Pourquoi l’iPad n’a t’il pas de caméra ?

Promis, on va parler un peu d’autre chose que de tablette dans les prochains posts… Mais je voulais quand même revenir sur cette question qui est personnellement celle qui me taraude le plus : de tous les multiples manques de l’iPad, tels qu’ils ont été relevés dans la presse, celui qui me choque le plus est celui d’une WebCam, et en particulier d’une webcam frontale.

En utilisant sa technologie déjà au point (iChat), Apple aurait pu vraiment démocratiser la vidéoconférence mobile, qu’on nous promet depuis déjà un paquet d’années ! Et en se basant sur les premiers pas qu’on a vu naître dans le domaine de la réalité augmentée, on aurait pu avoir rapidement sur l’iPad des applications à la fois étonnantes et attirantes, tout en restant dans une cible qui est celle du device, très grand public.

Cette absence est d’autant plus surprenante que :

  • Le surcoût matériel aurait été minime (combien ? 10$ à tout casser en prix de revient, et encore..)
  • L’application aurait été parfaitement adaptée à un usage tactile (si on utilise la vidéoconférence, c’est précisément pour ne pas avoir à taper sur un clavier et profiter d’un écran de qualité correcte !)

Les développeurs qui se sont jetés sur le SDK 3.2 de l’iPhone/iPad ont d’ailleurs fait une découverte pas tant surprenante que ça :

L’iPad, du moins certaines de ses applications dont le carnet d’adresses, ont été conçus pour tirer profit d’une éventuelle Webcam !

Alors, pourquoi, pourquoi ?

Le manque d’ouverture d’iChat ? Le moins qu’on puisse dire est que de fournir une plateforme fermée ne fait pas peur à Apple. Néanmoins, puisque l’iPad est conçu pour un très large public, pas forcément équipé de Mac, et surtout ne voulant surtout pas se prendre la tête à comprendre des notions techniques, devoir expliquer qu’il faut avoir un compte spécifique, qu’on ne pourra pas discuter avec des correspondants qui font déjà du tchat webcam sur MSN, etc… a peut être été considéré comme un frein. Mais d’un autre côté, comment faire en sorte qu’iChat soit plus largement diffusé s’il n’est pas présent sur un maximum de plateformes !

La raison la plus crédible me paraît être le manque de puissance des réseaux 3G actuels. iChat met en avant, à juste titre, une qualité d’affichage impeccable, en tout cas bien supérieure à ses concurrents (MSN, Skype…). Or, tenter d’utiliser iChat sur un réseau 3G, en particulier aux Etats-Unis, risquait peut être d’être beaucoup trop déceptif…

Si cette raison est la bonne, on risque, à l’instar de l’iPhone, de devoir attendre la 2ème génération pour le voir utiliser des technologies plus performantes, et donc pouvoir exploiter de la vidéoconf.. Si en revanche le manque de popularité du logiciel de Chat Apple est en cause, les solutions riquent d’être plus complexes… Un lancement d’iChat pour Windows ? On a vu ce que ça a donné avec Safari Windows, qui n’a jamais décollé…

Update : comme l’a montré le site Mashable, le hardware de l’iPad a lui aussi été prévu pour supporter une webcam…

Pour que l’iPad devienne un iWant

Puisque ce blog était avant tout un “incubateur” d’idées, voici quelques idées d’applications qui feraient de l’iPad un vrai “iWant” pour un certain nombre de gens… Ces idées me viennent “à chaud”, n’hésitez pas à proposer les votres en commentaire ! (j’essaie de mettre à jour la page au fur et à mesure où les idées viennent et me sont suggérées 🙂 )

  • Ecrire toute une série d’applications éducatives, reprenant les possibilités visuelles que présentait Alan Kay dans ses expérimentations (voir l’article que j’ai écrit sur le blog de Nicolas Bordas à ce sujet)
  • Se lancer tête baissée dans le “casual gaming pour touchscreen”. Ne jamais oublier que l’iPad peut également fonctionner à l’horizontale, et qu’elle peut devenir la base d’une nouvelle génération de jeux de sociétés, en introduisant une interactivité fun (pourquoi ne pas inventer un jeu avec de “vraies pièces”, achetables dans le commerce, mais qui pourraient se poser via un socle adapté directement sur l’écran de l’iPad ? Réinventer les petits chevaux, la bataille navale, etc…)
  • Faire de l’iPad la télécommande d’un media center, qui sert à la fois de “preview”, de support à part entière pour certain contenu, et de browser/télécommande pour tout le contenu stocké sur son réseau personnel, pour pouvoir lancer par exemple un film sur sa TV. On pourrait même aller plus loin et en faire une centrale domotique
  • En parlant de télé, faire de l’iPad son nouveau programme télé, multimédia et mixant médias online et TV traditionnelle : après tout, le programme TV est l’incontournable de la table basse du salon, et l’iPad est censé prendre sa place !
  • Concevoir des sites Internet pour ce genre de support, et en particulier des sites d’e-commerce, comme présenté sur le blog de capitaine-commerce. Hey Octolys, on s’y lance ? 😉
  • Etre les premiers sur des terrains professionnels où l’iPad apporte un vrai plus (dans l’immobilier, dans des services d’accueil au public, dans le secteur médical…). Un exemple parmi plein d’autres : dans une agence de voyage, au lieu d’une relation derrière un bureau, regarder tranquillement le catalogue des voyages installé dans un canapé avec un client.
  • Imaginer tous les usages d’un iPad en lieu et place d’un cadre numérique, pour de l’affichage mixé de photos, d’infos (météo, news…), et divers éléments (un Seesmic Look ou un Silverlight Facebook client sur iPad aurait de la gueule !). Un super économiseur d’écran global, en gros.
  • Un gestionnaire de cuisine, à mi-chemin entre l’appli “je fais mes courses” (avec synchro sur l’appli iPhone pour trimbaler sa liste, bien sûr), et le livre de recettes, le plus interactif possible bien sûr

