People serious about software should make their own hardware

Quelle mouche a piqué Google ? Non content d’être partout sur le Web, voilà qu’ils veulent maintenant se lancer dans le hardware. Le Nexus One risque fort d’être le premier mais pas dernier essai de Google en la matière.

Les Macs plantent moins ?

Les ingénieurs de chez Apple ne sont pas fondamentalement meilleurs ni plus malins que ceux de Microsoft. Ce qui fait à mon sens la vraie réussite technique de leur produit est dû à un principe que la firme de Cupertino n’a jamais lâché :

People who are really serious about software should make their own hardware

Concevoir le matériel et le logiciel en même temps, avec des équipes voisines, collaborant au quotidien. Cette citation d’Alan Kay n’est bien sûr pas à prendre systématiquement au pied de la lettre, mais il faut bien avouer qu’elle s’avère pertinente lorsqu’il s’agit de concevoir des systèmes d’exploitation.

Pourquoi un Mac plante moins qu’un Windows ? Tout simplement parce que la tâche de Microsoft est immense, et infiniment plus complexe que celle d’Apple : assurer le rôle d’un système d’exploitation universel implique de prendre en compte un maximum de matériel.
Et du matériel qui n’est pas conçu par les ingénieurs de Microsoft. Mais aussi et surtout du matériel qui n’existe pas au moment de la sortie de Windows. Un OS pour Mac n’a “qu’à” être compatible avec la dizaine de mac différents disponibles. Même avec ces contraintes beaucoup moins fortes, le résultat n’est finalement pas si extraordinaire que cela, surtout sur les dernières versions, objectivement plus fragiles (l’effet “usine à gaz” ?).

Mac OS X évolue en permanence, discrètement, à chaque fois qu’un nouveau Macbook ou iMac sort sur le marché. Toujours cette forte intimité entre hardware et software. Et ce ressenti est le même avec l’OS de l’iPhone, tout simplement puisque la logique est la même : Steve Jobs a d’ailleurs ressorti la citation d’Alan Kay pendant la keynote de présentation de l’iPhone, en 2007.

Pourquoi Google a des chances de réussir

Android doit depuis sa naissance gérer le “syndrome Windows” : s’adapter à du hardware très hétéroclite. Et c’est encore plus vrai dans le domaine des téléphones que dans celui du PC, puisqu’aucun driver ou norme n’existe. Difficile dans ces conditions de rivaliser avec l’iPhone qui lui bénéficie du “syndrome Mac”, c’est à dire une cohérence parfaite entre matériel et logiciel.

En d’autres termes : l’iPhone OS a 3 ans d’existence et de maturité et doit gérer 3 modèles de téléphones, tous conçus pour fonctionner avec cet OS ; Android n’a qu’une année d’existence, et doit gérer des dizaines de modèles et de marques différentes.

Le Nexus One est donc une vraie chance pour Android : parvenir à promouvoir la plateforme avec un matériel valorisant au maximum le logiciel. Ou pour faire plus simple : retrouver l’effet “woaw!” que l’iPhone a procuré aux utilisateurs en 2007. L’avenir nous dira si cette stratégie s’avère payante.

Théorie du complot épisode 12

L’inquiétude, c’est maintenant celle d’avoir une offre 100% “Google-isée” : du terminal jusqu’au contenu, tout peut passer par des produits Google. Il ne manque guère que l’infrastructure réseau qui échappe à ce géant, mais les choses devraient évoluer en cours d’année 2010 avec de nombreux projets wireless.

Et si le Nexus One est un succès, il y a fort à parier que Google va étendre cette activité hardware avec l’arrivée un NetBook conçu autour de Google ChromeOS. Que penser d’une telle omniprésence ? J’en blaguais avec un ami l’autre jour : “Là où Google est quand même très fort, c’est qu’ils ont réussi à rendre Microsoft sympathique !”. A suivre…

Revue de la semaine

Je m’y prend de plus en plus tard, mais voici ma revue de la semaine du dimanche soir, bonsoir !

Le minitel 2.0 dans le cloud ?

Benjamin Bayart le rappelait : la centralisation des structures est à l’opposé de la philosophie d’Internet. Ces réflexions ne “parlent” peut être qu’aux vieux croûtons dans mon genre qui ont bossé pendant la période “d’avant le net”, mais rappeler le simple fait qu’un ordinateur connecté sur le réseau, tout aussi modeste soit-il, fait partie intégrante, et active, du réseau est une information qu’il est important de rappeler parfois !

Comme souvent, l’évolution des pratiques “underground” est un bon indicateur de l’évolution d’une technologie. Pour le téléchargement, qu’il soit légal ou non d’ailleurs (mais bon, ne nous fermons pas les yeux…), on est passé d’un flux passif style FTP à du Peer-to-peer où tous les postes jouaient un rôle actif. Mais cette évolution, trop “implicante” pour certaines activités, fait de plus en plus place à du téléchargement à nouveau unilatéral, simplement en remplaçant un serveur unique par un maillage de serveurs (sous la forme de newsgroups ou autre) situé dans des zones peu regardantes juridiquement. C’est d’ailleurs au passage cette évolution qui rend des actions telles qu’Hadopi complètement obsolètes.

Et il ne faut pas oublier que c’est exactement ce qui se passe avec le “cloud” qu’on nous annonce : autant, j’ai pu en discuter sur ce blog, je suis assez enthousiaste sur la forme que peuvent prendre ces applications, autant je reste très soucieux et sceptique sur ce retour à un “minitel 2.0”, ou plutôt à une structure très “mainframe” qui est l’héritage direct de la préhistoire de l’informatique. Cet article assez intéressant du Monde informatique rajoute une pierre à ces inquiétudes : ce mode “cloud”, reprend certes l’architecture technique du minitel 2.0, mais aussi et surtout préfigure d’un retour… de son modèle économique !

