pas prier.  Mais si l’iPad est important, c’est surtout parce qu’il va ouvrir la voie vers des terrains encore inexplorés. Tout comme le Macintosh l’avait fait à l’époque : un succès d’estime, mais qui avait changé à tout jamais l’histoire des PC.

L’iPad redéfinit le cahier des charges de l’ordinateur personnel, en l’amenant vers autre chose qu’un outil finalement assez similaire à ce qu’on aurait sur le bureau d’une entreprise. Si l’on résume en quelques points ce nouveau type de périphérique, on aurait :

  • un format destiné à une utilisation “dans la maison”, et pas simplement sur un bureau
  • une abstraction complète des notions de fichier, dossier… hérités d’Unix et qui sont un frein pour beaucoup de débutants
  • la suppression des périphériques d’entrées classiques que sont clavier et souris (l’ordinateur fait tellement partie de notre quotidien que l’on en oublierait que le simple usage d’une souris est parfois problématique pour des débutants) au profit d’un interface tactile
  • au niveau matériel, la suppression de tout composant mécanique (disque dur, lecteur de disque optique..)
  • une utilisation “orientée fonctionnalités” reprenant la logique de l’iPhone (“il y a une application pour presque tout”)
  • une dispense complète des corvées d’installation de logiciels (on passe par un AppStore) et d’outils de sécurité, antivirus and co (le système doit être suffisamment fermé pour protéger l’utilisateur)
  • l’omniprésence d’Internet et du multimédia dans toutes les applications

L’iPad est donc aujourd’hui dans la nature. Il est bien sûr imparfait, et sera perfectionné dans les années à venir. Il sera surtout, j’espère, concurrencé avec des offres crédibles chez HP, Asus, etc…, et au niveau logiciel par des travaux équivalents chez Microsoft et dans le monde Opensource, pour des versions plus ouvertes de ce type d’outil. Il manque encore d’applications, même si les premières sont sacrément prometteuses.

Mais l’iPad est là pour longtemps, à n’en pas douter. Avec une petite pensée pour le vieux Ed, qui avait su être suffisamment cinglé pour se lancer dans l’aventure avant les autres !

Le bon coin : ode à la simplicité

Tout en restant discret, à la fois dans les médias et dans les articles “pour geeks” (pas de marketing, pas de technos innovantes…), le site leboncoin.fr est en train de se transformer en une véritable lame de fond sur le marché Français. Réussissant même à faire vaciller le monstre eBay :

Les Français découvrent le freemium

Comment détrôner un leader absolu en une leçon ? En proposant une offre plus adaptée que lui, et le tout gratuitement.

Caricatural ? Non, car le bon coin est avant tout une application directe du modèle Freemium décrit entre autre par Chris Anderson. En très résumé, cela consiste à :

  1. Envahir le marché avec une offre gratuite et parfaitement crédible. S’appuyer si possible sur un “rouleau compresseur” de communication, ou jouer à fond la carte du bouche à oreille (dans le cas du Bon Coin, les deux ont joué en fait, Spir Communication étant un des propriétaires du site, et disposant de nombreux canaux de communication).
  2. Recueillir un maximum d’utilisateurs et de référencement
  3. Exploiter ce volume en leur proposant des options payantes, suffisamment discrètes pour ne pas perdre ses utilisateurs, et permettant un équilibre financier pour l’entreprise.

Le Bon Coin rajoute une vision “modeste” et pragmatique, inspirée de Craig’s List : ne pas forcément chercher un chiffre d’affaire en hausse exponentielle, rester petit dans ses ambitions techniques (16 salariés gèrent aujourd’hui le site), et doser savamment ses options payantes en fonction du point d’équilibre financier.

En d’autres termes : ne pas tuer la poule aux oeufs d’or en cédant au vertige de millions d’utilisateurs pour les exploiter financièrement au maximum, en prenant le risque de les perdre.

Efficacité redoutable, car le site a doublé en deux ans le leader du marché, eBay, tout en atteignant dans les mêmes délais la rentabilité.

Le Bon Coin n’est en fait pas “parti de zéro”, puiqu’il est issu d’une société Suédoise, Schibsted, qui a complètement envahi le marché suédois et norvégiens avec des sites déjà basés sur le même modèle. Faites un tour sur Blocket ou sur Segundamano (en Espagne) : des déclinaisons du même site.