Encore une fois, je ne sais pas si l’iPad sera le succès attendu. Mais une chose est sûre : à l’instar du Mac à l’époque, cette tablette vient d’ouvrir la voie sur un terrain passionnant pour la conception d’applications, que ce soit pour l’iPad ou pour ses futurs concurrents. En tant qu’entrepreneur et développeur, je trouve que ça fait sacrément envie…

Réflexions en vrac après la keynote Apple

  • Steve Jobs est apparu en bonne forme, a apparemment repris du poids, bref ça semble aller mieux, et même si ça n’a rien à voir avec une analyse technique, c’est une bonne nouvelle !
  • En revanche, je ne l’ai pas trouvé ébouriffant du tout sur sa prestation “keynote”. Quelques hésitations, il tournait un peu en  boucle sans m’avoir complètement convaincu “sur la forme”. Par contre, les plus attentifs auront pu voir quelques effets de transitions inédits sur Keynote (le logiciel)…
  • Et surtout, le défilé des démos par des prestataires externes fait de plus en plus ressembler la keynote en représentation de commerce pour l’AppStore… Et ça, ça a vraiment tendance à m’agacer…
  • D’une manière générale, le ton était donné, avec des “updates” d’intro qui étaient chiffrés en dollars. Je reste nostalgique de la période où l’on regardait les courbes de ventes en se disant “wouah, il s’est vendu tant de mac”. Là, on ne parle plus que d’argent. C’est peut être presque la même chose, mais pas tout à fait… Autant parler de sous puis passer Bob Dylan me gène un peu…
  • L’iPad laisse de toute manière l’impression d’être un terminal à contenu payant, et fermé jusqu’au moindre détail (qu’on ne me fasse pas croire que l’absence de Flash Player n’est qu’une considération technique !). Même son prix, pour une fois effectivement peu élevé “à une échelle Apple”, semble calculé pour que les marges soient largement rattrapées en vendant du contenu
  • La plus grosse bêtise, à mon goût, est quand même l’absence de Webcam frontale. Pour économiser 10 dollars de hardware, l’iPad est privé de toutes les “killers apps” que pourraient être une vraie vidéoconférence performante (et une démocratisation d’iChat au passage), ou toutes les possibilités qu’offrent la réalité augmentée (d’ailleurs, à ce propos, que vient faire un compas s’il n’y a pas de possibilités de réalité augmentée ??).
  • Dans les mesquineries, l’absence de SDCard Reader, pourtant présent dans les dernières générations de MacBook Pro. Ou plutôt, il existe, mais sous la forme d’un moche adaptateur vendu en option. Pour tous ceux qui vont utiliser l’iPad à la place de leur cadre numérique, c’est vraiment…bof
  • Dans les GROS points positifs en revanche, l’effort énorme fait pour avoir une vraie interface prévue pour fonctionner de manière tacticle, contrairement aux démos qu’on a pu voir sous Windows Seven. Même iWork ! Agréablement surpris à ce propos que l’iPad puisse faire la promotion de la suite bureautique d’Apple (même si je suis un peu déçu de l’absence d’iLife, hormis un iPhoto-like : j’aurai adoré pouvoir voir un GarageBand ou un iMovie à la sauce tactile)
  • Et, surtout, surtout… L’interface Utilisateur est d’une simplicité désarmante. Une fois encore… On savait déjà que faire les choses de la manière la plus simple était souvent très complexe en informatique, Apple montre qu’ils ont une maîtrise absolue de tout cela…
  • Je ne doute pas que l’iPad devienne “le client idéal pour surfer sur le web”, mais quels sites sont aujourd’hui optimisés pour fonctionner avec 768 pixels de large ?
  • Je ne me prononcerai pas sur l’aspect pratique du clavier, n’ayant pas encore pu (hélas) le tester
  • L’iPhone d’un côté, le Mac de l’autre, l’iPad au milieu… Ca en fait des synchronisations de données, ça… Pour le fanboy équipé des pieds à la tête Apple, je vois difficilement comment il peut s’en sortir sans abonnement à MobileMe pour faire ses synchros sans avoir à passer sans arrêt par une synchro USB… Et hop, un abonnement de plus dans les poches d’Apple…
  • La charge de batterie est impressionnante pour un device multimédia….mais décevante pour être un eBook reader… de la difficulté de faire un outil “à tout faire”….
  • Le fait d’utiliser un “iPhone OS” ne me gène pas outre mesure, vu que les fondamentaux (Unix…) sont les mêmes qu’un MacOS. Que l’iPad soit aussi fermé que l’iPhone est en revanche beaucoup plus perturbant…
  • L’élément le plus navrant est sans doute l’absence de multitâche… Ce verrou étant complètement artificiel (le système d’exploitation est tout à fait capable de l’encaisser, mais le limite à des fonctions style iPod), on peut espérer qu’il saute dans les mois à venir…
  • Seule “ouverture” notable, et appréciable : les livres lus par l’iPad sont au format ePub, format public et ouvert
  • Etrange que le BookStore fasse finalement l’impasse sur ce qui serait un gros “plus” exploitant les capacités de la bête : l’abonnement à des magazines. Je suppose que les négociations des semaines à venir avec les acteurs du marché vont aller en ce sens…
  • Le fait que la majorité des démos soient des démos de jeux est sans doute un symbole fort : même si le jeu sur tablet est un marché vierge, il risque effectivement d’être assez passionnant (j’attend avec impatience des jeux de société utilisant l’iPad !
  • Au niveau du hardware, l’objet semble joli et sympa à prendre en main. Poids et taille sont corrects, même si je regrette beaucoup d’avoir à revenir à un écran “4/3”. Pour un périphérique censé être le top du top pour visualiser des films, on repassera…
  • J’y reviens, mais le côté extrêmement fermé de la plateforme est quand même sacrément embêtant. J’essayais de me remémorer des soirées tranquilou à passer avec ma chérie affalé dans le canapé, et je me disais que l’iPad aurait été complètement inutile : on a regardé une émission sur M6Replay (c’était en Flash), puis un DivX (ça ne sera pas lu par Quicktime), et on laissait parfois le film en bruit de fond pour aller sur Facebook (ya pas de multitâche). Mouais… Frustrant, d’autant plus qu’on sait que les contraintes ne sont pas techniques !
  • Si je pousse la démonstration un peu plus loin en l’imaginant en support de projection Keynote pendant mes cours, cette fois il manque une télécommande (et le port IrDA qui va avec…).