Ma préconisation reste la même : il faut savoir anticiper et développer ce mouvement qui amène des perspectives très excitantes, en particulier en terme de travail collaboratif (Google Wave n’est qu’un premier pas, très imparfait, mais qui nous montre la voie de l’avenir) ; à mon sens, le meilleur moyen de préserver ses libertés personnelles de cette nouvelle façon de voir le web est de s’y impliquer le plus fort possible, tout en restant extrêmement vigileant. Je pense en particulier aux mouvements “libristes” qui sont philosophiquement aux antipodes de cette informatique très centralisée et contrôlée, et pourtant techniquement au coeur de ces préoccupations, les Linux & co étant des briques quasi omniprésentes dans ces solutions.

CEO ou grand manitou ?

En parlant de “libristes”, Mark Shuttleworth, le patron de Canonical, à l’origine du projet Ubuntu, a annoncé cette semaine qu’il passait la main sur les fonctions de direction de sa société.

Ce genre d’opération est plutôt courant (on se souvient de la façon dont les deux créateurs de Google ont rapidement cédé les rênes de la société à un “gros bonnet” tout en restant à des places stratégiques) et assez symptomatique : à croire qu’amorcer une société, trouver l’idée, la faire naître et grandir, n’est pas le même travail que de la maintenir et la porter à bout de bras sur du moyen/long terme.

Même Steve Jobs, si souvent cité en exemple, n’a pas vraiment pu assumer ces deux rôles : ou plutôt, il a pu, mais avec une parenthèse d’une bonne dizaine d’années, le temps d’atteindre une certaine maturité. Un des rares contre-exemples qui me vient à l’esprit est celui de Bill Gates, qui a porté son entreprise pendant plus de 20 ans.

Et ces changements à la tête d’une entreprise s’avèrent souvent bénéfiques, une sorte de “nouvelle dynamique” pour la société. Instructif !

Free goes mobile

Après des mois et des mois de négociation, c’est enfin officiel : Free est possesseur de la 4ème licence mobile en France. Tout le monde attend maintenant de voir ce qui va ressortir de cette nouvelle donne. Xavier Niel a donné une interview dans laquelle il donne quelques indications sur la ligne qu’il entend tenir.

Premier point : la “non-entente” avec les concurrents, condition primordiale selon lui pour arriver à casser un peu la logique des choses. Sous entendu : halte aux arrangements et aux alignements entre “concurrents”. Ne serait ce qu’avec l’exemple édifiant des SMS, véritable manne maintenue pendant des années alors que le coût était quasi nul, on ne peut qu’acquiesser.

Mais c’est bien entendu techniquement qu’on attend Free au tournant : rappelons qu’historiquement, la notion de “box” vient d’eux. Et on attend bien entendu quelque chose d’équivalent pour cette future offre “quadruple-play”. Rappelons que Free est également actif dans le domaine du WiMax, pourquoi pas directement un “quintuple-play” avec une offre globalisant accès Internet pour son ordinateur (WiFi à domicile, WiMax/3G à l’extérieur) et téléphonie (Box à domicile, et GSM/WiMax à l’extérieur) ? Une belle occasion en tout cas, si cela se fait, pour que la France reprenne quelques longueurs d’avance ! Vivement 2011, donc…

Blu-ray ou pas ?

Noël est souvent une période clé pour amorcer la migration vers une nouvelle techno grand public. Que ça soit pour le Netbook, le DVD, l’écran plat, la plupart des “adoptions” par le grand public de produits en phase d’amorçage se sont fait sur la période de Noël. A l’opposé, d’autres technologies moins chanceuses, telles que le HD-DVD, sont mortes après étude des ventes de fin d’années (Février 2008 pour le HD-DVD). J’étais donc curieux de voir le bruit que ferait le Blu-ray sur cette fin d’année 2009.

En effet, voici maintenant 3 ans que l’offre existe (la PlayStation 3, premier lecteur Blu-ray grand public, existe depuis fin 2006). Et pourtant, autant les écrans plats sont de plus en plus courants, autant la diffusion télé (autant satellite que hertzienne, surfant sur le rééquipement numérique TNT) arrive à suivre le mouvement (la télé étant pourtant rarement sur des phases d’amorçage de nouvelles technologies), autant le Blu-ray reste désespérément à la traîne. Il est encore trop tôt pour analyser les résultats des ventes de ce Noël 2009, mais les raisons sont multiples :

  • La plus value, même si elle est indéniable par rapport au DVD, reste trop faible. Lorsqu’on est passé du VHS au DVD, c’était pour une meilleure qualité, mais aussi et surtout pour ne plus avoir à rembobiner des cassettes fragiles et encombrantes. Là, on continue à manipuler un disque.
  • Le blu-ray n’a pas d’intérêt sans un rééquipement global (écran/home cinéma audio) et les notions de haute définition ont souvent été mal vendues et trop complexes
  • Le blu-ray est bien mieux protégé que le DVD contre les copies. Cela pourrait être un atout, mais cela s’avère être au contraire un formidable vecteur de publicité… pour les formats numériques non protégés.

C’est bien le paradoxe de la protection : un DVD pouvait être copiable, ou au pire convertible en DiVX. Là, on arrive à un extrême où il est bien plus simple et agréable de posséder des films en numérique HD sur un disque dur. En d’autres termes, le blu-ray est en train de pousser la population à se passer de platines de lectures, et d’investir à la place dans de gros boîtiers de stockage !

