La dématérialisation, mon fils, et moi et moi et moi - JD and Co

La dématérialisation, mon fils, et moi et moi et moi

Petite analyse maison faite sur la base d’un échantillon représentatif d’un ado, celui qui que j’ai à portée de main, mon fils ainé.

Acte 1 : dématérialisation

Gab’ devait aller voir Oxmo Puccino, une de ses idoles rap. Je l’ai accompagné en concert (belle surprise, au demeurant !), et auparavant on devait aller à une interview donnée à la FNAC. Je conseillais donc à mon rejeton de prendre un truc à faire signer pour qu’il aie un souvenir de l’événement.

Dialogue :

  • Moi : ah mince, mais pas t’as pas son dernier CD ? Tu vas faire signer quoi du coup ?
  • Lui : bah, pas grave, j’imprimerai un truc que je trouverai sur le net
  • Moi : Mais euh… ça craint quand même d’aller voir un artiste et de lui dire en gros “j’ai rien acheté de toi et je pirate tes disques, tu me signes une dédicace ?”
  • Lui : Mais je pirate rien, j’écoute ses disques sur Spotify !

Comment on dit en langage de djeunz, déjà ? Ah oui : OWNED !

Comme quoi, même en étant sur le net toute la journée, ça ne change rien au fait qu’à 30 et quelques années, c’est pas si simple de comprendre et anticiper les modes de consommation des générations qui suivent…et de leur forger des outils à leur image..

Acte 2 : Rematérialisation par le virtuel

Cet aprem, sortie du collège, il fallait absolument aller à l’hypermarché du coin. Raison invoquée : acheter le CD de Sinik, autre rappeur de son état. Pourquoi ? Pas pour le CD, c’est sûr, ça fait des années que mon fils n’en achète plus. Mais plutôt pour ceci :

De la réalité augmentée en “bonus” sur le CD. Rien d’extraordinaire, mais une belle réalisation de la part de la société Total Immersion. Des incrustations vidéos s’adaptant au média, une petite application permettant de faire et d’enregistrer ses propres mix. Et surtout, avec le bon buzz qui va derrière, un très beau “levier” commercial pour relancer les ventes du CD. Il ne manque qu’une liaison entre le CD et un media online (style site communautaire, tout galvaudé que soit ce terme…). Je serais curieux de voir les retours sur investissement d’un tel projet : le ticket d’entrée pour de la réalité augmentée est encore élevé.

Acte 3 : Et maintenant ?

Le “coup” du dernier Sinik était parfaitement minuté : trop tôt, et la réalité augmentée aurait été inadaptée. Plus tard, ça aurait été trop tard, car maintenant l’effet de surprise est passé. Si trop de CD reprennent la recette, l’effet de lassitude sera vite grand.

Je ne pense pas que mon fils se remette à acheter des CD. En revanche, qu’il prenne goût à “l’objet”, aux photos du livret, d’utiliser un dialogue plus “proche” avec l’artiste, ça, certainement. Les solutions du type “iTunes Artwork” ne sont pas vraiment satisfaisantes. Et la culture Deezer ou Spotify est arrivée à un point de non retour : hormis, pour l’instant, pour uploader des morceaux sur son baladeur MP3, quel est l’intérêt de gérer ses musiques sur son disque dur ?

Mais, en mettant dans un chaudron du réel, du virtuel, une vraie plus value de l’artiste, une démarche artistique, un peu de live, et d’une manière générale un rapprochement entre le chanteur et son public, il y aurait moyen de faire quelque chose d’artistiquement valable, de financièrement intéressant, et d’éthiquement moins pitoyable qu’un Hadopi déjà daté avant d’être appliqué…

1 réflexion au sujet de “La dématérialisation, mon fils, et moi et moi et moi”

  1. Pour lutter contre ce phénomène de dématérialisation et ne perdre les meilleurs talents rien de plus simple, allez les voir en concert ! De toutes façon la vente de disque CDs fera parti du passé !

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