Et un dernier mot concernant le nom même de ce produit : “pad” ne signifie rien pour nous, petits français, mais pour les américains, ça sonne un peu comme …”iTampax” !

En résumé, beaucoup de points négatifs pour une nouveauté qui reste très attirante, mais qui est encore plus imparfaite que ne pouvait l’être la première génération d’iPhone. Une partie de ces défauts seront sans doute corrigés dans les mois à venir, pour faire de l’iPad une vraie machine de guerre, mais la plus grande inconnue reste quand même le marché : l’effet “iWant” sera t’il suffisant cette fois ci ?

En tout cas, il est clair que la cible est ultra-grand public : l’iPad serait il l’ordinateur idéal de ceux qui n’aiment pas les ordinateurs ? C’est possible, et si c’est le cas, de la même manière que l’iPod était décrié à sa sortie, il devient difficile de critiquer l’engin avec nos critères de geeks. On ne peut qu’attendre de voir la réaction des utilisateurs “très grand public”…

J’attend surtout avec impatience l’arrivée des logiciels en tierce partie. Le contenu et l’imagination des développeurs pour amener l’iPad sur des terrains aujourd’hui inconnus seront des clés essentielles, à l’instar de l’iPhone, pour faire de ce nouveau produit un succès.

L’iTablet peut être un échec (sisi!)

L’effet buzz d’Apple tourne vraiment à plein, et dans des proportions très surprenantes. Je me suis fait la réflexion hier que le phénomène dépassait vraiment tout le monde, en voyant que des médias “classiques” préparaient pour ce soir une couverture de la keynote de Jobs, alors que toutes les années d’avant, on se retrouvait simplement entre macophiles à suivre le live sur MacGé ou Macbidouille…

Et pourtant… même les fans les plus accros se doivent de garder les yeux ouverts…

Champ de distortion de la réalité

Ce terme a été inventé pour Steve Jobs : sa capacité à transporter ses auditeurs est impressionnante, et il n’y a pas plus doué que lui pour amener les gens sur son terrain ; on se souvient de l’anecdote du dirigeant d’AT&T qui avait signé un contrat d’exclusivité sur le futur iPhone… sans jamais avoir vu le produit !

Le contrecoup de cet effet peut être violent : derrière l’effet extrêmement persuasif de Jobs, peuvent se cacher le meilleur comme le pire. Il ne faut jamais oublier qu’il est loin d’avoir eu tout le temps raison (cf plus loin).

L’effet déceptif des keynotes

A part peut être la keynote de présentation de l’iPhone (et encore…), je n’ai jamais connu de keynote sans déception à la fin. Quelque soit la qualité des produits, trop se “shooter” aux rumeurs amène forcément à espérer des fonctionnalités qui n’arrivent pas. Imaginer une tablette avec un ‘dos’ tactile, ou commandable à la voix, ou avec la puissance d’un ordinateur, serait très probablement extrêmement déceptif.

Les rumeurs peuvent être à côté de la plaque

Comme dit au dessus, jamais une keynote n’a été précédée d’autant de buzz. L’occasion idéale de lancer des rumeurs, même les plus infondées. N’oublions pas non plus qu’Apple est passé maître en l’art de lancer de fausses rumeurs pour brouiller les pistes.

Même si beaucoup de choses convergent aujourd’hui du côté des news autour de cette tablette, même si l’on dispose d’indicateurs relativement fiables (ne serait-ce que les possibilités techniques, en terme de taille d’écran par exemple), il ne faut jamais oublier qu’on parle ici d’un produit qui n’a même pas été annoncé ! Je ne pense pas qu’on puisse s’attendre à une keynote qui annonce tout autre chose qu’une tablette (ça serait une énorme surprise, et Apple n’aurait pas pris le risque de laisser autant amplifier une rumeur fausse), mais on ne sait concrétement strictement rien sur ce futur produit…

Jobs s’est planté, comme tout le monde

Vous vous souvenez du NeXT ? Un ordinateur révolutionnaire, extraordinaire sur le papier. Résultat, un plantage commercial complet, même s’il a au moins permis de définir les bases saines du Mac OSX d’aujourd’hui.

Plus près de nous, l’iMac Cube n’a jamais dépassé un succès d’estime. Et l’AppleTV est resté confidentielle malgré trois années d’exploitation.

Beaucoup, analystes comme journalistes, se mordent aujourd’hui les doigts d’avoir sous-estimé le raz de marée de l’iPhone. Et ne veulent surtout pas louper ce ‘train’ là. Et si cette crainte les faisaient passer en mode ‘sur-estimation’ du projet ?

Il n’y a pas encore de marché pour les tablettes tactiles

Même si certains prototypes ont été lancé plus ou moins confidentiellement sur le marché, même si le terrain se prépare depuis des années (qui se souvent de ‘Windows for Pen’ qui existait… pour Windows 3.1 ?), il ne faut pas oublier que le marché pour des tablettes tactiles grand public est aujourd’hui complètement inexistant !

Cela fait longtemps qu’Apple part explorer des terrains quasi vierges. La dernière fois, c’était le Newton, et ce fût un échec, même s’il a permis d’ouvrir la voie à d’autres produits plus matures. La fois d’avant, c’était le Mac, le premier ordinateur grand public doté d’une interface tactile, et le succès fût long à venir (plusieurs années, carrément plus de 10 ans si l’on considère que l’iMac fût le premier Mac a vraiment atteindre massivement le grand public).

En d’autres termes : bien malin qui peut dire que le marché existera un jour. Mais l’expérience montre que le chemin est souvent long pour défricher un marché naissant, et que le premier produit est rarement celui qui propose une solution 100% adaptée à la cible potentielle.

Le besoin existe t’il ?

Je me posais la question en lisant cet article de Michel de Guilhermier : une tablette a t’elle sa place dans le quotidien de tout à chacun ? Michel présente une situation où une tablette trouverait naturellement sa place, devant la TV, le soir, en famille. J’espère que d’autres besoins seront au programme !