Les fabricants ont su prendre la bonne décision : aller directement vers la génération d’après, en publiant les spécifications du Blu-ray 3D. Ce format semble faire l’unanimité : il maintient une compatibilité ascendante avec “l’ancien” blu-ray, exploite le format 1080P des écrans les plus performants, et surtout… arrive pile à temps pour montrer dans de bonnes conditions les productions les plus récentes du cinéma hi-tech (le film Avatar de James Cameron, gros carton de cette fin d’année, en tête).

A la semaine prochaine !

Ma pizza

Ca fait un moment que je voulais parler ici d’un bouquin épatant, même s’il date déjà de quelques mois : “Que ferait Google à votre place ?“, qui permet de mettre en perspective divers business avec l’angle de vue et la façon de procéder de Google. Cette boite qui amène aujourd’hui tant de polémiques, a indéniablement révolutionné notre façon de voir les choses, en particulier la façon d’amener un produit au public, et de créer du business autour.

Ce livre encourage à regarder les problèmes que nous rencontrons d’un oeil nouveau, et surtout d’y amener une approche originale. Finalement, ce n’est rien d’autre que ce que nous essayons d’apporter, modestement, ici, avec notre rubrique “Boîte à idées” qui constitue la colonne vertébrale de ce blog.

En jouant avec ces idées, je me suis amusé l’autre jour à imaginer ce que le web, et la “Google touch”, pourrait apporter à une entreprise aussi “banale” qu’est un vendeur de pizza. Cela pourrait donner ceci :

Premier point, le plus important, tout faire pour personnaliser l’accueil du client

Un pizzaiolo possède une palette d’ingrédients (jambon, champignon, etc…) qu’il peut placer avec n’importe quelle combinaison sur la pâte à pizza. Pourquoi se limiter ? Imaginons un site Web qui permettrait de s’enregistrer, et de définir “sa” pizza, avec ses ingrédients. Combien de fois avez vous cette scène dans une pizzeria du client qui demande “alors, je voudrais une Grandioso mais sans oignons, et avec des champignons à la place des poivrons”.

Un site Web permettant d’enregistrer “sa” pizza, de la nommer, et une petite interface permettant au cuistot d’avoir sous les yeux les ingrédients. A vue de nez, cela parait plutôt simple à mettre en place, et ça apporterait un “plus” plutôt appréciable. Le plaisir de commander “la JD s’il vous plait”, voire même d’avoir le site, ou le gars à l’accueil, qui vous dit “vous prendrez une JD comme d’hab ?”. De l’informatique de gestion hyper basique, et de l’inédit pour “l’expérience client”.

Deuxième point, jouer la carte “prescripteur” sur le Web

Puisqu’on a inventé “sa” pizza, pourquoi pas ne pas la proposer à ses amis ? Un petit insert sur sa fiche Facebook, et hop, n’importe qui peut commander “la JD”. Mieux, si la pizza a du succès, pourquoi pas ne pas la promouvoir parmi les pizzas “officielles” du site ? On pourrait aussi imaginer un système de cumul de points qui permettrait d’avoir des avantages lorsqu’on prescrirait un maximum de pizzas à son nom. Une sorte d’affiliation maison, avec une récompense en nature (pizza gratuite, dessert…).

Troisième point, jouer la communauté

Je sais qu’on emploie la notion de communauté à toutes les sauces en ce moment. Mais sur ce genre d’application, j’y verrais un intérêt. Lors du choix des “ingrédients de base” d’une pizza, demander des suggestions, faire voter les gens, permettrait d’amener une originalité à la carte tout en la “pré-validant” (sondage style : “seriez vous branché par une pizza comportant du foie gras ?”).

Il faudrait également bien sûr jouer sur toutes les cartes “classiques” d’appel à la communauté : commenter les pizzas du moment, amener des photos de soirées réussies autour des pizzas, etc…

Quatrième point : l’appropriation

Si l’aspect communautaire prend vraiment, pourquoi pas ne pas aller plus loin, et proposer carrément de monter des minis boutiques (sur Facebook, par exemple) en marque blanche. L’utilisateur invente quelques pizzas, ouvre sa boutique “Chez JDiolo”, et la pizzeria s’occupe de toute la logistique derrière.

Ca aurait de la gueule, une pizzeria proposant tout ça, non ?

Cette idée vous intéresse ? N’hésitez pas à intervenir dans les commentaires pour l’enrichir, apporter des suggestions, remarques… Cette page est vivante et va évoluer au fur et à mesure de vos cogitations.

Vous êtes développeur ? Créatif ? Spécialiste du domaine abordé ? Nous recherchons en permanence à monter et animer des équipes autour de ces projets, afin que ces idées deviennent autre chose que de simples articles dans un blog… Contactez nous !

Débuter la “zik” par le web

Aujourd’hui j’ai décidé de vous parler des solutions disponibles sur le web pour apprendre à jouer d’un instrument (ou se perfectionner).
Tout d’abord, après une recherche de quelques minutes, je reste assez surpris du nombres de sites proposant des cours, des conseils, des tutos ….tout est là.
Reste donc à savoir si le contenu proposé est de qualité ou s’il s’agit simplement de Maurice entrain de gratter un peu au fond de sa cave. Et là de nouveau, le choc, pour une grande partie des sites, le contenu est clair, bien filmé, accessible…. Mon premier survol est donc ultra positif pour le quidam que je suis.

Les divers “supports”
Commençons par l’incontournable Youtube. Avec le temps Youtube, en plus de proposer le film de la famille Dupont se promenant dans la forêt un dimanche après midi, a vu sa communauté exploser. Certains ont alors commencé à proposer des tutoriels pour proposer leur savoir-faire et “aider” la communauté présente. Aujourd’hui, bons nombres de tutos photoshop, 3D Studio, développement …. Musique sont en ligne (sous forme de chaine de temps en temps) ; bien sur, il y a a boire et à manger mais en grattant un peu (sans jeu de mots) on trouve des choses quasi-professionnelles. Un exemple parmi tant d’autres : ilearntoplay sur youtube

Les forums : certains sont devenus incontournables : ex : jedebutealaguitare ; tout simplement la “bible” pour celui qui cherche des conseils. Le concept est simple et très pratique. On suit l’évolution de Stéphane qui débute la guitare. Il y a de tout ; conseils, vidéos, schémas ….