Convivialité avant tout

Vous souvenez-vous de Simone ? C’était la tenancière du site iBazar, leader des enchères en ligne il y a une dizaine d’années. iBazar a rapidement été “avalé” par eBay, en 2001, qui a supprimé la marque au bénéfice de la sienne (les plus anciens se souviennent sans doute de l’anecdote du cybersquatt du nom de domaine ebay.fr).

iBazar proposait un modèle d’enchères classiques, et était rapidement devenu populaire par la personnalisation de son site avec la “mascotte” qu’était Simone, qui humanisait le site.

eBay, en revanche, a toujours basé son site sur des outils très performants et puissants, mais aussi froids qu’un logiciel d’expertise comptable. Pas de mascotte, mais des outils business : multiples options de vente, boutiques personnalisables, etc… Simone était bien loin !

Le Bon Coin n’a pas de mascotte, mais propose de “retrouver” cet esprit convivial, avec un nom de domaine particulièrement bien choisi. Antoine Jouteau, Directeur du Développement du site, sur le site Rue89 :

LeBonCoin.fr a failli s’appeler ChezGeorgette.com. Avant son lancement, ses concepteurs décident de consulter des utilisateurs pour le choix du nom du site. « Le Bon Coin s’est imposé largement devant les autres », raconte Antoine Jouteau, directeur du développpement du site . « Le Bon Coin, c’est un nom de café ou de restaurant, des lieux de convivialité. C’est donc là que se fait l’échange. »

Georgette, Simone, l’idée est là : tant pis si ça fait un peu plouc, l’idée est de rester “proche” de ses clients, au moins dans l’image. Et le nom du site fait mouche : en quelques mois, il est tout simplement rentré dans le vocabulaire de tout le monde : “t’es allé voir sur le bon coin ?” sonne comme un conseil entre amis, pas comme une préconisation de marque.

Mais la principale proximité est tout simplement géographique : très symboliquement, la première image, dès la homepage du site, est une carte de France, permettant de choisir son département, sa région. Très loin du modèle eBay basé sur des envois de colis, Le Bon Coin privilégie le contact humain, la proximité. Il est bien sûr possible d’élargir une recherche sur la France entière, mais une bonne partie des ventes s’effectue tout simplement localement, en se donnant rendez vous. Moins de complications (plus besoin de confectionner ses colis), moins de frais (plus de frais de port), et plus d’humain. La recette est simplissime, mais constitue un argument de poids pour les anciens “eBayeurs” qui se sont lassés de ces corvées d’expédition.

C’est simple!

En tant que consultant Web, l’exemple du Bon Coin m’intéresse particulièrement sur sa simplicité extrême. Là aussi, tout est conçu pour faciliter l’accès à l’annonce.

Outre l’absence de paiement, qui simplifie bien sûr considérablement le “tunnel” de création d’une annonce, notons :

  • L’absence de compte utilisateur. Un simple mot de passe est associé à une annonce, afin de pouvoir la modifier ou la supprimer.
  • Catégorisation très simplifiée : simplement un combo permettant de choisir entre une cinquantaine de catégories
  • Une photo conseillée, trois au max
  • Un prix optionnel

En tant qu’habitué des sites d’e-commerce, j’ai parlé de tunnel, mais en fait le formulaire tient sur une seule page : pas d’Ajax ou de sophistication, pour la simple raison qu’il n’y en a pas besoin !

Le site n’est toutefois pas allé jusqu’à l’épure extrême de Craig’s List, dont la structuration repose sur des catégories proposées par les utilisateurs.

Rechercher une annonce est tout aussi simple : certaines catégories, voitures, immobilier, proposent des critères un peu plus “fins”, mais la plupart des annonces sont accessibles avec un simple combo de recherche.

Mieux : la simple sélection d’une région permet d’afficher les derniers produits, toutes catégories confondues, en dessous du moteur de recherche. Cette page, anodine, contribue beaucoup au côté “accessible” du site ; et je connais beaucoup de gens (moi en tête) qui se surprennent à fouiner sur cette page, un peu comme si on se baladait dans une brocante géante, ou cotoient voitures à 50 000 euros et vêtements pour bébé à 1 euro.