Quand j’ai besoin de travailler confortablement, je peux utiliser un iMac 21 ou 27 pouces. Quand je dois me balader, j’ai mon MacBook. Quand je suis vraiment en situation de mobilité, j’ai mon iPhone. Dans quel cas aurais-je besoin d’une tablette et de pas autre chose ?

N’interprétez pas ces mots pour plus forts qu’ils ne le sont : je suis le premier a attendre impatiemment ce produit. Mais le côté “fait rêver” d’Apple ne doit pas nous faire oublier de poser les questions de base. Et, à part peut être Jobs ce soir, personne n’a une réponse crédible aujourd’hui à cette question du besoin d’une tablette au quotidien.

L’offre logicielle va t’elle suivre ?

Même l’iPhone a mis du temps a vraiment décoller. La première version du téléphone était trop chère, et surtout… trop pauvre en offre logicielle. On a du mal a s’en souvenir maintenant, mais la première année de vie de l’iPhone restait un peu triste par rapport à l’offre immense de l’AppStore aujourd’hui.

Et il ne faut pas oublier non plus qu’une conception software est toujours plus longue qu’un bon hardware. En s’accrochant au culte du secret, Apple garde ainsi une avance déterminante sur ses concurrents. Mais elle laisse aussi à distance ses propres développeurs, qui ne peuvent pas anticiper le marché en bossant sur des versions “beta”.

Quid du marché Français ?

Il y a fort à parier qu’une bonne partie de la crédibilité de l’offre va passer par son “écosystème” : la possibilité de commander en un clic une vidéo, un livre… Mais cela sera t’il le cas en France ?

Les utilisateurs d’AppleTV savent bien de quoi je parle : la plateforme de vente de vidéo par iTunes existe depuis maintenant 3 ans, et pourtant, l’offre en France est indigente : aucun film, quelques séries pas forcément parmi les plus récentes… Vendre de la musique était ‘simple’, mais, pour les vidéos, la barrière de la langue est beaucoup plus complexe à gérer. Et je ne parle pas des livres ou des revues.

En d’autres termes : il faut clairement s’attendre à une offre alléchante…mais également s’armer de patience pour qu’elle soit intéressante sur le marché Français.

Vivement ce soir !

Ne gâchons tout de même pas notre plaisir : ce qu’on risque de voir présenté ce soir va très probablement ouvrir des perspectives excitantes, que ce soit en tant qu’utilisateur, ou en tant que prestataire de services informatiques. A demain pour une analyse de tout cela !

Revue de la semaine en Flash Forward

J’essaie aujourd’hui une revue de la semaine un peu différente : la revue flash forward !

A l’origine, mes motivations n’étaient pas très glorieuses : je n’ai pas eu beaucoup de temps la semaine dernière pour noter au fur et à mesure les événements du moment. Mais finalement, recenser les événements “à ne pas manquer” de la semaine à venir, et sortir à l’occasion la boule de cristal, peut être un exercice assez amusant. Je vous proposerai la semaine prochaine une relecture de cette revue, pour voir si je me suis beaucoup planté… ou pas !

Deezer/Spotify : la lutte continue !

Cette semaine devrait permettre de clarifier un peu la situation chez Deezer : le PDG, Jonathan Bennassaya, était donné sur le départ jeudi dernier, rumeur démentie, mais relancée samedi au Midem, où le même PDG a posé un lapin lors d’une conférence où il devait intervenir.

Deezer semble “filer un mauvais coton”, comme disait ma grand-mère, depuis quelques mois. Sous la pression d’une concurrence de plus en plus féroce, Deezer est passé en quelques mois d’une situation de quasi monopole (il était évident pour tout le monde “d’aller sur Deezer”) à une image beaucoup plus dégradée. La comparaison avec Spotify, son principal concurrent à l’international, est effectivement parfois cruelle, en terme de qualité de service. Mais Deezer semble avoir surtout accumulé les soucis :

  • sortie précipitée d’une offre “Premium” qui a eu pour effet de dégrader (trop ?) brutalement l’offre standard
  • passage d’un mode web à une version client lourd mal maitrisé (le choix d’Adobe Air pour le poste client n’était peut-être pas des plus judicieux, cf le recul de Seesmic en ce domaine)
  • applications mobiles perfectibles
  • catalogue parfois décevant
  • et un business model remis en question (il prévoyait un “taux de transformation” en clients payants de plus de 16%, ce qui est sacrément ambitieux)

Bref, sans chercher à caricaturer, on est pas loin de dire “rien ne va plus”… Curieux phénomène de gloire et décadence de certaines startups, qui peuvent en très peu de temps accumuler les erreurs et perdre une audience et une popularité qui semblait solide…

Au delà du cas Deezer, il faut aussi tirer l’enseignement du caractère très fragile de l’audience de tels sites : les utilisateurs ne passant plus des heures et des heures à concevoir leur base de données d’artistes, ils deviennent beaucoup plus infidèles, et jonglent aisément d’une plateforme à l’autre, au gré des modes et du bouche à oreille.. Spotify garde pour l’instant sa base d’utilisateurs sur quelques fonctionnalités intéressantes (la principale restant la notion de playlist, forcément lié au compte de l’utilisateur)… Jusqu’à quand ?

En parlant de Spotify, “on” parle de nouvelles annonces/nouveaux produits pour cette semaine… A suivre !

Feu de tout bois chez Apple

Les fan-boys de la pomme sont sur les startings blocks : plus aucune nouveauté de la part d’Apple depuis Octobre, voilà un silence peu courant de la part de la firme qui a pourtant énormément investi de temps en conception de nouveaux produits en 2009. On peut légitimement s’attendre à une pluie d’annonces dans les jours qui viennent.