Les autres : Le site web “classique” (partochs, conseils, niveau de difficultés …) ex : Theozik
Bizarrement, ce n’est pas ces sites qui m’ont le plus intéressé. Ils reprennent des méthodes classiques d’apprentissage. Le coté humain n’existe pas et cela s’avère gênant (mais cela n’engage que moi)

Les lecons GarageBand : tout simplement Génial, complet, ultra-accessible. Encore une fois bravo Apple. Les cours sont parfaits. Mais c’est surtout le concept qui est génial. Vous avez dans votre soft musical (sur Mac) directement accès aux cours (piano ou guitare) . Les cours débutant sont gratuits . Vous pouvez accélérer le visionnage, revisionner l’ensemble, vous avez les notes joués (touches) illustrées juste au dessous. J’avais presque l’impression d’avoir un prof chez moi. Viennent ensuite les cours donnés par des grands noms (Sting, BonJovi, ….) , ces cours deviennent alors Payants mais imaginez vous avoir Sting dans votre salon. Il existe même un mode où l’on peut s’entrainer avec d’autres joueurs à travers le monde en ligne.

Quelles sont vos expériences de votre coté ? quels sites ? quelles méthodes de travail ?

Interview Mik Bry

Avec l’arrivée du Google Nexus One, les différentes opérations de rachat/fusion, les sorties de nouvelles plateformes telles que Maemo, j’avoue avoir un peu de mal à tout suivre dans le monde des systèmes d’exploitations pour téléphones mobiles… J’ai eu l’occasion de discuter il y a quelques temps avec Mik Bry, Gran Guru mobile, qui travaille dans notre région. L’occasion d’évoquer avec lui l’évolution technique des plateformes de développement pour mobile…

Salut Mik, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Salut, j’ai fait le choix d’être hyper-spécialisé sur le développement mobile dès l’année 2000, pour éviter les aléas d’un développeur Web ou d’un développeur classique plus «généraliste». Je m’occupe d’adapter des contenus, web ou autre, vers du mobile. Par contre, j’ai choisi de ne pas me spécialiser sur une plateforme mobile particulière, ce qui amène pas mal de boulot !

Tu as travaillé sur quels projets récemment ?
Récemment, j’ai terminé une mission de deux ans pour Seesmic, tout d’abord sur de la conversation vidéo, sur Symbian et Java mobile, puis ensuite en travaillant sur les clients Twitter pour mobile. En ce moment, je bosse notamment sur une appli iPhone qui mixe géolocalisation et connexion avec Facebook : je m’intéresse particulièrement à ces connexions entre le web et les téléphones, c’est assez sympa d’utiliser les API Facebook sur des devices mobiles. J’ai d’ailleurs présenté mon travail au Facebook Developer Garage, une conf qui a lieu jeudi dernier sur Paris.

Ce n’est pas trop compliqué pour toi de jongler entre toutes ces plateformes ?
Si, justement, car il n’y a pas du tout de standard au niveau du développement natif. On retrouve toujours le modèle vue contrôleur classique, mais tout change, à commencer par le langage : Objective-C pour l’iPhone, Java pour le Blackberry et Android, du C/C++ pour Symbian. Mais avec un gros flou du côté des intentions de Nokia : Maemo est un second OS chez Nokia basé sur Linux et utilisé au départ sur leurs minitablettes. Il est maintenant disponible sur N900, un téléphone un peu à part.

On peut aussi développer des webapps «classiques», mais on perd beaucoup du potentiel des téléphones : on peut certe faire de la géolocalisation, mais pas encore stocker des données offline de manière commune, par exemple.

Ne peut-on pas trouver un «plus grand commun dénominateur» à ces plateformes, en mettant en place des noyaux communs ?
J’ai souvent essayé, mais c’est très difficile à mettre en place. Le hardware n’est pas le même, les interfaces ne sont pas du tout standardisées. Par exemple, l’iPhone est multi-touch, pas les autres, ça serait frustrant de ne pas l’utiliser.
Toutefois, utiliser le C reste possible sur tous les téléphones, je réfléchis pas mal en ce moment à des moyens de standardiser certaines briques métiers.

On peut s’appuyer sur des communautés actives de développeurs, ou ton travail reste t’il très isolé ?
Ca ne t’étonnera pas, la communauté la plus importante reste autour de l’iPhone. On trouve également pas mal de choses autour de l’Android, mais pour les autres, le partage de connaissance est assez faible : Nokia propose un Wiki, mais sur des choses un peu pointues, l’enregistrement vidéo par exemple, c’est assez difficile.

Tu me disais aussi qu’il fallait avoir conscience du retard hardware qu’ont les téléphones et en tenir compte ?
Oui, les téléphones, même les plus performants du moment, utilisent des technologies plutôt anciennes. Les processeurs ARM, par exemple, qu’on utilise sur les téléphones «mainstream» ont été conçus il y a une dizaine d’années. L’iPhone 3GS utilise l’ARM-Cortex qui a été développé il y a 5 ans. Lorsque l’on cherche à évaluer la ressource hardware sur laquelle va se reposer un développement, il faut savoir jongler entre des téléphones sur 4 ou 5 générations différentes.

