Tribute to René

Je me souviens… de René Cougnenc, sans doute le premier “grand” linuxien français. René était à l’origine le sysop (eh non, on parlait pas de Webmaster 😉 ) de Renux, BBS Français consacré à Linux, dès 1992/93. C’est entre autre grâce à lui que j’ai, parmi bien d’autres, découvert Linux ; René oeuvrait beaucoup en effet pour la promotion de ce système naissant, en particulier en traduisant la documentation technique disponible à l’époque. Et je ne compte pas les heures que j’ai pu passer devant un vieux terminal texte a tenter de configurer mes premiers Linux, aidé en celà par les traductions de l’ami René.

Pour une fois, Wikipédia est peu bavard sur la sa biographie (oui Anthere, je sais, je n’ai plus qu’a m’y coller moi même 😉 ), mais aussi parce que René, outre ses travaux de traduction, c’était surtout une présence et un grand animateur au quotidien des newsgroups consacré à Linux. Les souvenirs commencent à se faire lointain, mais les archives sont là pour nous ramener a cette glorieuse époque des pionniers.

A l’époque, Linux, c’était des distributions sur disquettes… Puis sur CD, grâce à Infomagic…

René s’est suicidé un jour de juillet 1996. Ca a été un grand choc pour tout le monde, et aussi, indirectement, pour moi, la prise de conscience qu’une véritable “communauté” était en train de se soudre autour de ces bouts de tuyauterie réseau… Bien avant le Web 2.0, sans chichi et avec une technique très rudimentaire… Merci encore pour tout René, où que tu sois !

Basculer de l’autre côté de la force

Réunion importante au boulot cet après midi, sur le thème “open source ou pas” ?

Que je vous explique le contexte : une des activités principales de notre entreprise a été jusqu’ici de vendre une application qui a été développée par Yoan, mon collègue et associé. Ce mode de commercialisation nous a convenu pendant les quelques mois de lancement : cela a permis de compléter la période de R&D initiale par des améliorations faites “au fil de l’eau”, au fur et à mesure des besoins du client. Nous (enfin, surtout Yo…) sommes ainsi parvenu à un produit vraiment satisfaisant, construit vraiment selon les vrais besoins du client, et qui a été “validé” à plusieurs reprises lorsqu’on nous l’avons inclus dans les devis.

Et donc, au bout d’un peu plus d’un an de travail sur ce qui est devenu un produit, pour en faire un produit vendable et qui se vend relativement bien…. Nous décidons de le rendre public, et donc à priori…gratuit ! Coup de folie ? Excès d’alcool fort ? Je vais tenter, sur quelques articles, de détailler ce qui a pu amener a cette prise de décision….

1) Les limites de la commercialisation

Ca fait un bout de temps que nous discutons des possibilités de commercialiser notre logiciel de manière “externalisée”, c’est à dire en le faisant vendre et intégrer par d’autres personnes, des commerciaux indépendants, des agences web… Mais un problème s’est rapidement posé : comment contrôler la diffusion, sachant que de toute manière le langage utilisé (PHP) fait que tout le code source est forcément diffusé avec l’appli.

L’autre limite est liée à la compréhension par le client final de la notion de “licence”; lorsqu’il va voir une agence web pour réaliser un site, il en attend une notion de service, et pas de produit. cette notion de produit est également difficile à percevoir car il n’ y a pas d’éléments “physiques” : pas de CD, pas d’emballage, pas de procédure d’installation.

Enfin, l’aspect communication et “buzz” n’était pas a sous évaluer : un produit vendu commercialement, même très performant et innovant, n’est pas facile à faire connaître lorsqu’on fait face a des concurrents

  • soit qui ne proposent “que” du service (sites sur mesures, etc…), ce que nous ne faisions pas
  • soit qui proposent un service clé en main (site hébergé et géré entièrement à distance), une sorte de mode “application ASP”, ce que nous ne faisions pas non plus
  • soit qui reposent sur un “produit”, certes, mais déjà en OpenSource, comme il en existe déjà

Bref, de quoi méditer… (à suivre)

Entendu en cours

Etre une femme vénale, c’est faire de l’agrégation !