Ma prédiction à 2cts : de nouveaux portables, mis à jour au niveau du CPU, devraient apparaitre discrètement, peut être dès demain mardi, sur l’Apple Store. Les Macbook Pro devraient à nouveau creuser l’écart avec l’entrée de gamme MacBook. Les MacBook Air devraient également, mais peut être en décalé, évoluer en puissance…

Mais l’annonce la plus attendue, c’est bien sûr celle de l’iTablet (iSlate ? iPad ?) qui devrait intervenir mercredi, avec la keynote de début d’année d’Apple. La rumeur enfle comme jamais, promettant du très gros et du très lourd (Jobs ayant annoncé qu’il s’agissait “de la chose la plus importante qu’il n’aie jamais sorti”). Bref, le climax est atteint, mais avec lui, l’effet de déception qui pourrait être important. Un “simple” iPhone à grand écran et webcam serait une grosse déception, même s’il faut s’attendre à quelque chose s’en rapprochant… En fait, tout ce qui devrait faire la différence viendra sans doute plus :

  • de l’interface utilisateur, qui doit être parfaitement adaptée à un usage tactile (on a vu à quel point les TabletPC étaient faibles de ce côté là)
  • de l’offre logicielle qui va en découler, et des éventuelles “killer-apps” fournies avec la tablette en standard (l’équivalent d’un iLife en version tactile ?)
  • et surtout, des “deals” avec les éditeurs de contenu, et en particulier du côté des libraires et de la presse, avec une facilité d’usage équivalent à celle qu’on connait sur l’iTunes Music Store.

Si Jobs (enfin, si la rumeur est vraie !) annonce qu’il s’agit de son “produit” le plus important, c’est sans doute parce qu’il risque d’être présenté comme un point de convergence jamais vu entre tous les médias et cultures : de l’image, de la vidéo, du son, des livres… 2010 dira si la notion de tablette, complètement exotique à l’heure actuelle, se généralisera et prendra une place aussi évidente sur la table du salon que la télécommande ou le paquet de chips !

Sun/Oracle : stratégie au grand jour

Outre la keynote d’Apple, le 27 janvier sera également le jour où Larry Ellison, le CEO d’Oracle, dévoilera sa stratégie 2010. Après l’accord de la commission Européenne sur le rachat de Sun, les questions sont nombreuses, et, même si Oracle est moins médiatisé qu’un Apple ou qu’un Google, les conséquences risquent d’être nombreuses :

  • Quel équilibre entre les SGBD Oracle et MySQL ?
  • Quel rôle va jouer Oracle dans les technos Web à venir (on se souvient d’ambitions passées qui avaient tourné cours au début de la décennie passée)
  • Quel avenir pour le langage Java ?
  • Sun va t’il redevenir un acteur majeur dans le domaine des serveurs et des stations de travail haut de gamme ?

Beaucoup de questions d’autant plus attendues au tournant qu’Oracle est le SGBD le plus courant sur les applis haut de gamme, que MySQL est omniprésent sur le Web, et que Java reste le langage le plus utilisé pour les projets Web ambitieux, même si le langage est en train de devenir vieillissant, faute de réelle roadmap pour les années à venir. A suivre attentivement !

Et Google dans tout ça ?

Les annonces de Google au cours du mois de décembre dernier ont été tellement nombreuses qu’on ne sait plus à quoi s’attendre de la part du géant de Redmond : une période de stabilisation des projets ? D’autres nouveautés ?

Le Nexus One ne semble pas être le succès attendu, faute de représentation suffisante dans les boutiques mobiles traditionnelles. On voit peut être là les limites de Google, qui ne peut pas sans limite s’inventer de nouveaux métiers et s’approprier ceux des autres. A s’attendre sur cette semaine, ou dans celles qui viennent, quelques ajustements de stratégie, peut être sur Google Wave, dont le silence entourant le projet est maintenant assourdissant, après autant de bruit en septembre dernier.

Mais l’essentiel risque d’être peuplé par les débats sur l’hégémonie du moteur de recherche, et le degré de dépendance des Internautes vis à vis de ce grand trou noir. Etrange position pour Google, qui d’un côté fait peur, et de l’autre étonne par ses innovations… Sa position risque d’être cruciale dans le débat actuel sur la neutralité du Net. Et on ne manquera pas non plus de disserter sur les ventes massives d’actions Google… par les deux fondateurs : quelle interprétation peut-on en faire ? Hum…

Et en France…

Pour terminer, quelques actus “franco-françaises” :

  • Le forum E-marketing débute à Paris, au Palais des Congrès, dès demain. L’occasion de faire le point de la saison de Noël pour les e-marchands, mais aussi d’affiner les positions et stratégie Webmarketing pour les mois à venir…
  • La future loi LOPPSI sera discutée à l’Assemblée Nationale dès le 9 février, mais cette semaine devrait être décisive en terme de “pédagogie” pour informer le grand public sur cette loi encore peu connue et occultée par Hadopi. Et pourtant, les enjeux sont d’importance…
  • Le 30 janvier débute le forum TEDx à Paris. A coup sûr des présentations passionnantes, et un petit regret de ne pas pouvoir y aller… On peut suivre les conf’ en streaming sur le site de l’événement.

A la semaine prochaine pour la “relecture” de cette revue, et pour la revue de la semaine d’après !

Support de cours – génie logiciel

Avec mes diverses interventions, je mets à jour régulièrement mes supports de cours pour pouvoir à chaque fois prendre en compte les soucis rencontrés sur les précédentes sessions, et surtout pour rajouter à chaque fois quelques petites nouveautés.

Sur ce support, calibré pour des développeurs en fin de cycle d’apprentissage, ou pour des apprentis-chefs de projet, je passe en revue diverses méthodologies liés à la conduite de projets, en particulier pour le Web : RUP, XP sont au programmes, ainsi que les liaisons avec UML, des Anti-Patterns, etc… Un cours que j’espère plutôt vivant, même s’il reste théorique et lourd. J’essaie de l’agrémenter d’anecdotes, de retours d’expériences, d’exemples… Mais ça, ce n’est pas sur le support, il faut venir à mes cours 😉

Les nouveautés de cette année :

  • Scrum, une méthode agile qui commence à faire ses preuves
  • La cathédrale et le bazar‘, un rapide détour par les méthodologies utilisées dans les projets ‘Open source et libres’, tels que le noyau Linux

Je vais également délaisser le classique PDF pour publier directement mes supports sur le site Slideshare. Plutôt pratique pour visualiser en ligne, un peu moyen pour emporter les supports… On verra, je proposerai probablement d’autres supports dans l’avenir (l’idéal serait de diffuser directement mes fichiers Keynote, mais ils ne pourraient hélas être lus que par trop peu de monde !).