En fait, on recycle beaucoup avec les mobiles : pour la 3D, par exemple, on utilise aujourd’hui PowerVR qui a été conçu sur PC il y a une dizaine d’années. Et on commence seulement à utiliser les shaders avec OpenGL-ES 2, qui existe depuis plus de 5 ans.

On cherche le meilleur ratio coût/performances/consommation d’énergie, loin de la course à la performance des PC. Et utiliser de bonnes vieilles technologies permet d’amener ça, même si cela amène bien des complications pour le développeur.

Pour reparler de Nokia, on n’y comprend plus grand chose entre Symbian d’un côté, et Maemo de l’autre, tu peux nous donner ton éclairage ?
Nokia s’est rendu compte un peu tard de leur retard par rapport à la sortie de l’iPhone. Ils ont tenté de mettre à jour Symbian en ce sens, mais c’est une tâche très difficile : vaut-il mieux repartir d’une page blanche, comme Maemo, un Linux qui marche plutôt bien mais reste basique et nécessitant beaucoup de boulot, ou simplifier Symbian, lui redonner une interface plus claire? Ils ont pris le parti pris de prendre QT comme interface commune entre Symbian et Maemo, mais tout ceci reste encore confus et peu concret.

Nokia a racheté Symbian, puis Trolltech, leur architecture technique semble beaucoup dictée par leur politique de croissance externe ?
Oui, on se demandait pourquoi ils avaient racheté Trolltech, et c’était une vision un peu à long terme, qui leur permettait d’avoir une interface cross-platform, indépendamment de l’OS. C’est intéressant, car QT est pas mal utilisé dans les milieux industriels et scientifique. Mais actuellement, utiliser QT sur un Symbian nécessite de demander au client d’installer des librairies supplémentaires. Et sur Maemo, il faut le compiler soi même, cela reste encore très prototype.

Que penses-tu des rumeurs de fusion entre Android et ChromeOS ?
Pas forcément du bien… je ne vois personnellement pas trop l’intérêt de ChromeOS pour l’instant. Certes, le HTML5 et son potentiel sont intéressant, mais les téléphones ne sont pas encore prêts. Souviens toi d’Apple qui a commencé par promouvoir à la sortie de l’iPhone l’utilisation de webapps : ça n’a pas marché, ils ont dû changer leur fusil d’épaule à la dernière minute, et sortir le SDK qu’on connait aujourd’hui.

C’est d’ailleurs un cas intéressant, puisque ce revirement à été très rapide, et a été en partie dicté par la communauté des hackers qui développaient en natif pour l’iPhone dès l’été 2007. Aujourd’hui, ils ont repris le tout en main avec l’AppStore, et on en voit le résultat.

Donc actuellement, les webapps ne sont pas une piste viable pour les téléphones mobiles. Google veut aller en ce sens, mais ça reste une déclaration d’intention.

Si on parle des plus petits, les Palm, J2Me, cela a toujours un avenir ?
Si Palm reste seul, ils n’ont pas d’avenir. Ils ont eux aussi cherché à aller vers les Webapps et le HTML5, mais leur téléphone est trop lent, même avec l’accélération hardware.

J2Me, c’est mort, Blackberry continue historiquement à l’utiliser, ainsi que les «outsiders» LG, Samsung, etc… mais la technologie n’évolue plus. Motorola a aussi laissé tomber J2Me au profit d’Android, et Sun ne dirige plus rien : tout est gelé et il n’y aura plus d’évolution de Java côté client.

La convergence PC/mobile qu’on nous promet depuis longtemps, elle arrive ?
La seule convergence qu’on voit aujourd’hui, c’est au niveau des webapps. Il est vrai qu’Intel pousse pour que son architecture Atom soit présente des deux côtés, mais tout ceci est plus lent que ce qu’on nous promet. On aura toujours plusieurs trains de retard entre un téléphone et un PC. Difficile de voir comment ceci va évoluer, peut-être par le biais des TabletPC, qui représentent une marche intermédiaire entre ces deux univers.

Quel serait ton discours face à un décideur qui cherche à se lancer sur du mobile, qui voit bien sûr l’intérêt de l’iPhone, mais qui ne cherche pas à aller plus loin ?
La piste des webapps reste valable pour tester le marché et ses utilisateurs, à moindre coût. Le navigateur de l’iPhone est largement utilisé. Mais la webapp a une grosse contrainte : elle n’a pas le même impact qu’une appli dans l’AppStore, ce qui peut être un argument décisif stratégiquement. D’où la nécessité je pense de standardiser un peu le développement iPhone pour rendre moins lourd la procédure d’un développement iPhone, via des mockups, pour pouvoir tester le marché avec un ticket d’entrée moindre.

Et du côté des autres plateformes ?
Android, même s’il peine a décoller, a un beau potentiel, avec des téléphones tels que le Droid de Motorola. Le Blackberry également, mais ces deux possèdent des AppStore avec des visibilités bien moindres. Symbian est quant à lui d’un accès beaucoup plus complexe à programmer, et ne peut être considéré que comme un outsider. Maemo et le Nokia N900 sont intéressant pour pousser des idées comme le WebGL: La 3D dans un navigateur.

Reste le cas Windows Mobile cette plateforme est datée et n’évolue plus depuis des années hormis via des surcouches graphiques conçus par les fabriquants comme HTC. J’attends de voir WM7 prevu pour fin 2010. Microsoft est dans l’obligation de faire un grand OS mobile, mais la concurrence est féroce, dictée par Apple. Et HTC le fabriquant historique de téléphones WM semble lâcher cet OS pour Android. A moins que Windows prenne le taureau par les cornes et sorte son téléphone.
2010 va donc être une année passionnante dans le domaine du mobile !

Merci Mik pour ta disponibilité ! Mik bosse en indépendant sur divers projets de développement mobile, vous pouvez le contacter ici !