Ce qu’on peut dire comme trucs tordus en cours d’objet….

turbo.exe

Est ce que quelqu’un comprend la politique commerciale de la société Borland ?

Fondée par un Français au début des années 80, cette société avait fait sa réputation sur Turbo Pascal, un des premiers véritables environnements de développement sur PC.

Depuis, la société avait pas mal vacillée, partant dans le développement à tout va d’outils pour des langages avec plus ou moins de succès, puis de rachats en rachats, elle déclinait peu à peu, écrasée par le projet eclipse sur le marché du développement. Borland avait même changé de nom, s’appelant un temps “Inprise”, pour ensuite se rendre compte qu’il était complètement idiot d’abandonner un nom connu de tous.

Mais Borland avait surpris tout le monde l’année dernière en annonçant l’abandon progressif de leurs outils de développement (JBuilder, Delphi…) au profit d’une nouvelle politique visant à commercialiser uniquement des outils décisionnels et analytique.

Et, nouvelle surprise…

Capitalisant sur les (très vieux) souvenirs des informaticiens, Borland recarosse sa gamme d’outils de développement, en les renommant “Turbo” : Turbo Delphi, Turbo C#… Je testerai ça un jour, mais honnêtement, quel intéret ?? Et surtout, quel exemple de retournements a triples saltos arrière de la part de leur direction marketing !

PS : Ca me rappelle quand même le bon vieux temps où la seule instruction MS-Dos connue par les étudiants était… “turbo” 😉

NetVibes

Bon, j’avoue, ça fait des mois que je parle de Web 2.0, que j’anime des conférences sur le thème, que j’enseigne les technos liées à ce mouvement, et je n’avais pas encore ouvert de compte Netvibes !

Pour info pour les moins technophiles de mes lecteurs, Netvibes est un outil “en ligne”, c’est à dire disponible uniquement lorsqu’on est connecté, qui permet de regrouper de manière super synthétique tout un tas d’informations sur une même page, depuis la météo du jour jusqu’à ses derniers mails, en passant par les derniers articles de ses blogs préférés.

J’utilise bien entendu un agrégateur RSS, c’est à dire un outil permettant de télécharger automatiquement les dernières mises à jours de ses blogs et sites d’actus favoris. Mon outil pour celà, c’est Vienna, un formidable soft disponible sur Mac.

Mais Yoan m’a fait récemment une petite démo de Netvibes qui a titillé ma curiosité, avec un usage assez épatant de cet outil : la mise en place d’un “tableau de bord”, très synthétique, des activités des différents sites d’e-commerce qu’il a en charge. Tout ça bien sur par la magie de RSS !

J’ai donc ouvert mon compte. Première constatation : c’est vraiment simple d’usage, très “grand public”. Tout un tas de flux sont proposés par défaut, classés par thèmes, ainsi que des outils bien utiles. J’ai pu rapidement mettre en place :

  • Un résumé de mes ventes/achats sur ebay
  • L’état de mes boîtes mails Hotmail et GMail
  • Un comparateur Kelkoo sur mon produit favori
  • La météo de ma ville
  • Mon compte Meebo de messagerie instantanée
  • Un lien vers mes favoris stockés sur Del.icio.us

et plein d’autres petits “widgets” bien sympas !

Mais le plus gros morceau est bien sûr la liste de mes blogs favoris (presque 100, maintenant !). Bonne surprise : il est possible d’importer un fichier OPML, fichier que j’ai pu exporter depuis mon Vienna. Résultat : en quelques secondes, tous mes blogs étaient dispos sur Netvibes ! Dommage qu’il ne soit pas (encore ?) possible de synchroniser dynamiquement les deux.

Avec une organisation par onglet, Netvibes m’a vraiment convaincu. Je ne suis pas sûr d’avoir envie de l’utiliser à la place de mes outils classiques, mais pour une utilisation nomade comme j’en ai de plus en plus souvent, c’est vraiment un superbe outil ! Je pourrais juste lui reprocher un petit manque de réactivité, même si tout celà imite le fonctionnement d’une application, il ne faut pas oublier qu’il ne s’agit que d’une “simple” page Web, sacrément récurée à l’Ajax 🙂

PS : par contre, il faudra quand même qu’on m’explique un jour le modèle économique d’une telle boîte !