Vous pouvez donc profiter de cette présentation, directement dans cet article : bonne lecture, et surtout n’hésitez pas à me faire vos retours et remarques, c’est là pour ça !

eBook reader : quelle déception !

Pas une analyse, pas un essai détaillé, mais juste un ressenti : je ne suis pas un bloggeur “influent”, loin de là, et je ne reçois pas de matériel à essayer (bien dommage !). Je n’avais donc jamais vraiment eu entre les mains d’eBook reader, jusqu’à hier où, au détour d’un shopping du week-end, j’ai eu l’occasion de faire joujou avec un reader de chez Sony.

Et…quelle déception ! Pas le look, qui est plutôt sympa, la finition est très correcte, la tablette est fine, légère. Les textes affichés sont lisibles, et ne fatiguent effectivement pas l’oeil. Mais le “ressenti”, le fameux look’n’feel, est… vraiment pitoyable. Comme souvent avec l’IHM, cela se jouent avec quelques détails insignifiants, mais qui rendent l’utilisation très désagréable, de mon point de vue. Par exemple, pour passer d’une page à l’autre, l’écran se noircit entièrement pendant une petite période (sans doute moins d’une seconde, mais…) avant que la page suivante ne s’affiche. Un rendu très désagréable, qui donne l’impression d’une inertie de l’interface.

La logique “tactile mais avec boutons” ne fonctionne pas très bien non plus : on ne sait jamais, en tant que débutant, si l’on doit utiliser les boutons ou l’écran.

L’aspect tactile n’est pas très réussi : il faut vraiment appuyer fortement pour que l’écran réagisse. Tout réagit très lentement, trop lentement. A choisir, je préfère encore l’appli iPhone Stanza, qui exploite un écran beaucoup plus petit, mais qui apporte une vraie réactivité, un effet de page tournante sympa mais pas trop lourde.

Je chipote sur des détails ? Peut être… Mais pour une expérience aussi “forte” dans l’inconscient collectif que la lecture d’un livre, on se doit d’être extrêmement exigeant. Et surtout, le hardware doit savoir se faire extrêmement discret, pour qu’on retrouve le plus possible l’expérience de la lecture d’un livre, une expérience très “charnelle” finalement. Et là, c’est peut être de la déformation professionnelle, mais je ne voyais que ça, ces contraintes de hardware lent, de software pas très bien conçu. Déçu…

Du coup, je regarde avec encore plus d’attention l’arrivée à venir de vraies “tablettes”, avec du matériel plus performant et une expérience utilisateur plus aboutie… Je crois qu’on en reparlera très bientôt 😉

Seesmic Look : Un peu d’innovation autour de Twitter

Nouvelle déclinaison de Seesmic, avec Seesmic Look, le tout nouveau produit de la bande à Loïc Le Meur. Pour une fois, un client Twitter arrive là où on ne l’attend pas, et dans une voie qui me parait particulièrement pertinente : le grand public.

Twitter pour le “mainstream”

C’est la cible de ce Seesmic, et elle est intéressante : arrêter d’écouter les geeks, et partir sur le terrain beaucoup moins exploré de l’application “for the rest of us”. Je ne sais pas si la cible sera réceptive, mais c’est courageux et passionnant : Twitter atteint aujourd’hui une taille critique où le besoin se fait fortement ressentir d’aller au delà de son noyau dur, de sa cible de base, pour tenter d’atteindre l’internaute lambda moyen.

Le risque est toujours fort lorsqu’on propose une interface “pour un très large public” de décevoir un peu tout le monde, et de n’intéresser finalement personne. Seesmic Look a le mérite d’innover et d’aller de l’avant. L’expérience sera passionnante à suivre de très près.

Au delà de la cible grand public, Seesmic Look répond également à deux problématiques peu explorées :

  • Comment représenter visuellement le “real time web”, faire de ce concept un peu nébuleux quelque chose de concret et d’immédiatement perceptible
  • Comment s’adapter à des devices qui amèneront une démarche plus passive et moins concentrée que l’écran d’un ordinateur : TabletPC posée à la verticale sur une étagère, téléviseur, écran embarqué… Le “repos du geek” en quelque sorte !

Une collaboration efficace avec Microsoft

Seesmic Look, tout comme Seesmic Windows, est issu de collaborations proches entre Microsoft et Seesmic. On voit bien sûr là tout l’intérêt d’avoir un dirigeant dont l’atout essentiel est le carnet d’adresses : les collaborations possibles permettent à une toute petite entreprise à la fois d’innover et de se développer rapidement.

La démarche est également intéressante de la part de Microsoft : elle redore un peu son blason en s’investissant dans des canaux “populaires”, tels que Twitter et dans le microcosme autour de Loïc. Mais aussi elle utilise des projets finalement minuscules pour la taille de l’entreprise pour faire une démonstration de l’avance technologique de leur plateforme : une telle interface utilisateur ne serait certainement pas possible avec une appli “in the cloud”

Un modèle économique pour Twitter, enfin ?

Hormis la présentation de l’interface utilisateur, l’innovation majeure de Seesmic Look est l’arrivée des “channels”, qui permettent d’avoir une vision “digest” de Twitter, et qui sont une réponse crédible au grand vide qui apparaît à l’utilisateur débutant : sans followings, Twitter est bien vide !

Mais surtout, c’est un axe qui m’apparait particulièrement intéressant pour monétiser l’activité autour de Twitter : on sait à quel point la chasse au follower peut être cruciale pour ceux qui cherchent à utiliser Twitter à des fins de communication. Et le fait de proposer ainsi des sélections, bien présentées, d’intervenants, pour les débutants, peut être un excellent moyen à la fois de populariser Twitter, et de “vendre” ces canaux de distributions. Good move !

Sortir du “carcan” PC

Piste que j’affectionne particulièrement : l’interface utilisateur de Seesmic Look sort complètement de l’écran d’un PC. Bien que tournant sous Windows, il est évident que l’application prend sa vraie dimension sur un écran de télé, ou sur l’écran LCD d’une voiture haut de gamme. Bref, partout où tout est encore à conquérir en terme d’applications interactives.