Revue du dimanche

Deuxième édition de cette revue du dimanche, qui parle une fois de plus beaucoup de Google, faut dire qu’ils s’agitent pas mal en ce moment !

Bouygues mauvais joueur

La semaine commençait avec un petit coup de gueule de la part de Bouygues Télécom, qui se plaignait par l’intermédiaire de son directeur général de la concurrence à venir de Free au cas où la 4ème licence 3G lui revienne. Je cite :

Nous étions habitués à recruter beaucoup de jeunes diplômés qui font leurs classes chez nous et trouvent ainsi une sorte de tremplin à leur carrière. C’est terminé. Bouygues Telecom est obligé de se préparer à l’arrivée de Free en réduisant ses coûts fixes.

Bonjour l’argumentaire ! Il me semble que le B.A.BA de la direction d’une entreprise capitaliste, c’est d’accepter la concurrence, et plutôt de la voir comme un stimulant pour aller vers une activité plus innovante et performante ! Alors jouer la menace à la perte d’emploi, c’est stupide (les pov ptits jeunes diplômés pourront toujours aller chez Free qui aura des besoins…), et de mon avis un peu inquiétant sur la motivation et la capacité de cette entreprise d’aller de l’avant.

J’ai l’exemple en tête du complexe ciné local qui jouissait jusqu’à peu d’un monopole absolu : il a fallu attendre l’annonce d’une concurrence à venir pour qu’ils se décident à équiper une de leur salle pour une projection 3D. C’est bien tard (j’aurai bien voulu voir “Up” ainsi, moi !), mais au moins cela démontre tout l’intérêt d’une concurrence. Et je souhaite vraiment que Free accède à cette concurrence là, car cela risque d’amener un dynamisme dans le milieu des Télécoms qui est bienvenu…

Google partout

Google fait feu de tout bois et multiplie les annonces sur cette fin d’année. J’en retiens bien sur les premières versions de ChromeOS, l’arrivée de Chrome sur Mac, et les fuites sur le lancement d’un téléphone “100% Google”, le Nexus One.

Il est un peu tôt pour commenter ce nouveau téléphone (j’y reviendrais), mais, même si cela faisait longtemps que l’on commençait à voir clair dans le jeu de Google, les pièces du puzzle s’assemblent de plus en plus : on va droit vers un environnement complètement “Google-isé”.

D’autres ont déjà commenté avec talent les risques liés à ChromeOS, allant jusqu’à chaudement le recommander à des régimes totalitaires (ça fait envie !). J’en retiendrais juste la polémique sur la citation du PDG de Google, qui a eu pour effet une réaction finalement logique de la Mozilla Fundation, qui cherche aujourd’hui à se libérer de sa liaison un peu dangereuse avec le géant de la recherche Web.

De là à aller conseiller d’aller plutôt sur Bing, le moteur de recherche de Microsoft, c’est… là aussi logique mais étonnant : Microsoft sort d’un tel tunnel où il était représenté comme “le mal absolu”, que de le voir aujourd’hui perçu comme l’élève modèle, c’est… perturbant… mais aussi le signe d’une certaine bonne direction que prend l’ex-boîte de Bill Gates… à moins que ce ne soit plutôt Google qui parte dans un modèle tellement affreux (on est certes loin du “don’t be evil” des débuts) que Microsoft apparaisse à côté comme amateur !

Le Web 09

Ayé, tous les bloggers et personnalités de notre petit milieu se sont réunis autour de Loïc Le Meur pour la grand messe annuelle européenne du Web. Je n’y étais pas, donc je ne risque pas de faire un compte rendu (là aussi, d’autres l’ont fait très bien !), j’ai toutefois suivi une partie des conférences en streaming (très bonne qualité au passage de la part de UStream !), et je dois dire que c’était souvent assez intéressant, même si certains étaient un peu trop là pour réciter une leçon sans aucune interactivité ni implication, dommage… Mais le gros + de ces conférences, c’est bien sûr le réseau que l’on peut s’y constituer, et pour cela, pas le choix, il faut y être ! Je pense faire le déplacement l’an prochain, histoire de pouvoir dire que j’y étais !

RAS au niveau des startups gagnantes du concours, on a du réseau social faisant la course en tête, logique… à noter toutefois que, sauf erreur, celle ayant gagné l’an dernier, Viewdle,est un peu, comment dire… parti avec la caisse, n’a en tout cas rien sorti. On espère mieux pour les lauréats de cette année ! Mention en tout cas pour Pearltrees, qui amène un travail sur l’interface assez étonnant, une sorte d’évolution de mindmap adapté au web… Je vais essayer d’étudier ça un peu plus en détail…

J’en retiendrais au moins l’intervention très atypique de Gary Vaynerchuck, le boss de WineLibrary, un vrai esprit libre à l’énergie communicative, et au rentre dedans assez incroyable. Gonflé, et pourtant tellement vrai, de balancer devant un parterre d’investisseurs un “Quand j’entend parler de Business plan à 3 ans, je sens le vomi monter dans ma bouche ! Bon sang, dans notre milieu, tout change toutes les 3 semaines !”.

Bases de données dans le cloud

On y vient, les bases de données s’adaptent aussi au mode “cloud”. Le but est ici double : casser la logique de serveur “physique”, avec tout ce que cela avait de contraignant (réplication, etc…), et casser le format très (trop?) structuré des SGBD actuels, qui fonctionnent encore tous selon le schéma dicté par IBM Db2 dès le milieu des années 70 : tables, structures, et SQL. Ca fait longtemps qu’on cherche à casser ce côté très structuré des bases, mais tous les essais, soit sur une approche “document” (Lotus Notes, par ex), ou sur une approche SGBD orienté objet, n’ont jamais jusqu’ici été de grandes réussites.