Et le modèle économique ?

Trois sources de revenus sont identifiées par les dirigeants du Bon Coin (voir cette interview d’Olivier Aizac, Directeur Délégué) :

  • Des options sur les annonces (mise en avant…)
  • Des fonctionnalités pour professionnels (imports XML d’annonces, entre autre)
  • Publicité, dont les tarifs continuent de chuter, mais qui sont ici contrebalancés par le trafic extrêmement important du site (2,2 millions de visiteurs par jour !)

En clair : rien de très révolutionnaire, tout étant lié à un savant dosage entre la masse d’utilisateurs (récoltés grâce au mode gratuit) et la recherche de rentabilité.

Quelles leçons en tirer ?

La première leçon, c’est que le modèle gratuit reste intéressant, à une condition, très difficile à atteindre : proposer une offre en parfaite adéquation avec la demande. J’ai cité eBay dans cet article, mais j’aurai pu citer d’autres sites, plus dédiés au marché de l’annonce, le problème restait le même : des fonctionnalités complètes, un “cahier des charges idéal”, mais au final un site trop compliqué et difficile d’accès pour l’utilisateur.

Ce cahier des charges épuré est la seconde leçon à méditer : rien ne sert de faire le site “idéal”, le plus complet et aux fonctionnalités les plus nombreuses. La démarche de ce site est inverse : on part d’un cahier des charges rassemblant les pratiques des autres sites, et toutes les autres itérations servent non pas à le compléter pour le différencier, mais à le simplifier au maximum pour aboutir à un site “suffisant” pour la majorité des utilisateurs. La fameuse règle du 80/20 : 80% des fonctionnalités ne sont utilisées que par 20% des utilisateurs. D’où le postulat : doit on “perdre” 80% des utilisateurs avec des fonctionnalités dont ils n’ont pas l’usage ? eBay, encore lui, à beaucoup fait fuir par sa trop grande exhaustivité.

Que va devenir le Bon Coin dans les mois et années à venir ? Leur savant équilibre, entre utilisateurs gratuits massifs, et rentabilité, reste fragile. Peut être vont ils évoluer sur d’autres supports (aucun site mobile n’existe à l’heure actuelle, par exemple), mais le principal enjeu pour eux est de garder la tête froide, et de ne pas céder au vertige du succès : avec autant d’utilisateurs, la tentation de les faire payer plus est forte, mais basculer vers du payant est également ouvrir la porte à d’autres concurrents, qui eux sauront se rappeler des leçons du Bon Coin “d’origine” !

A lire également sur le blog e-commerçant : le Bon Coin va t’il s’orienter vers une marketplace ?

Multitâche et anti-productivité

J’ai été pas mal frappé par un article de Jean-Michel Planche sur l’iPad, où il donnait comme argument en faveur du device d’Apple :

Très honnètement, au risque de faire vieux schnock, je suis très dubitatif avec les interfaces actuelles et les (mauvaises) habitudes des plus jeunes (pour ne pas dire plus) de nos concitoyens à faire tourner de multiples applications en tâche de fond et se « dérouter » au fil des différents raffraichissements vers twitter, facebook et consort.

Comme beaucoup, j’étais parmi ceux qui pestaient après l’absence de multitâches sur l’iPhone. Et pourtant, je ne peux finalement qu’acquiesser : le multitâche, ou plutôt le multifenêtrage, est un magnifique outil… qui peut se transformer en une énorme perte de temps.

Flashback sur un temps lointain, dans les années 80…avant le Mac. Lorsqu’on voulait taper un texte, on lançait Word ou autre depuis sa console MS-Dos, et puis…on travaillait. Pas d’autres fenêtres, pas de Facebook, de MSN pour vous lancer des kikoolol en plein milieu d’une réflexion intense.

Et puis… le Mac est arrivé, et avec lui les travaux de Xerox Labs. Parmi ces travaux, le constat suivant : lorsqu’on travaille sur un bureau, on a ses papiers, ses dossiers… mais aussi le téléphone, les collègues qui passent, les tiroirs avec d’autres dossiers, etc… D’où l’envie de reproduire cela sur l’écran d’un ordinateur. Avec des fenêtres, et des applications fonctionnant en simultané.