Eco-taxe : et les sites d’e-commerce ?

J’ai discuté ce midi avec mon pote François de la nouvelle éco-taxe qui est rentrée en application aujourd’hui même. Pour rappel (ou pour info, car la taxe en question est super peu médiatisée, approche des élections oblige…), c’est une nouvelle taxe s’appliquant sur les appareils domestiques de style Hi-Fi, vidéo, informatique, électroménager… afin de financer leur recyclage.

J’ai trouvé très peu de doc à ce sujet (vous pouvez tout de même consulter cet article sur ZDNet, et, ça va peut être vous étonner, mais… personne ne sait rien ! Les comptables ne savent pas comment la comptabiliser, personne ne saurait dire comment on doit la reverser, à qui…. Une chose est sûre : c’est le client final qui va payer !

Comme ça a déjà été le cas avec la taxe sur les players MP3, la hausse va en effet se refléter immédiatement sur les tarifs grand public. Mais comment la faire apparaître ? J’ai vu passer une pub Auchan qui rajoutait à un ordinateur de bureau le sticker “+1,75 euros d’éco-taxe”. Il risque donc d’y avoir du travail, et à faire en urgence, pour les sites d’e-commerce, pour qu’ils fassent apparaître cette éco-taxe explicitement, si c’est la façon de faire choisie. Mais quel tarif faire apparaître ? Mystère, ça ne semble en effet pas un pourcentage systématique.

En résumé : c’est le bordel !

Le plan Informatique Pour Tous

La mort récente de Jean-Jacques Servan-Schreiber m’a ramené plein de souvenirs de 1985, année charnière pour l’informatique en France. JJ-SS était en charge du Centre Mondial de l’Informatique (quel nom !), centre pompeux parisien destiné à l’initiation aux nouvelles technologies. Gouffre financier, mais bon souvenir pour ceux qui en ont profité (Daniel Glazman en a parlé sur son blog).

Mais 1985 c’est aussi l’année du fameux plan Informatique Pour Tous, lancé par Laurent Fabius. L’idée était de rendre accessible l’informatique au plus grand nombre, et en particulier dans le monde de l’éducation nationale.

Je suis tombé ce soir sur un document particulièrement intéressant, un article du Point de décembre 1984. Extraits.

Une réunion s’est en effet tenue, en novembre, à l’université Carnegie-Mellon, connue pour être en pointe dans le domaine de la micro-informatique. En plus de Gaston DEFFERRE et de Jean-Jacques SERVAN-SCHREIBER, y participaient les représentants des industries françaises d’électronique (Bull, Thomson, la CGE, Cit-Alcatel), en même temps que John Sculley et Steve Jobs, les deux patrons de la société Apple, qui a créé et fabrique les ordinateurs Macintosh.


Là, déjà, je suis à la fois impressionné et mort de rire : Defferre à Carnegie-Mellon, ça devait valoir son pesant de cacahuètes ! Mais la réunion devait être particulièrement intéressante, et pas seulement par la présence de Dieu Steve…. 😉

Objet : l’achat par le gouvernement français de 300 000 Macintosh, précisément. Ce qui est un chiffre énorme.

Effectivement, je suis sur le cul : 300 000 Mac, en 1984, c’était un chiffre énorme, vu le peu de diffusion à l’époque des micros-ordinateurs. Largement de quoi amorcer une grande lame de fond, et une “culture” mac à toute une population française.