Le mouvement NoSQL commence a être largement suivi et à faire quelques preuves de sa pertinence, et on a vu passer sur TechCrunch cette semaine le financement d’un projet autour d’Apache CouchDB. On a donc quitté le terrain des expérimentations pour aller vers celui d’un éclairage plus grand public sur ces solutions. A suivre avec grande attention !

Coeur de métier

Je me souviens avoir très souvent eu cette discussion dans bien des contextes : il “faut rester dans son coeur de métier”. Je viens de lire cet article très intéressant de François Ziserman qui relativise un peu les choses. Après tout, si Google et Apple étaient restées dans leur coeur de métier, ces entreprises n’en seraient pas là où elles en sont aujourd’hui. Et puis, au fond, qu’est ce qu’un coeur de métier ? Avec le recul, j’ai un peu l’impression que cette notion à géométrie très variable est souvent utilisé comme une “très bonne” raison pour reculer ou contourner la difficulté, dès lors que les choses ne sont pas très simples.

Je me demande si l’on ne confond pas un peu les notions de compétences et de métier, qui sont assez différentes. On a vu la semaine dernière un petit débat sur ce thèmes par blogs interposés, entre Fred Cavazza et Daniel Broche. Faut il déléguer pour se concentrer sur ce qu’on sait faire de mieux, ou apprendre a distinguer les compétences que l’on se doit d’acquérir et les choses plus accessoires… large débat !

A la semaine prochaine pour la prochaine revue hebdo !

Iphone Tree – ‘la suite’

goggles_landmarkIl est temps de reprendre l’article Iphone Tree que j’avais écris en septembre 2009.

Tout d’abord un grand merci pour vos commentaires sur ce sujet. Vos interventions ont clairement été dans le sens de ce que l’on souhaite amener JD et moi-même ; une synergie positive, une effervescence pour le projet et non pas centrée sur les personnes qui lancent l’idée.

Le dernier commentaire de Monsieur Cyril de Scopika met le doigt sur un point capital : “Google Goggles”

Google avec ce nouveau produit se lance dans la conquête de la reconnaissance visuelle sur mobile. Bien sûr, cela est annoncé sur Android mais d’après quelques infos dénichées sur le web, ce produit devrait prendre la forme d’une API. Le traitement pur mathématique se ferait donc sur les serveurs Google.

J’ai eu tendance au premier abord de me dire que du coup le projet (notre projet) Iphone Tree était “mort” dans l’oeuf mais finalement après réflexion, je vois deux issues :

  1. Google décide que cette fameuse API sera open-source et utilisable pour et par tous pour favoriser des applications de reconnaissance visuelle
  2. Google garde son petit jouet pour lui et ferme l’utilisation

Finalement , peut être que cette nouvelle va permettre à Iphone Tree de s’envoler ; en effet, si Google rend cette API open, il sera important d’être les premiers à l’utiliser et à proposer une application Iphone de qualité.

Dernier point, il est certain que d’un point de vue technique cela faciliterait très grandement les choses

Qu’en pensez vous ?

J’espère avoir de votre part autant de commentaires que pour la présentation de ce projet

Système d’exploitation in ze cloud

Dans tous les mots clés à la mode, celui de “cloud” prend une place à part. Paradoxalement, c’est à la fois la vague la moins innovante (avoir des applications “en ligne” c’est aussi vieux que les mainframes des années 50) et la plus intéressante, puisqu’étant complètement en dehors des modes. A la mode et intemporelle, tentant !

Je pestais dans un précédent article sur le manque d’évolution de la fonction “Sauvegarder”. Et pourtant, les applications “in the cloud” proposent une façon beaucoup plus naturelle de gérer ses données, en se débarrassant de la notion de fichier. D’où la réflexion suivante : le cloud va t’il à ce point remplacer tout le reste qu’il devient la seule piste nécessitant une concentration de tous les efforts ?  Ou l’informatique “à l’ancienne” ne peut pas t’elle tirer des leçons de l’informatique connectée ?

Louis Naugès, avec le sens de la modération qui le caractérise, pousse bien sûr à fond sur la piste “cloud” dans son dernier article. J’ai du mal à souscrire à une vision où même Windows 8 devrait être annulé tellement il deviendra inutile ; en revanche, le thème de cet article m’a fait réfléchir : l’ouverture d’une brèche dans laquelle Linux peut/doit s’engouffrer. Et cette brèche, c’est le cloud, la perspective de “casser” le système d’exploitation au sens strict pour aller ailleurs.

Une voie médiane à trouver ?

Google ChromeOS, qui a fait beaucoup parler de lui ces derniers jours, propose une vision extrémiste du cloud : aucun stockage en local, aucune application, tout se passe en ligne. De l’avis de tous, et de Google lui même, ChromeOS se réserve à la niche des Netbooks : il n’est pas possible d’en faire son ordinateur principal, pour plein de raisons :

  • L’obligation (ou presque) d’être connecté est quand même parfois contraignante, en attendant une couverture généralisée du territoire en WiMax
  • Toutes les applis ne se plient pas avec le même bonheur au mode “en ligne”. Difficile d’imaginer un logiciel de montage vidéo, ou même un Photoshop, en ligne (même si, sur ce dernier point, photoshop.com ne démérite pas)
  • Confier l’intégralité de sa vie numérique, données et outils compris, est quand même un peu dérangeant. Le “minitel 2.0” n’est pas très loin…

L’article de Louis Naugès présente un monde où dinosaures et cloud sont en concurrence frontale (et où bien sûr le gentil cloud gagne à la fin). Cela veut il dire que si l’on veut utiliser Photoshop, par exemple, on n’a pas le droit de travailler en ligne ? Et à l’inverse, que si l’on veut bénéficier du cloud, on doit forcément faire une croix sur les applications “traditionnelles” ?