Pour être parfaitement honnête, le multitâche est devenu aujourd’hui un formidable moteur à perdre du temps, et tous les “coachs” en organisation vont orienter une bonne partie de leurs conseils sur le fait de parvenir à se focaliser sur une tâche en particulier : “ne regardez pas vos mails tous les quart d’heure” “arrêtez la messagerie instantanée”. etc…

Pour prendre la question dans l’autre sens, dans quel contexte (je ne parle pas des développeurs, qui ont des besoins bien spécifiques) avez vous besoin de plusieurs applications en simultané ? En ce moment même, pour rédiger cet article, j’ai effectivement besoin d’autres fenêtres dans mon navigateur pour faire quelques recherches, retrouver des liens… mais le système d’onglets au sein de mon unique navigateur suffit amplement. Lorsque vous travaillez sur un document “composite” (textes + tableaux + images…), l’expérience montre qu’il est bien plus efficace, la plupart du temps, de faire d’abord tous ses tableaux, puis ses textes, puis ses illustrations…plutôt que de jongler d’un support à l’autre.

L’apparition de traitements de texte “isolant” l’utilisateur est d’ailleurs très symptomatique de ce retour en arrière. Le mode plein écran de Pages, ou des outils tels que OmmWriter vont complètement en ce sens.

Bien sûr, des exceptions existent : beaucoup aiment travailler en musique, ou, comme moi, ont la radio allumée en permanence pour avoir une “compagnie” pendant la journée. Si l’on ne veut pas utiliser un périphérique séparé (on peut écouter la radio sur un appareil dédié à cet usage, et qui n’est pas connecté au net, si si !), pouvoir faire tourner une application en “tâche de fond” est effectivement bien pratique.

L’autre enseignement de l’iPhone, c’est que cette absence de multitâche simplifie énormément l’usage de l’outil. Essayez d’apprendre l’informatique à un utilisateur débutant : une bonne partie des difficultés viendront de la “compréhension” de ce qui se passe réellement dans l’ordinateur. Distinguer la notion d’application de celle de document. Passer d’une application à l’autre. Comprendre la “barre des tâches”, etc etc…

J’ai encore en mémoire une utilisatrice que j’avais dépanné il y a quelques années, parce que son ordinateur “ramait” : elle ouvrait une nouvelle instance de Word pour chacun de ses documents, et ne le fermait jamais. Résultat : la barre des tâches était encombrée à la fin de la journée par une cinquantaine de Word qui tournaient tous simultanément ! Cas extrême ? Peut-être, mais la plupart des hotliners ont des anecdotes similaires à raconter.

Suis je en train ici de justifier l’absence de multitâche sur l’iPad ? Oui, en grande partie, car je suis de plus en plus persuadé que ce “retour aux fondamentaux” va largement contribuer à l’adoption de l’outil par un très large public. Ce n’est pas pour rien qu’Apple impose des espaces de démonstration aux vendeurs : pour faire découvrir l’expérience utilisateur, et démontrer en quelques minutes qu’on a enfin là un outil accessible et simple.

Je ne suis pas dupe pour autant : l’absence de multitâche sur l’iPhone est une excuse bien pratique, pour prohiber quelques usages qui seraient en contradiction avec le modèle économique de l’outil. Par exemple, l’application Spotify a été acceptée par Apple sur l’iPhone pour une simple et bonne raison : contrairement à l’appli “iPod”, elle ne peut tourner en tâche de fond. Dès qu’on veut regarder ses mails ou un site, il faut interrompre la musique diffusée par Spotify. Rhédibitoire.

Alors, multitâche ou pas ? Se débarasser des pratiques “privatrices de liberté”, comme dirait Stallman, serait une bonne chose, et il paraîtrait que la prochaine génération d’iPhone va dans ce sens (même si, bon, les rumeurs, hein…). Mais l’iPhone et l’iPad nous apprennent au moins une chose : il va falloir compter avec les utilisateurs débutants, et forger des outils “for the rest of us”. Et si j’en crois les geeks acharnés qui adorent “quand même” leur iPhone, ce n’est finalement pas plus mal !