Mais la réalité est bien plus franco-française…. :

le ministère de l’Éducation nationale envisage, de son côté, de doter les écoles françaises, en deux ans seulement, de 100 000 micro ordinateurs Thomson d’une puissance et d’un prix très inférieurs à ceux des Macintosh puisque ce sont des ordinateurs pour enfants

Eh oui, la grande carrière de Thomson dans le marché de la micro date de là : les TO7 et MO5, ces ordis pas franchement bien foutus et faisant fonctionner Basic et Logo ont été boosté par l’achat massif pour l’éduc’ nat’ de ces….jouets. Je me souviens encore aujourd’hui des piles d’ordis inutilisés qui étaient accumulés au fond des classes, faute de compétences la plupart du temps ou d’intéret pour la matière (à l’époque, les profs d’informatiques étaient des profs de maths plus que rapidement formés au B.A. BA de l’informatique)

Est-ce donc la fin du projet DEFFERRE SERVAN-SCHREIBER ? Une première question, d’abord : pourquoi s’étaient-ils décidés pour Macintosh ? La réponse est simple : c’est le seul micro-ordinateur qui permette un apprentissage rapide, non pas pour faire de l’informatique – tel n’est pas le but de l’opération – mais pour l’utiliser dans toutes sortes de travaux de bureau afin d’accroître la productivité.

Seconde question : si ce n’est pas Macintosh, ce sera quoi ? Réponse encore plus simple : I.B.M., ou l’un de ses « clones », c’est-à-dire un ordinateur fabriqué par ses concurrents pour bénéficier de ses programmes. Et, justement, Bull vient, trois ans après tout le monde, de sortir l’un de ces clones. Alors la solution, la voilà ?

Grande surprise donc : ce “marché du quart de siècle” (dixit l’article) n’aura bien sûr jamais lieu, pour privilégier des entreprises françaises, Thomson et Bull. D’une logique implacable, bien sûr, mais :

  • Une génération “loupée” côté compétences en informatique, demandez à ceux qui ont la trentaine de vous raconter leur rapport avec l’informatique à l’époque !
  • Un paysage Français qui a basculé dans le monde PC au lieu du Mac.

Bon, je sais, je ne suis pas impartial dans l’histoire, mais imaginez un pays où l’on aurait basculé massivement dans une culture de l’interface graphique, des applications intuitives, etc… Et au lieu, on a donc privilégié Bull, qui a été en dessous de tout côté PC, et qui donc a finalement rapidement perdu les marchés au profit d’IBM, Compaq, et les autres…

Marrant de revoir, avec le recul des années, à quel point certaines périodes ont pu être charnières… Et a quel point le jeu des politiques fait que le côté “choix rationnel” est finalement peu déterminant…

Et puis 1985, c’est l’année du “boom” du Minitel, c’est une autre histoire que je vous raconterai sans doute….

Une Clermontoise à la tête de Wikipedia !

Je viens de réaliser que la “Chair of the Board” de la Wikimedia Foundation, entité à la tête de Wikipedia et de ses dérivés, venait d’être confiée à une femme (bien 🙂 ), plutôt jeune (bien 🙂 ), et….Clermontoise ! Florence Nibart-Devouard. Et….je la connais ! Bon, avec ma mémoire habituelle, impossible de me souvenir où je l’ai croisée, mais il est clair et net que je connais cette jeune femme !

Bon, j’essaie de me creuser les méninges un peu plus, et en attendant, un ptit cocorico, quand même !

PS : si par hasard vous ne connaissez pas encore (honte à vous !), je ne peux que bien sûr vous recommander une utilisation à haute de dose de Wikipedia, incroyable mine de connaissance fonctionnant sur un mode communautaire.

Windows a racheté Linux !

Windows a racheté Linux ! Le gentil s’est vendu au méchant ! Etonnant non ? Ben pourtant c’est ce que j’ai entendu aux infos à la radio sur Europe1 ce midi.

Halala c’est dingue quand même comme les journalistes peuvent pêcher par leur ignorance et leurs raccourcis… Mais quel effet néfaste ! En plus l’extrait s’appuyait sur une courte interview de Tristan Nitot, qui ne contredisait pas le contexte, simplement parce que Tristan n’imaginait pas qu’il devait expliquer le B.A. BA d’une telle transaction.

Pour rappel, La “société” Linux ne s’est pas vendue a Microsoft, déjà pour la simple raison que Linux n’est pas une société, mais plus concrétement Novell, qui a racheté ya 2 ans une distribution Linux, SuSE, a conclu un partenariat stratégique avec Microsoft pour l’interopérabilité entre leurs systèmes. Finalement une bonne nouvelle, j’attend en particulier l’ouverture d’un serveur Exchange vers des clients open source, et vice versa…