La tête dans les nuages, les pieds sur terre

Vous l’avez compris, je trouve qu’un système tel que Linux, ou du moins une de ses distributions, aurait tout intérêt à se “cloudifier” : garder certains aspects d’un OS classique, mais en s’ouvrant au cloud avec des éléments fondamentaux, inclus dès le noyau, qui prendraient en compte cette dimension. Par exemple :

  • Un FileSystem “cloud”. Aujourd’hui, on utilise des applications telles que PostBox qui se greffent sur l’interface utilisateur. Allons plus loin, avec un système incluant nativement un stockage distant, avec versioning et abstraction du support. Un FS, tel qu’on commence à en voir avec l’extension FUSE, mais inclus dans le noyau de l’OS, le rendrait exploitable par les applications “traditionnelles”
  • Une interface de gestion de fichiers hybride, mixant online et local de manière transparente pour l’utilisateur
  • Des drivers externalisés, pour les imprimantes par exemple : des serveurs d’impression directement hébergés par le constructeur de l’imprimante, la machine locale ne servant plus que d’intermédiaire pour transmettre à l’imprimante locale un flux binaire
  • Des applications locales et des Webapps cohabitant harmonieusement dans un même répertoire “Applications”
  • Des primitives d’accès à un SGBD distant, permettant le stockage de structures de données complexes online (carnet d’adresses, par exemple)
  • Un vrai desktop, mais déportable (un peu à la manière d’un JoliCloud) permettant de retrouver son environnement de travail sur un poste quelconque

Un tel système vous tente ? Des pistes commencent à se dresser (par exemple, Dot4Net pour les applications .Net). Mais, comme j’ai essayé de le présenter ici, le “signe fort” doit venir du système d’exploitation lui même. Difficile de connaître les intentions de Microsoft et Apple pour Windows 8 et pour le successeur de Snow Leopard (même si Microsoft commence à donner quelques signaux forts du côté des générations à venir de Windows Server). En revanche, la destinée de Linux est à écrire. Les perspectives sont plutôt excitantes ! A suivre…

Coaching, conseil, audit et les autres

J’ai envie aujourd’hui de vous parler de coaching
Il faut bien admettre que le mot est à la mode en ce moment. Cependant comme beaucoup de chose dans l’air du temps, il est très difficile de donner une définition du terme.
En effet, conseil, coaching, audit, analyse psycho ….. finalement, qu’est ce qui déférencie tous ces termes.
Après avoir pas mal réfléchi à la question, il me semble que cette diférenciation se fait dans l’action même :
– le conseil à mon sens et le fait de pouvoir accompagner “un client ” (au sens large) dans et sur son métier ; une place importante est reservée à l’écoute et à la facilité du “conseilleur” à se mettre à la place du client
– l’audit est plus connu et borné : il s’agit d’établir une photo de la situation du client étudié afin de mettre en place des solutions ; l’audit respecte généralement un schéma d’analyse précis
– l’analyse psychologique : elle se positionne dans la “pourquoi ?” ; pourquoi ce client arrive t-il aujourd’hui à cette situation “d’echec” ? `
– le coaching : en fait, il est à mon sens ce que les autres termes ne sont pas. Voici MA définition :
le coaching est la manière d’accompagner et de suivre un client en lui apportant des solutions à ces problèmes basées sur une expérience et en se positionnant comme l’élément à suivre pour le chef d’entreprise. Il y a donc bien transmission du pouvoir sur la période de coaching. L’idée est de faire prendre conscience au chef d’entreprise des léviers à activer pour solutionner sa situation
Le meilleur exemple que j’ai trouvé de coaching est une émission de tv diffusée sur W9 :
“Cauchemar en cuisine” on l’on suit Gordon RAMSAY (un grand chef anglais) coacher des restaurants au bord de la faillite
un lien du dernière épisode : http://www.w9replay.fr/#/emissions/cauchemar-en-cuisine/5190

Il faut bien admettre que le mot est à la mode en ce moment. Cependant comme beaucoup de chose dans l’air du temps, il est très difficile de donner une définition précise du terme.

En effet, conseil, coaching, audit, analyse psycho ….. finalement, qu’est ce qui déférencie tous ces termes.

Après avoir pas mal réfléchi à la question, il me semble que cette différenciation se fait dans l’action même :

  • le conseil à mon sens et le fait de pouvoir accompagner “un client ” (au sens large) dans et sur son métier ; une place importante est reservée à l’écoute et à la facilité du “conseil” à se mettre à la place du client
  • l’audit est plus connu et borné : il s’agit d’établir une photo de la situation du client étudié afin de mettre en place des solutions ; l’audit respecte généralement un schéma d’analyse précis
  • l’analyse psychologique : elle se positionne dans la “pourquoi ?” ; pourquoi ce client arrive t-il aujourd’hui à cette situation “d’echec” ? `
  • le coaching : en fait, il est à mon sens ce que les autres termes ne sont pas. Voici MA définition :

le coaching est la manière d’accompagner et de suivre un client en lui apportant des solutions à ces problèmes basées sur une expérience et en se positionnant comme l’élément à “suivre”. Il y a donc bien transmission du pouvoir sur la période de coaching. L’idée est de faire prendre conscience au chef d’entreprise des leviers à activer pour solutionner sa situation

Le meilleur exemple que j’ai trouvé de coaching est une émission de tv diffusée sur W9 :

“Cauchemar en cuisine” on l’on suit Gordon RAMSAY (un grand chef anglais) coacher des restaurants au bord de la faillite

un lien du dernier épisode.