A ce sujet, l’interface est une belle réussite, et le côté “simpliste” voulu pour ne pas effrayer l’utilisateur débutant est bien maîtrisé. Je regretterai simplement le cloisonnement entre les déclinaisons de Seesmic : soit on est hyper-débutant, soit on est poweruser, et passer de l’un à l’autre, c’est accepter de changer complètement de logique. J’avoue que j’aurai préféré une adaptation d’un Seesmic existant, avec l’interface évoluant peu à peu avec les compétences de l’utilisateur. Mais cette vision est peut être un peu utopique, après tout, une Smart n’évolue pas en Ferrari !

Les risques de déclinaisons tout azimuts

Seesmic propose aujourd’hui une gamme assez énorme pour voir la petite taille de l’entreprise. Il ne manque plus que l’appli iPhone (je doute qu’on voie un jour naître une appli native Mac, même si j’aurai été curieux de voir les API Apple à l’oeuvre pour recréer un look “à la Seesmic Look”). Comment ces applis vont elles évoluer ? Le risque d’être déceptif sur certaines “branches” évoluant moins rapidement est important, et il faudra y faire attention dans les mois à venir, d’autant plus que les déclinaisons existantes ne sont pas toutes parfaites à l’heure actuelle, loin de là, et que certaines concurrent dans des secteurs particulièrement compétitifs.

Je suppose qu’il faut s’attendre à l’arrivée des “channels” dans les autres déclinaisons de Seesmic, ce sera très intéressant de voir comment ces digests seront intégrés aux applis “pour powerusers”.

En tout cas, un beau mouvement de la part de cette petite société, souvent surévaluée, souvent critiquée à juste titre, mais qui propose là quelque chose qui se rapproche vraiment d’une “vision” de gamme, allant bien plus loin que les autres concurrents stagnant sur une plateforme ou un concept, et sortant pour une fois des sentiers battus pour proposer une autre vision, et explorer des terrains immenses mais peu exploités. Bravo !

Plannings de sorties Apple

Beaucoup d’agitation et de discussions à l’approche d’un “Special Event” Apple, sur Presse-Citron par exemple ce matin.

Quand on a pris l’habitude de les suivre, les “events” Apple sont assez lisibles et prévisibles. En les maitrisant un peu, on peut par exemple être assez catégorique sur le fait qu’il n’y aura pas de nouvel iPhone le 27 janvier, déjà pour ne pas “perturber” le message de la sortie de la MacTablet, mais aussi et surtout parce que les plannings Apple sont la plupart du temps annuels et stables (bon, le 28 je pourrais revenir ici et dire que je me suis royalement planté le cas échéant 😉 ).

En général, cela se déroule ainsi :

  • Janvier : Sortie d’un produit “spécial” (l’iPhone en 2007, le MacBook Air en 2008), mise à jour des suites logicielles iWork et iLife, et upgrade du CPU des ordinateurs portables avec les nouveautés Intel de Janvier. Les simples upgrades sortent en général discrètement, les mardi, sur l’Apple Store. Le début d’année est également l’occasion de faire le point sur la nouvelle version de l’iPhone OS, pour que les développeurs se préparent à la nouvelle version qui sort quelques mois plus tard, en général avec le nouvel iPhone.
  • Juin : WWDC, la conférence des développeurs Apple. C’est l’occasion de faire le point sur la nouvelle version de Mac OS X (le “nom” de la 10.7 devrait y être révélé cette année, ainsi que les grandes orientations à venir). Depuis 2007, Juin est également le mois de sortie du nouvel iPhone. C’est souvent sur cette période que des modèles “pro” sont également présentés (le MacPro en tête).
  • Septembre : spécial Event “musique”, avec la mise à jour de toute la gamme iPod pour préparer les fêtes de fin d’année (et peut être l’abandon de l’iPod Classic cette année, signant ainsi la fin des iPod à disque dur)
  • Octobre : C’est souvent le mois de mise à jour des portables (MacBook Unibody Alu en 2008, MacBook Unibody plastique en 2009)

Les iMac sont en revanche annoncés de manière plus anarchique. Les G3, G4, G5 avaient été présentés en Septembre (Apple Expo française), mais c’est maintenant beaucoup moins formalisé.

Voilà, c’est pas très compliqué 🙂 En complément, n’hésitez pas à consulter l’indispensable Mac Buyer’s Guide, qui compte entre autre le nombre de jours entre deux mises à jour (les moyennes sont en général bien respectées).

Enfin, pour suivre une keynote, cela se passe en texte et en photos sur les principaux sites d’infos Apple (MacGeneration, Mac4Ever, MacBidouille, etc…), puis quelques heures plus tard en vidéo, sur le site d’Apple et sur l’AppleStore).

Bonne keynote à tous !

Lire dans les tablettes

Je ressors aujourd’hui ma boule de cristal pour parler de la future-peut-être-mais-sûrement-hypothétique TabletMac qui devrait être présentée le 27 janvier prochain par Steve Jobs. (warning : fanboy Apple inside, n’attendez pas un article très objectif !)

J’ai vu une longue vidéo sur le site Arrêt sur Images (payant, mais que je recommande), analysant un phénomène étrange : l’excitation et la couverture presse énorme d’un produit… qui n’existe pas, son constructeur n’ayant pas publié un seul mot à son sujet.

Les journalistes ont tellement été pris au dépourvus lors de la sortie de l’iPhone, accueilli à l’époque avec un enthousiasme mesuré en dehors du petit milieu des geeks, qu’ils auraient tendance aujourd’hui à avoir le réflexe opposé : Apple va nous sortir un truc révolutionnaire, donc il faut être sur les startings blocks.

Grand classique : à force de s’user sur des rumeurs, on est forcément déçu une fois le produit sous les yeux, car il ne correspond jamais à ce qu’on imaginait exactement. Je voudrais donc ici tenter de revenir sur les points où Apple risque d’être effectivement étonnant (je me suis pas mal appuyé sur ce papier, intéressant et détaillé, même si je ne suis pas d’accord avec tout).

Cohérence (et fermeture…) des offres

Contrairement au cliché qu’on donne fréquemment, tous les produits Apple n’ont pas dû leur succès à un côté “révolutionnaire”. L’iPhone amenait une interface “jamais vue” tout comme le Mac introduisait l’interface graphique (quoique… le Lisa…), mais le plus souvent, ce qui fait la différence et la qualité du produit est la cohérence hardware/software/écosystème autour du produit.
Deux exemples :

  • “Les Mac plantent moins que les PC” : il y a bien sûr une part de fantasme (certains parlent “d’effet Stockolm”), mais si cette affirmation est en partie objective, c’est dû très essentiellement au fait qu’Apple fabrique son propre matériel, le rendant bien plus facile à maitriser par le système d’exploitation (voir cet article que j’avais écrit il y a quelques temps autour du Nexus One)
  • L’iPod n’était certainement pas le premier baladeur MP3. Mais il était le premier à rendre le transfert de musique simple, par le biais de l’écosystème iTunes, qui était le premier à l’époque à automatiser le transfert CD Audio->MP3->transfert vers le baladeur. On insérait le CD, il était rippé. On branchait le baladeur, il était synchronisé. Techniquement, ce n’était pas une performance extravagante, mais pour l’utilisateur, c’était effectivement un énorme +, suffisant pour lui faire choisir le coûteux iPod plutôt qu’un concurrent.

L’iPhone pousse à l’extrême ce raisonnement, avec le très pratique (et très fermé) AppStore : toutes les applications sont contrôlées pour minimiser les conflits entraînant des instabilités du device. Et tout est fait au niveau de l’interface pour qu’installer une application sur son téléphone soit simplissime, là où c’était très complexe chez tous les concurrents.

Cohérence. Simplicité. C’est exactement la même démarche qu’on attend pour cette fameuse tablette.

Kindle en ligne de mire

A l’heure actuelle, acheter un livre et l’installer pour le lire reste relativement simple à une condition : rester entièrement dans le giron d’Amazon. Le Kindle est un produit sympathique (même si, personnellement, je trouve son design et son apparence plutôt loupée, en comparaison avec d’autres produits comme ceux de Sony), mais l’offre n’est pas complètement rose :

  • Amazon n’est quasiment pas un acteur polymorphe sur le marché hi-tech : il vend des livres, des médias. Du coup, son offre est contrôlée, bridée, mais peut-être un peu trop. Il reste possible par exemple sur un iPod, tout fermé qu’il est, de mettre un MP3 sans contrôle d’Apple. Il a fallu attendre le Kindle 2, fin 2009, pour qu’un format aussi universel que le PDF soit supporté par l’offre d’Amazon.
  • Un Kindle est un eBook reader, point. Le TabletMac, à l’instar de l’iPhone, devrait être un outil multi-usages.

Dans les multiples rumeurs autour de la TabletMac, de nombreuses négociations avec les éditeurs de livres et de médias. Apple, pour s’aligner et dépasser le Kindle, va devoir reproduire sa logique de Store en l’étendant encore un peu :

  • Un “iTunes Book Store” pour pouvoir acheter et transférer un livre sur sa tablette aussi facilement qu’on achète un morceau de musique sur l’iTunes Store actuel
  • Un “iTunes Media Store” pour pouvoir transférer tout autre média (photo, vidéo, audio…) aussi bien depuis une offre commerciale que depuis ses propres créations (et l’arrivée probable d’iLife’10 en parallèle pourrait apporter une réponse intéressante)
  • Et bien sur un AppStore, avec des applications prévues pour le format et l’interface de la tablette.

A lire pour compléter ce chapitre, cet intéressant article sur le blog Edicool.

    Travail sur l’interface utilisateur

    Il existait des baladeurs MP3 avant l’iPod, tout comme il existait pléthore de téléphones avant l’iPhone. Il existe déjà, surtout depuis le dernier CES, de nombreux projets de tablettes. Mais je reste très étonné du manque de leçons tirées des précédents épisodes. Les TabletPC qu’on nous a présenté ce mois-ci sont des initiatives de fabricants de hardware (Asus, HP…). Et même si Steve Ballmer de Microsoft présentait le prototype de TabletPC HP dans sa keynote, le Windows Seven installé dessus n’était que très peu adapté au média. Un “ordinateur sans clavier”, point. Tout Windows Mobile tentait de faire “rentrer” Windows dans un téléphone, avec le menu Démarrer, des boutons mal adaptés, etc…

    Apple va devoir jouer sur son avance en terme d’Interface Homme Machine, acquise avec l’iPhone, pour l’amener encore plus loin et l’adapter à l’usage d’un TabletMac. Sortir simplement un iPhone à grand écran serait déceptif, et inadapté, tout autant que sortir un téléphone avec Windows dedans n’était pas adéquat.

    De nouveaux usages

    L’iPhone a su nous démontrer qu’un téléphone pouvait être utile dans de nombreuses occasions, et sans vouloir lancer de grandes phrases bien ronflantes, a changé nos modes de vie au quotidien.

    C’est peut être pour cela que les utilisateurs de produits Apple ont un affect particulier avec leurs Mac, iPod ou iPhone. Au delà de l’objet, de ses fonctionnalités, c’est la façon dont ils s’ancrent dans les vies de chacun qui les rendent “désirables”. Un artiste parlera de son Mac d’une manière très différente qu’un discours décrivant un ordinateur.

    La tablette, pour s’imposer, devra suivre le même chemin. Inventer de nouveaux usages, s’immiscer dans les vies de leurs propriétaires jusqu’à devenir partie intégrante. Fournir des applications qui dès le départ montrent le chemin de l’usage inattendu qu’on peut faire de la tablette, un peu comme Google Maps s’était retrouvé la “killer app” de l’iPhone, en 2007.

    C’est bien sûr sur ce chapitre qu’est le plus grand point d’interrogation : va t’elle être utile à des professionnels ? A des particuliers ? Va t’elle finir en super-cadre numérique ou se rendre indispensable dans les cartables ? Mystère. On attend le 27 Janvier avec impatience !